Azzedine NEKMOUCH : L’homme de la situation au sein du CNOA

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3 Questions à:
Azzedine NEKMOUCH,  Président du Conseil National de l’Ordre des Architectes du Maroc

Interrogé brièvement sur quelques sujets, Azeddine Nekmouch affiche un potentiel d’actions extraordinaire qui va permettre à l’ordre des architectes de se repositionner sur le marché de la construction.

Magazine Innovant : Vous venez d’être élu président du Conseil National de l’Ordre des Architectes. Quelle est votre position par rapport à la loi 66-12 ?

Azzedine NEKMOUCH : Nous allons continuer, bien sûr, le travail qui a été réalisé par l’ancien conseil. Ça pourra être une très bonne loi, si tout le monde est au niveau, puisque nous avons actuellement différentes situations relatives à la construction. On ne peut pas dire, par exemple, à un citoyen ayant eu un lot de terrain de 80m², pour résorber un bidonville, d’appliquer cette loi, sinon le programme de l’habitat social va être arrêté. Actuellement tous les architectes ont lancé des arrêts de chantiers concernant des projets de ce genre. Si l’on lui demande de signer un certificat de conformité du projet, il peut être poursuivi automatiquement en justice, à travers cette loi. On est le seul pays au monde où l’on poursuit un architecte parce qu’il conçoit le lieu de vie pour quelqu’un.

Certains promoteurs immobiliers ont aussi arrêté leur activité, puisqu’ils se disent pourquoi nous allons mettre de l’argent dans un projet de logements tout en étant menacé d’aller en prison si l’on y procède à des changements. Alors, Il faut mettre un terme à tout ça.

M.I. : On assiste aujourd’hui à la ruralisation de l’espace urbain. Qu’en pensez-vous ?

A.N. : On a ruralisé l’espace urbain parce qu’on a tué le rural où les gens vivaient d’une manière formidable et on les a poussés à venir dans les villes souvent pour un objectif lié aux élections. Or, actuellement, nos villes dépensent environ 160 000 dh pour résorber un problème de bidonville. On pourra dépenser 40 000 dh par famille dans le monde rural, qui pourra garder son foyer, constituant ainsi une étape intermédiaire avant de venir ruraliser l’espace urbain.

M.I. : Peut-on exportez l’expertise architecturale marocaine ?

A.N. : Nous avons beaucoup de confrères architectes qui travaillent en Afrique et des architectes marocains ayant gagné des concours internationaux en Europe, aux Etats Unis…. D’ailleurs beaucoup de cabinets d’architectes préfèrent travailler à l’extérieur qu’au Maroc, parce qu’ici l’on risque la prison et là bas on gagne de l’argent sans risque.

Premier commentaire

  1. Belghazi Karim

    13 août 2017 à 1 h 27 min

    Les chantiers qui attendent le nouveau conseil national sont conséquents. La crise a amplifié les problèmes que connait la profession. Le nouveau conseil national oeuvre dans le sens de l’application de la discipline et d’assainir la profession de pratiques qui ont mis à mal la réputation de l’architecte. On leur souhaite bon courage

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