La FNBTP mène des actions d’influence auprès des décideurs

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El Mouloudi Benhamane, Président de la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP)

La FNBTP, le seul porte-parole des entreprises de construction au Maroc, est aujourd’hui en plein mouvement et en plaine action, ce qui a conféré au Salon Btp Expo & Forum du Btp, une vie et une réviviscence dans le monde de la construction, et aussi une lueur d’espoir aux entreprises de la construction dans l’attente que le secteur du Btp rebondisse.

Magazine Innovant : Elu en tant que Président de la FNBTP depuis 13 Octobre 2016, quelles sont vos premières actions pour une nouvelle restructuration de la Fédération ?
El Mouloudi Benhamane: Depuis la dernière Assemblée Générale Elective d’octobre 2016, la nouvelle stratégie de la FNBTP se base sur un travail et une réflexion collective d’équipe, avec la contribution active des membres engagés, motivés et volontaires.
Le plan d’action 2017-2021 s’inscrit dans cette nouvelle démarche de dynamisation des actions menées par la FNBTP et qui s’articule autour de six axes importants :
1- Restructuration de la FNBTP, un processus qui est bien engagé ;
2- Signature du Contrat-Programme Gouvernement/FNBTP/FMCI;
3- Poursuite des chantiers menés par la FNBTP pour la mise à niveau de la Formation professionnelle dans le secteur du BTP
4- Refonte du système de qualification et de classification des entreprises ;
5- Réforme de la réglementation des marchés publics.

M.I. : Mr le Président, vous portez une grande et une lourde mission pour faire sortir le secteur du BTP de sa crise. Quelle sera votre stratégie pour faire rebondir le secteur de la construction?
Dans la conjoncture actuelle, les priorités de la FNBTP sont les suivantes :
1. Signer le Contrat-Programme avec le Gouvernement ;
2. Remobiliser davantage les entreprises marocaines du BTP pour la défense de leurs intérêts autour de la FNBTP et les accompagner pour gérer le passage à une plus grande présence de la maitrise d’ouvrage territoriale, locale et régionale, directement ou sous la forme de sociétés de développement local ou régional ;
3. Réussir la 5ème édition du BTP Expo et Forum du BTP ;
4. Continuer à agir pour le respect par les maitres d’ouvrages publics de leurs obligations réglementaires et contractuelles et notamment les délais de paiements ;
5. Contribuer au développement des partenariats publics privés ;
6. Le partenariat et l’écoute.

M.I. : où en est le contrat programme élaboré par la FNBTP et la FMCI? Quelles sont les nouveautés de ce contrat programme ?
Nous avons finalisé le Contrat-Cadre ainsi que les Contrats d’Applications avec le Ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, et ce dernier est en train de négocier les versions définitives avec les Ministères des Finances, de l’Agriculture, de l’Intérieur, de l’Habitat, de l’Education Nationale et la Formation Professionnelle, du Commerce et de l’Industrie, des Affaires Etrangères.
Nous négocions, nous aussi avec ces Ministères pour faire aboutir rapidement et lancer effectivement cette stratégie nationale pour le développement et le rayonnement de l’Ingénierie et de l’Entreprise Nationale du BTP.
Nous comptons signer ce Contrat, lors de l’ouverture du BTP expo et Forum du BTP, le 27 novembre 2017 courant ; de notre part nous sommes prêts, la balle est du côté du gouvernement.
La principale nouveauté de ce Contrat Programme Gouvernement/FNBTP/FMCI c’est la mise à niveau du secteur, le développement de l’excellence et du rayonnement à l’international ainsi que la refonte des textes et lois qui régissent le secteur.
Pour lancer le processus de mise à niveau, le Contrat Cadre affirme que, le Gouvernement doit s’engager à mener avec les deux Fédérations une réforme globale du cadre réglementaire, incluant la généralisation de l’application effective de la préférence nationale
Le secteur étant particulièrement dépendant de la commande publique, la réglementation de la gestion des marchés publics constitue un enjeu majeur pour le développement du secteur. Cela implique de mener une réforme globale et continue de ce dernier.
Le Gouvernement œuvrera à adopter un Code de la Commande Publique explicitant les principes généraux qui doivent prévaloir dans les marchés publics et notamment l’application systématique et généralisée de la Préférence Nationale.
Ce code doit prévoir notamment l’obligation des entreprises publiques et semi publiques de recourir à la concurrence la plus large ouverte à l’ensemble du tissu des entreprises.
Une autre nouveauté est que le Gouvernement s’engage à créer, auprès du Chef du Gouvernement, une instance paritaire ayant pour mission le pilotage de la réforme de la réglementation des marchés publics.
Cette instance comprend les Ministères représentant les principaux Maîtres d’ouvrage, le Ministère des Finances, les Fédérations les plus concernées et tout service de l’Etat ayant un rapport avec les procédures de la Commande Publique. La FNBTP et la FMCI s’engagent à être représentées dans cette instance paritaire et à être force de proposition.

M.I. : La FNBTP se plaint du dispositif de qualification et classification des entreprises à l’instar de plusieurs entreprises de construction. Quelles sont vos reproches à ce système et quels sont vos amendements ?
Le système de qualification et la classification des entreprises de BTP est dispersé à travers des textes spécifiques à quatre Départements ministériels (Equipement, Habitat, Agriculture et Eaux et Forêts) souvent avec des règles différentes pour des types de prestations identiques ou similaires.
En outre il n’est pas utilisé par bon nombre d’organismes publics puisque le Décret qui l’institue n’a pas prévu sa généralisation.
Il en découle que les entreprises sont obligées d’avoir plusieurs certificats avec des conditions différentes selon le système choisi.
Devant cette situation, la FNBTP a toujours œuvré pour l’unification du ce système et de sa généralisation à l’ensemble des Maitres d’Ouvrages Publics, tout en souhaitant jouer un rôle déterminant dans la gestion du système.

M.I. : Y a t-il une volonté de la part du gouvernement pour éviter les retards de paiement et procéder aux règlements de paiement qui sont déjà en retard depuis des années en faveur des entreprises de construction ?
Les conclusions du dernier rapport de la Coface publié le 20 septembre 2017 montre que le délai moyen de paiement serait de 99 jours en 2017 contre 82 l’année précédente.
Cette enquête a montré que le secteur de la construction accumule les retards de paiement avec une moyenne de 105 jours.
Dans cette ambiance, les entreprises que représente notre Fédération, vivent une crise préoccupante et ont beaucoup d’incertitudes sur l’avenir. Leur trésorerie connait d’énormes difficultés et subit l’impact des retards de paiement de l’Administration et des Etablissements Publics.

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