L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables : Au-delà de l’économie d’énergie…

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(…)C’est pourquoi Notre pays doit se préparer et s’adapter en permanence aux différents changements à venir pour être en mesure d’assurer son développement économique et social en répondant durablement à ses besoins croissants en énergie. D’où la nécessité de mettre en œuvre les solutions préconisées pour réaliser les objectifs définis par la nouvelle stratégie nationale, ceci d’autant plus que celles-là viennent couronner un long processus de larges concertations et de débats approfondis, auquel ont pris part l’ensemble des forces vives de la Nation. Eu égard à Notre volonté de sécuriser notre approvisionnement énergétique, Nous insistons sur la nécessité de diversifier nos sources d’énergie, de mobiliser nos ressources renouvelables, d’intensifier la recherche des hydrocarbures et de valoriser les schistes bitumineux. Ceci devrait se faire dans le cadre de l’adoption de l’efficacité énergétique -que Nous hissons au rang de priorité- en tant que mécanisme efficient permettant d’économiser les ressources énergétiques, d’en assurer la conservation et d’en rationaliser la consommation. Mesdames et Messieurs, Si ces Assises sont un moment de partage et d’échange de points de vue, elles doivent également marquer un temps fort de mobilisation autour de l’efficacité énergétique qui constitue aujourd’hui avec les énergies renouvelables une nouvelle révolution dans le champ énergétique de par les nouvelles technologies et les nouveaux comportements sociétaux qu’elles impliquent. Compte tenu du développement considérable que ces nouveaux gisements énergétiques seront appelés à connaître, ils doivent être dès aujourd’hui adoptés et intégrés dans les décisions d’investissement et de choix technologiques dans l’ensemble des secteurs clés, notamment l’industrie, le bâtiment et les transports. Aussi engageons-Nous Notre gouvernement à accélérer la mise en place des mesures législatives et réglementaires nécessaires pour institutionnaliser les dispositifs pertinents d’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables dans tous les secteurs économiques et sociaux. (…) Extrait de la Lettre Royale, adressée par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, aux Assises Nationales de l’Energie, tenues le 06 Mars 2009.

Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique : un domaine méconnu !?

Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique constituent, en effet, une alternative pour les utilisateurs de l’énergie à des fins domestiques ou industrielles dans un contexte de développement durable.
Cependant, une partie des citoyens ne sont même pas au courant de l’existence de ces nouvelles sources énergétiques. Tandis que l’autre partie n’arrive pas à comprendre de quoi s’agit-il. Certains professionnels du domaine de l’énergie possèdent les connaissances nécessaires pour déchiffrer le langage spécifique de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. D’autres professionnels se sont précipités à créer au sein de leurs entreprises un département dédié à ce secteur d’activité sans avoir les informations fondamentales sur l’existence d’un tel marché et sans avoir les compétences humaines nécessaires.
Pourtant, le Maroc est aujourd’hui le leader de ce domaine de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables dans la région et en Afrique. D’autant plus que l’efficacité énergétique dans le bâtiment est aujourd’hui une option à retenir, à travers la loi n° 47-09 relative à l’Efficacité Energétique dans le Bâtiment qui est entrée en vigueur, le 06 Novembre 2015, et ce suite à l’article 7 du Décret d’Application n° 2.13.874 du 15 Octobre 2014, publié au Bulletin Officiel n° 6306 en date du 06 Novembre 2014. Toutefois, les promoteurs immobiliers ne se manifestent pas !
Le problème réside dans la lenteur qui campe sur l’application des lois et sur les réalisations des projets bien qu’ils soient délimités dans le temps et dans l’espace.
En amont et en aval, c’est toute une stratégie nationale énergétique qui est aujourd’hui en œuvre afin d’économiser de l’énergie et au-delà créer toute une économie propre, créatrice de richesses, d’emplois et créer tout un nouveau mode de vie.
Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique se trouvent indubitablement au cœur du processus de la mondialisation !

L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables constituent-elles une solution adéquate et une alternative pour réaliser des économies d’énergie ?

Le Maroc, peu doté en ressources énergétiques conventionnelles, importe 96 % de son énergie. Or, le Royaume doit répondre à une demande croissante (environ 7 % par an) à cause de son essor économique et de sa croissance démographique. Pour relever ces défis, le Ministère de tutelle a élaboré une nouvelle stratégie énergétique nationale afin de sécuriser l’approvisionnement en énergie tout en adoptant une démarche de développement durable. Cette stratégie vise également à maintenir des prix compétitifs et à mieux maîtriser la demande.
Ainsi, la nouvelle stratégie énergétique est mise en œuvre à partir de mars 2009, afin de renforcer la sécurité d’approvisionnement et la disponibilité de l’énergie tout en généralisant son accessibilité avec des prix abordables.
Cette stratégie nationale met en exergue la diversification des sources, le développement du potentiel national en ressources énergétiques notamment les énergies renouvelables, la promotion de l’efficacité énergétique et l’intégration plus étroite au système énergétique régional. La mise en œuvre de cette stratégie sera réalisée à travers l’approfondissement des réformes du secteur énergétique par la rénovation du dispositif législatif et réglementaire, la mise en place d’une nouvelle gouvernance à travers sa réorganisation et l’instauration de règles de transparence et de concurrence pour assurer une meilleure visibilité aux opérateurs et aux consommateurs. Le pilotage de cette réelle mutation du paysage énergétique national nécessite le renforcement des capacités de gestion, la mise à niveau des ressources humaines et matérielles des différents acteurs et leur sensibilisation aux impératifs de ce changement aussi bien au niveau technologique que sociétal.
Cette nouvelle stratégie énergétique est confortée par le lancement officiel par Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Plan Solaire Marocain, le 02 novembre 2009 à Ouarzazate, du Programme Marocain Intégré de l’Energie Eolienne le 28 juin 2010 à Tanger, et par la présidence effective de Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux secondes assises de l’énergie tenues le 31 mai 2011 à Oujda.
Parce qu’il ne dispose presque pas de ressources énergétiques conventionnelles, le Maroc dépend quasi totalement de l’extérieur pour son approvisionnement en sources d’énergies modernes pour satisfaire sa demande croissante liée à son essor économique et à sa progression démographique. Cependant, cette dépendance énergétique toujours très élevée, avoisinant les 96% jusqu’en 2008, a accusé une réduction jusqu’à 95,6 % en 2011.

Investir dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique : une bonne idée ?

L’efficacité énergétique se définit comme étant un processus technique qui aide à réaliser une consommation en énergie moindre pour le même service rendu.
L’efficacité énergétique est considérée aujourd’hui en tant que première source potentielle d’énergie domestique à l’horizon 2020.
Quant aux énergies renouvelables, il existe deux principales sources naturelles d’énergie renouvelable qui sont le Soleil et la Terre, selon futura-sciences.com.
L’énergie solaire (thermique, thermodynamique ou photovoltaïque) est bien inépuisable à l’échelle des temps humains, de même que les énergies qui en dérivent :
• L’énergie éolienne, tirée du vent, résultat de zones de températures et de pressions variables ;
• L’énergie hydraulique, résultat du cycle de l’eau ;
• La biomasse, produite par photosynthèse ;
• Une partie des énergies marines.
La géodynamique interne de la Terre, quant à elle, nous procure une chaleur produite en interne et qui peut être récupérée en surface (énergie géothermique, ou géothermie).
Enfin, le phénomène de gravité nous assure une production d’énergie marémotrice.
Alors, la montée en puissance de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique sera assurée à travers la puissance électrique cumulée à partir de l’éolien qui atteindra 2280 MW en 2020, et 5520 MW en 2030, à réaliser par l’ONE, les autoproducteurs et les opérateurs sous concession, à partir de la croissance de l’énergie solaire avec la réalisation d’ici à 2030 de 740 MW en solaire à concentration, 400 MW en photovoltaïque et 3 000 000 m2 en solaire thermique et de l’émergence de la biomasse avec 400 MW de puissance installée d’ici 2030.
Cette montée des énergies renouvelables sera aussi assurée à travers la mobilisation du potentiel hydroélectrique par l’optimisation des centrales existantes, la recherche et la construction de nouvelles STEP pour gérer les pointes de la demande, la régulation des turbinages par l’installation de bassins de rétention, l’équipement des sites identifiés de micro centrales hydroélectriques.
D’autant plus qu’à l’horizon 2030, les énergies renouvelables permettent une économie en énergie fossile de 2,6 Mtep/an et contribuent à la création de 25 000 emplois.
Quant à l’efficacité énergétique, elle est hissée au rang de priorité nationale dans tous les secteurs économiques et sociaux permettant ainsi de mieux utiliser l’énergie et de maîtriser sa demande dans ses différents usages.
En effet, le Maroc est engagé à accélérer son rythme dans le domaine de l’efficacité énergétique, et ce à travers sa vision stratégique ciblant les secteurs les plus consommateurs d’énergie en l’occurrence celui du transport (premier consommateur avec 38 %), de l’habitat (33 %), l’industrie (21 %), l’agriculture et l’administration publique et ce, afin d’atteindre un taux d’économie de 20 % à l’horizon 2030.
Le processus de l’efficacité énergétique tend à consommer mieux tout en répondant aux besoins croissants, optimiser la courbe de charge électrique et maîtriser les coûts de l’énergie pour améliorer la compétitivité de la production nationale.
Selon les pouvoirs publics, il est donc primordial d’institutionnaliser la gestion de l’efficacité énergétique au niveau national par la création d’une Agence dédiée avec une feuille de route établie. Chose promise, chose faite.
Il est à rappeler que l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE) avait organisé, le mardi 8 novembre 2016 à Casablanca, une conférence de presse pour communiquer sur le changement de son appellation de l’ADEREE à l’AMEE.
Les pouvoirs publics s’engagent aussi à réformer le code du bâtiment pour intégrer des obligations d’efficacité énergétique dans les nouvelles constructions, créer et développer des « villes vertes », encourager et inciter la cogénération dans les processus industriels, remplacer les outils de production industriels obsolètes par des équipements performants, rajeunir le parc de transport par des véhicules plus sobres et fluidifier la circulation par la synchronisation de la signalisation et développer et moderniser les transports en commun.
Le Maroc a mis en place un plan spécial pour les énergies propres qui se base sur trois gisements : le solaire, l’éolien et l’énergie hydraulique. Le Maroc a élaboré un projet intégré d’énergie solaire, d’une puissance globale de 2 000 MW, soit environ 10 000 hectares d’installations solaires réparties sur 5 sites, dont 500 MW à Ouarzazate, qui deviendra l’un des plus importants projets au monde. Le « Programme Marocain Intégré d’Énergie Éolienne » prévoit la construction de cinq nouveaux parcs éoliens d’ici 2020 (Tanger II, Boujdour, Midelt, Jbel Lahdid et Tiskrat) et l’augmentation de la puissance électrique d’origine éolienne de 280 MW à 2000 MW à l’horizon 2020, incluant le développement des projets privés.
Afin d’assurer une offre compétitive pour l’économie, la stratégie énergétique 2020-2030 est née justement pour accompagner l’accélération des chantiers économiques qui occasionnera l’augmentation de la demande en énergies primaires de 45% d’ici 2020, et de 185 % à horizon 2030. L’augmentation de la demande en électricité s’élève progressivement à 68% d’ici 2020, et à 295% à horizon 2030.
Il est à préciser que le programme marocain d’investissement dans les énergies à l’horizon 2020 est estimé à 18,95 milliards de dollars, soit près de 156 milliards de DH qui générera quelque 50.000 emplois.
Il prévoit que la part de la puissance électrique installée en énergie renouvelable (éolien, solaire, et hydraulique) s’établira à 42% du parc à l’horizon 2020.

L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables : Comment réussir l’investissement?

Pour l’activation des programmes et projets énergétiques, le Maroc encourage le secteur public et le secteur privé à investir dans le domaine des énergies en général, et des énergies renouvelables en particulier, tout en procédant à la promotion de l’investissement au niveau international.
Il est à préciser que le Royaume du Maroc poursuit ses efforts relatifs à l’adoption des mesures appropriées, ainsi qu’au développement de l’arsenal juridique, organisationnel et institutionnel, en vue de garantir l’environnement adéquat qui encourage l’investissement privé marocain et étranger dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Ainsi, le volume des investissements qui est consacré au secteur de l’énergie à l’horizon 2030 s’élève à 40 milliards de dollars, dont 30 milliards de dollars pour des projets de production de l’électricité à partir de ressources renouvelables, ce qui offre de grandes opportunités d’investissements pour le secteur privé national, régional et international.
Le Royaume du Maroc procède, à travers son positionnement géographique stratégique et sa volonté politique, à son intégration dans le système énergétique régional qui est l’une des priorités de sa stratégie énergétique, en cherchant à jouer un rôle de taille dans la coopération régionale énergétique à travers le développement stratégique de l’infrastructure de raccordement entre les réseaux électrique des pays de la région.
Ainsi, le Maroc a développé ses capacités de raccordement avec l’Espagne (1400 Mw) et avec l’Algérie (1400 Mw), notant que des études sont en cours actuellement pour établir des capacités additionnelles avec le Portugal (1000 MW) et l’Espagne 700 MW.
Concernant le raccordement entre le Maroc et la Mauritanie, les deux pays ont déjà lancé les études techniques et de faisabilité pour identifier le choix optimal sur les plans technique et économique en vue du raccordement de la ville mauritanienne de Nouadhibou à la ville de Dakhla, en tenant compte des projets en cours de réalisation dans la région en vue de renforcer le réseau dans la région sud du Maroc.

L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables : Comment réussir la transition énergétique ?

La part de la production énergétique solaire et éolienne est passée de 2 % en 2009 à 12 % en 2015.
En effet, le Maroc connait une période énergétique difficile depuis 2008 et il va connaitre une situation d’équilibre entre l’offre et la demande, avec un stock électrique de 15 %, notant que la dépendance énergétique a été réduite en passant de 98 % en 2008 à 93,6 % en 2015, selon les responsables du Ministère de tutelle.
La transition énergétique lancée au Maroc a connu donc un tournant historique à la faveur de la forte impulsion donnée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux énergies renouvelables, notant que le Souverain avait annoncé lors de son discours prononcé au Sommet des chefs d’Etat de la COP 21 à Paris que le Maroc envisage de porter à 52 % la part des énergies renouvelables dans la capacité électrique créée à l’horizon 2030.
Afin d’accompagner ce grand chantier qui vise à renforcer l’intégration des énergies renouvelables dans le système national électrique, il sera procédé à la construction d’une nouvelle unité de production de l’électricité à partir de ressources renouvelables avec une capacité de plus de 10 GWT entre 2016 et 2030 (20 % de l’énergie solaire, 20 % de l’énergie éolienne et 12 % de l’énergie hydroélectrique), relevant que ces programmes permettront de réduire la dépendance énergétique de 98 % en 2009 à moins de 82 % en 2030, selon toujours les responsables du Ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable.

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