Les Centres régionaux d’investissement: en déphasage par rapport au processus de développement économique des régions

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Une commission, composée de la Cour des comptes et des différents départements ministériels, se penche pendant deux mois (Janvier-Février 2018) sur l’élaboration d’une nouvelle approche concernant les missions des Centres régionaux d’investissement (CRI) conformément aux Hautes instructions royales portant sur la réforme de ces organismes, avait annoncé, le lundi 18 Décembre 2017, à Rabat, le chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani. Les CRI sont appelés donc à se restructurer pour jouer un rôle déterminant dans le développement du Maroc et réussir le chantier de la régionalisation avancée.

« A titre d’exemple, les Centres régionaux d’Investissement, si l’on en excepte un ou deux, constituent un problème et un frein au processus d’investissement : ils ne jouent pas leur rôle de mécanisme incitatif ; eux qui ont, en principe, vocation à régler les problèmes qui se posent régionalement aux investisseurs, à leur épargner le besoin de se déplacer auprès de l’Administration centrale.
Ce dysfonctionnement a des retombées négatives sur les régions qui souffrent d’une insuffisance, voire d’une inexistence de l’investissement privé, autant que de la faible productivité du secteur public. Cette situation ne manque pas d’affecter les conditions de vie des citoyens. » Extrait du discours Royal adressé à la Nation, le samedi 29 juillet 2018, à l’occasion de la Fête du Trône, qui coïncide cette année avec le 18-ème anniversaire de l’accession du Souverain au trône

En fait, les Centres Régionaux d’Investissement (CRI) ont été créés depuis 2002, suite à la Lettre adressée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au premier Ministre, le 09 Janvier 2002, relative à la gestion déconcentrée de l’investissement. Ces Centres avaient certes pour objectifs d’encourager l’investissement au niveau régional et de contribuer à promouvoir le potentiel des territoires régionaux. Cependant, une réforme de ces centres est aujourd’hui de mise, afin d’élaborer une nouvelle vision sur leurs rôles et missions et d’apporter une contribution substantielle au développement du Maroc à travers une prompte application du processus de la régionalisation avancée.
Les CRI ont deux fonctions essentielles : l’aide à la création d’entreprises et l’aide aux investisseurs auxquelles s’ajoute une mission d’amélioration de l’attractivité des régions aux investissements dans les secteurs à fort potentiel.

Les Centres régionaux d’investissement : La cour des comptes est catégorique !

Selon les observations et les recommandations de la Cour des comptes, aucune stratégie commune des CRI n’a été mise en place, depuis la mise en place des centres régionaux d’investissement. Cette stratégie devait arrêter et actualiser les objectifs à moyen et long termes ainsi que les moyens à leur consacrer pour concrétiser les orientations Royales.
L’absence de cette stratégie n’a pas permis d’améliorer le fonctionnement de ces organismes et de résoudre les difficultés rencontrées notamment au niveau de la mise en place des guichets uniques relatifs à la création des entreprises, de l’accompagnement et du suivi des investissements, de la clarification de leur statut juridique ainsi que dans l’allocation des ressources (humaines et financières).
Selon toujours, cette Instance constitutionnelle privilégiant aujourd’hui l’approche visant l’appréciation des résultats atteints par les entités publiques contrôlées en terme d’efficacité, d’économie, d’efficience, d’environnement et d’éthique, certains CRI ont adopté des plans d’actions qui arrêtent les objectifs à suivre à moyen terme (3 à 4 années). A titre d’exemple, on peut citer le cas du CRI du Grand Casablanca et le cas du CRI du Souss Massa Draa.
Toutefois, hormis le cas du CRI du Grand Casablanca, ces plans ne disposent pas d’indicateurs de performance et de budgets nécessaires à leurs réalisations.
Pour les autres CRI, des plans annuels sont élaborés, s’inspirant des différentes stratégies sectorielles mises en place au niveau national (il s’agit des CRI de Taza Taounate Al-Hoceima, de Tanger-Tétouan, de Fès-Boulomane, Tadla-Azilal).
L’analyse de ces plans d’actions établis par les CRI permet de conclure que ces centres ne disposent pas d’une vision claire au niveau national et en harmonie avec les plans de développement régionaux, étant donné que cette stratégie nationale devrait être déclinée en stratégies propres à chaque CRI qui tiennent compte des contraintes et des besoins propres à chaque région.
D’autant plus que les ressources budgétaires des CRI proviennent, essentiellement, du budget général de l’Etat sous forme de subventions aussi bien pour le fonctionnement que pour l’investissement.
Ces ressources ne subissent pas de changement significatif d’année en année. C’est ainsi que les CRI considèrent que les moyens financiers dont ils disposent ne sont pas suffisants pour mieux réussir les missions qui leur sont confiées compte tenu de l’absence de ressources propres.
Il convient de noter que les CRI sont des SEGMA, et que l’article 2 du décret n°2.03.728 instituant une rémunération des services rendus par les Centres régionaux d’investissement avait prévu que «la liste des services rendus par chaque centre régional d’investissement et leurs tarifs sont fixés par arrêté conjoint du ministre de l’Intérieur et du ministre chargé des Finances». Toutefois, la non publication de cet arrêté a fait que les CRI continuent de dépendre exclusivement des subventions accordées par le budget général de l’Etat.
En principe, les CRI sont chargés de faciliter, à travers un guichet unique, l’acte de création des entreprises en réduisant les formalités juridiques et les délais. Ils mettent à la disposition des demandeurs un formulaire unique dans lequel figure tous les renseignements exigés par la législation ou la réglementation.
Le guichet d’aide à la création des entreprises doit, selon la Lettre Royale susmentionnée, regrouper toutes les administrations compétentes qui interviennent dans le processus de création. Il s’agit notamment de l’OMPIC, du tribunal de première instance, de l’administration des impôts, de la CNSS et du service communal de légalisation.
Mais, ce qui est paradoxal, c’est que les personnes désirant créer leurs propres entreprises ne s’adressent pas généralement à ces centres, en l’absence d’une définition exacte des missions de ces organismes hermétiques et isolés.
Il est à noter que sur l’ensemble des CRI, seuls quatre centres (Rabat, Casablanca, Marrakech et l’Oriental) disposent d’un guichet unique où sont représentées toutes les administrations concernées.
Selon ce rapport de la cour des comptes, le nombre des Administrations représentées, dans les autres CRI, varie en général entre un et quatre. Dans l’ensemble, l’OMPIC est présent dans 12 CRI, l’administration des impôts est présente dans 9 CRI, le tribunal de première instance dans 8 CRI et la CNSS dans 6 CRI. Alors que, dans quatre CRI aucune administration n’est représentée (CRI de Doukala Abda, de Taza Taounate Al Hoceima, de Tadla Azilal et de Chaouia Ouardigha). Dans ce cas, soit les CRI traitent les dossiers de création d’entreprises en effectuant des déplacements quasi-quotidiens auprès des partenaires en vue d’accomplir les formalités, soit obligent les créateurs à se déplacer eux-mêmes pour effectuer certaines démarches.
Même dans les centres où des représentations existent, il a été noté l’insuffisance du personnel affecté par les administrations concernées (en moyenne une personne par administration) eu égard à la masse de travail, au besoin de mettre en place des annexes ou pour gérer les périodes de congés (administratif ou de maladie). Cette situation est considérée par les CRI comme un handicap à l’amélioration de leur performance.
Il est à souligner que le Centre régional d’investissement (CRI) est habilité à étudier, à son niveau, toutes les demandes d’investissements dont le montant est inférieur à 200 millions de dirhams.
La raison d’être des CRI au niveau des régions est de se constituer en relais facilitant la mise en œuvre des politiques nationales et sectorielles. Cependant la plupart des CRI ne prennent connaissance de l’existence de ces politiques qu’à travers les médias, et collectent les informations y afférentes à travers des sources non officielles en vue d’alimenter leurs propres sites internet et de promouvoir ces politiques auprès des investisseurs nationaux et internationaux, selon toujours du même rapport de la cour des comptes.
Ce constat interpelle les administrations en charge de ces politiques à développer des initiatives visant à associer davantage les CRI aux mécanismes de leur mise en place, et à les doter des données nécessaires sur ces politiques, leurs objectifs, et les administrations qui en sont en charge, …
Cette situation désavantageuse et contradictoire des CRI est due à certaines défaillances de la politique nationale de l’Etat qui vise le développement économique et social au niveau local, celui-ci figure en priorité dans le processus de la régionalisation avancée.
Il est à nuancer que le rapport de la cour des comptes sur les CRI, rendu public au titre de l’année 2015, n’a pas évoqué clairement ce cordon ombilical reliant les CRI à la régionalisation avancée.
Selon la Commission consultative de la régionalisation, la régionalisation avancée apportera une contribution déterminante au développement économique et social du pays, à travers la valorisation des potentialités et des ressources propres à chaque région, la mobilisation des différents acteurs locaux, la participation à l’élaboration et à la mise en œuvre des grands projets structurants et le renforcement de l’attractivité des régions.
Selon le chef du Gouvernement, Il s’agit en outre de s’atteler à l’accélération de la réalisation du plan national de promotion de l’emploi et la mise en place de ses différents mécanismes, via notamment l’évaluation des différents programmes de promotion de l’emploi et le développement du rôle de l’agence nationale de promotion des PME dans le suivi et la création de ces entités.

Attractivité de la région : Pour attirer l’investissement et créer de l’emploi via les CRI et d’autres organismes

Les organismes en charge des investissements se répartissent en trois grands centres d’action, à savoir les Centres Régionaux d’investissement (CRI), les Commissions nationales de l’investissement et les Directions des Investissements.
L’action conjointe de ces trois organismes permet, en effet de faciliter la concrétisation des projets d’investissement dans les meilleures conditions, d’accompagner par l’information, le conseil, le réseau et le traitement administratif du dossier d’investissement et de conseiller les investisseurs dans leurs démarches et de réduire les délais d’opération en concentrant les formalités en une seule adresse.
Il est à préciser que des principales réformes économiques pour développer l’investissement ont été actionnées, notamment des réformes fiscales touchant la réduction du taux d’imposition et la simplification de la procédure de paiement des taxes…, des réformes bancaires et financières avec la privatisation du secteur bancaire, libéralisation des taux d’intérêts…, et des réformes législatives liées à la promulgation du nouveau Code de Travail, mise en place de la loi sur la propriété intellectuelle et la création des tribunaux de commerce…
Selon les pouvoirs publics, le Maroc s’est résolument engagé dans une politique où l’investissement tant national qu’étranger, constitue un outil stratégique de croissance économique et sociale et ce à travers la mise en œuvre de mesures d’ordres institutionnel, économique, législatif et réglementaire.
En plus des exonérations fiscales octroyées dans le cadre du droit commun, la réglementation marocaine prévoit des avantages spécifiques d’ordre financier, fiscal et douanier accordés aux investisseurs dans le cadre de conventions ou contrats d’investissement à conclure avec l’Etat dans la condition de répondre à certains critères spécifiques.
Le Maroc a par ailleurs défini un ensemble de stratégies sectorielles dans les secteurs clé de croissance du Royaume, notamment l’agriculture, le tourisme et l’industrie.
Aussi, le Maroc continue à déployer des efforts considérables relatifs à la création d’un cadre attractif à l’investissement à travers l’amélioration du climat des affaires et la consolidation du partenariat entre les secteurs privé et public, la réforme de la loi cadre 18-95 formant la charte de l’investissement et le suivi des projets d’investissements en difficulté et l’amélioration de la gouvernance.
Le climat des affaires fait allusion sans évoque au mode d’organisation et de fonctionnement de la région et des collectivités territoriales.
Ainsi, la région est appelée à prendre l’initiative en se basant sur ses compétences et sur son potentiel pour attirer les investissements à travers la mise en œuvre d’une politique de marketing territorial, délaissée jusqu’à présent par les acteurs communaux et régionaux.
En cohérence avec les orientations de l’Etat et dans la limite des compétences et des moyens du conseil régional, celui-ci élabore, adopte et met en œuvre, après les concertations, consultations et approbations prévues par la loi, ses propres programmes d’action et d’équipement pour la promotion des investissements et de l’emploi. D’autant plus que le conseil régional contribue, en partenariat avec l’Etat et les autres collectivités territoriales, à la réalisation de programmes, notamment de travaux d’infrastructure et d’équipement pour renforcer l’attractivité économique de la région.
La dynamique de création des entreprises est une mesure pertinente permettant d’évaluer la performance de l’activité productive, la vitalité de l’entreprenariat et l’efficacité des actions visant la promotion du secteur privé et le renforcement de ses capacités. Ainsi, le taux des nouvelles créations, le taux de mortalité et le nombre d’entreprises en «veilleuses» ou en cessation provisoire sont autant d’indicateurs permettant d’évaluer l’activité économique et l’activité sociale qui en découle.
Il est à préciser que la création de nouvelles entreprises implique une augmentation des activités dont les effets sont non seulement d’ordre économique mais également social, telles que la création d’emplois, la redistribution des ressources, la réduction de la pauvreté et l’amélioration de la qualité de vie des populations. Cependant, les fermetures constituent une indication potentiellement alarmante, pouvant impliquer des retombées économiques et sociales négatives sur les différents acteurs du territoire et de la société à même de nuire au développement tant à l’échelle locale que nationale. Ainsi, les orientations actuelles de l’Etat et les politiques locales tendent à renforcer davantage des formes de partenariats directs entre l’Etat, l’entreprise et les différents organismes chargés de l’investissement cités en haut, en vue de promouvoir une croissance économique durable.
Néanmoins, la dynamique économique varie d’une région à l’autre et dépend du degré d’industrialisation, du changement d’activité et des potentialités offertes pour l’implantation des entreprises en termes de zones industrielles et d’infrastructures de base.
Sans oublier que le découpage est modulé suivant les deux règles de la fonctionnalité et de l’homogénéité pour prendre en charge la forte distinction qui caractérise le territoire national entre deux grands domaines, aux plans géographique, économique et géostratégiques. Ces deux domaines sont partagés par une ligne allant de Sidi Ifni à Taza, en s’appuyant sur les diverses chaînes montagneuses de l’Atlas au Rif Oriental, vers le Sud d’Oujda. Il s’agit, d’une part, du domaine atlantique, méditerranéen et intermédiaire, qui abrite 87 % de la population et, d’autre part, du domaine semi-désertique à saharien (au Sud, Sud-Est et Nord-Est) qui compte seulement 13%.
La problématique de la régionalisation et du développement économique des régions qui en découle se pose donc en des termes différents dans chacun des deux domaines en question.
Alors, une équité territoriale en termes de développement économique pour se protéger contre le risque de voir les grandes régions écraser les petites régions est aujourd’hui de mise à travers l’intervention de l’Etat.
Ainsi, la régionalisation avancée propose d’adopter un plan de mise à niveau social des régions. A cet effet, un fonds de mise à niveau social et un fonds de solidarité régionale seront mis en place.

Les douze régions du Maroc : Y aura t-il une dynamique économique équitable ?

Les régions peuvent compter sur leurs ressources propres, leurs cadres compétitifs et leurs attractivités pour créer une dynamique économique locale et propre à son potentiel indigène.
Certaines régions du Maroc accusent réellement un déficit flagrant des mécanismes de développement et des structures de base. Les plans d’aménagement établis, les infrastructures socioéconomiques mises en place et le potentiel démographique et naturel différencient nettement la croissance des régions. Ainsi, les plans de développement régionaux (PDR) peuvent contribuer à améliorer la compétitivité et l’attractivité des régions afin de réduire les disparités entre elles et que l’effet propre joue un rôle positif dans leurs croissances économiques.
Durant la période 2007-2014, trois régions ont pu maintenir leurs croissances au-dessus de la moyenne nationale, à savoir Ed Dakhla Oued ed Dahab, Laâyoune Saguia al Hamra et Souss-Massa. Ainsi, Ed Dakhla Oued ed Dahab a enregistré une croissance régionale supérieure à celle nationale de 4,9 points en 2011-2014 et 5,6 points en 2007-2010. Ce dynamisme est plutôt lié à l’effet régional propre (+3 en 2011-2014 et +4,2 en 2007-2010) que celui de la structure sectorielle (+1,4 en 2011-2014 et +2 en 2007-2010). Ce constat est dû aux investissements publics consentis dans les régions du sud pour en faire des régions compétitives sur le plan national.
Cet effet régional propre ne pourrait que se consolider, suite à la réalisation des projets lancés dans le cadre du modèle de développement dans les provinces du Sud (MDPS) par Sa Majesté le Roi en 2015 , d’une enveloppe budgétaire de 77 milliards de dirhams (dont 17 milliards alloués à Ed Dakhla Oued ed Dahab) affectée à la réalisation de 200 projets structurants, notamment, ceux ayant trait au renforcement de la connexion territoriale des régions du Sud aux autres régions du Maroc.
De l’autre bout du fil, Marrakech Safi et Drâa Tafilalet sont les seules régions ayant eu des croissances au-dessous de la moyenne nationale durant les deux sous-périodes mais à des niveaux soutenables (respectivement -1,2 et -0,1 points en 2011-2014, et -0,2 et -0,1 points en 2007-2010). Cette situation revient à l’effet propre régional qui n’était pas favorable (respectivement -1,1 et -0,2 points en 2011-2014, et -0,2 et -0,4 points en 2007-2010).
Le Plan de développement régional de Marrakech-Safi, une fois mis en œuvre à travers une mobilisation d’un investissement de 16 milliards de dirhams (dont 6 milliards de dirhams par la région) à l’horizon 2022, va aider la région à relever ses défis propres. Ainsi, 60 projets seront établis autour de trois axes concernant l’effet propre, à savoir, l’attractivité du territoire, l’éducation, santé et inclusion, et la valorisation des patrimoines culturels. Quant à l’effet sectoriel, il sera consolidé à travers l’axe relatif à la croissance économique à travers, en particulier, les projets visant la valorisation agroalimentaire24 et le renforcement du pôle industriel de Safi.
Par contre, Fès Meknès a réalisé l’écart le plus important en termes de croissance économique par rapport à la moyenne nationale (-3,9 points en 2011-2014) lié uniquement à l’effet régional propre. Casablanca-Settat s’est retrouvée dans la même situation en 2011-2014 mais à un degré moins intense (-1,2 points liés à l’effet régional propre (-0,9)). Le lancement du PDR de Casablanca-Settat, qui mobiliserait un investissement de 115 milliards de dirhams à l’horizon 2021, s’est attelé à relever les défis propre qui entravent l’épanouissement de la région, notamment, la mobilité (40% des investissements escomptés) et l’attrait social, culturel et la qualité de vie (25%) et à renforcer les domaines à même de consolider les choix sectoriels de la région, notamment, les entreprises, l’innovation et l’emploi (16% dont 78% pour la création des zones industrielles de nouvelles générations) et le milieu rural (8%).
La région de Béni Mellal Khénifra a, également, enregistré une telle configuration en 2011-2014 (-0,7 points liés à l’effet sectoriel (-0,4) et à l’effet régional propre (-0,3)). Le lancement du PDR de la région, d’un investissement mobilisé de 36,6 milliards de dirhams à l’horizon 2021 (dont 4,9 milliards de dirhams par la région) à l’horizon 2021, devrait contribuer au redressement de cette situation. Quant à la région de Rabat Salé Kénitra, elle a pu se sortir de cette situation en réalisant le rattrapage le plus important entre les deux périodes (+3,2 en 2011-2014 contre -1,6 en 2007-2010) et ce, en profitant de ses propres ressources (+2,8 en 2011-2014).
La région de Tanger Tétouan Alhoceima a, également, réussi à se hisser au niveau de la moyenne nationale durant 2011-2014 alors que la période de crise en Europe 2007-2010 lui a été particulièrement défavorable (-1,4 points compte tenu des liens de son système productif aux donneurs d’ordre européens) et ce, en améliorant son attractivité (effet propre régional passant de -1,5 points en 2007-2010 à 0 points en 2011-2014). Cette attractivité s’est améliorée au gré des investissements en infrastructure, notamment, la montée en gamme progressive de la plateforme industrialo-portuaire Tanger Med29 facteur décisif pour améliorer les perspectives de la région comme en témoigne la création de la Cité Mohammed VI Tanger Tech. (Cf. Etudes DEPF- Profil de la croissance économique des régions, Juin 2017)
Deux régions ont participé à la création de 48,2% de la richesse nationale au titre de l’année 2015, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui sont la région de Casablanca-Settat avec 32,2% et celle de Rabat-Salé- Kénitra (16%), a précisé le HCP dans une note d’information relative aux comptes régionaux de l’année 2015.
La contribution totale des régions Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,1%), Fès-Meknès (9%), Marrakech-Safi (8,9%), Souss-Massa (6,5%) et Béni Mellal-Khénifra (5,8%), s’est élevée à 40,4% du PIB, a souligné le HCP, notant que les régions de l’Oriental, de Drâa-Tafilalet et les trois régions du sud n’ont contribué qu’à hauteur de 11,3% à la création de la richesse nationale, avec respectivement (4,8%), (2,6%) et (3,9%).
Compte tenu de ces conditions, le HCP a fait état d’une accentuation des disparités du PIB entre les régions au titre de l’année 2015.
Ainsi, quatre régions ont enregistré des taux d’accroissement du PIB largement supérieurs à la moyenne nationale (4,5%), à savoir les régions de Dakhla-Oued-Ed Dahab (16,5%), de Laâyoune-Saguia al Hamra (10,2%), de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (7,9%) et de Casablanca-Settat (7%).
Quant aux régions de Béni Mellal-Khénifra et Guelmim-Oued Noun, elles ont marqué des taux de croissance proches de la moyenne nationale avec respectivement 4,3% et 4,1%.
En revanche, les autres régions ont présenté des taux de croissance entre 2,2% (région de Rabat-Salé- Kénitra) et -0,1% (région de Fès-Meknès).
L’écart absolu moyen, qui représente la moyenne des écarts absolus entre le PIB des différentes régions et le PIB régional moyen, est passé de 53,1 milliards de dirhams (MMDH) en 2014 à 56,9 MMDH en 2015, a conclu le rapport du HCP.

Les PME et les TPE : Quelles mesures de création et de soutien ?

Selon l’organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), les petites et moyennes entreprises (PME) représentent plus de 95 % de l’ensemble des entreprises et 60 à 70 % de l’emploi ; ce sont elles qui créent une grande partie des emplois nouveaux dans les économies de l’OCDE. Elles ont des avantages et des inconvénients qui leur sont propres et qui peuvent appeler des mesures particulières. Du fait des nouvelles technologies et de la mondialisation, les économies d’échelle perdent de leur importance dans de nombreuses activités, de sorte que la contribution potentielle des petites entreprises s’en trouve renforcée. Dans le même temps, beaucoup des problèmes auxquels elles sont traditionnellement confrontées – insuffisance de financement, difficultés d’exploitation des technologies, capacités managériales limitées, faible productivité, lourdeur de la réglementation – s’accentuent dans un contexte mondialisé où la technologie devient prépondérante
Selon toujours la même organisation, les petites entreprises ont besoin d’améliorer leurs compétences de gestion, leur capacité de recueil d’informations et leur base technologique. Il incombe aux pouvoirs publics d’améliorer l’accès des PME au financement, aux infrastructures d’information et aux marchés internationaux. Assurer un cadre réglementaire, juridique et financier propice à l’entreprenariat et par conséquent à la création et au développement des petites entreprises doit être une priorité.
L’action des pouvoirs publics doit prendre en compte les facteurs régionaux et locaux qui influent sur l’entreprenariat et s’appuyer sur ces particularités pour encourager des partenariats entre petites entreprises. Elle doit se servir des institutions, groupes d’activité et liens interentreprises qui existent au plan local pour créer et renforcer les liens microéconomiques qui permettront de viser la compétitivité au niveau mondial. Une politique des PME doit, en s’appuyant sur les atouts locaux, accompagner la nouvelle dynamique de l’entreprenariat et des regroupements de petites entreprises pour faire face aux défis posés par la mondialisation.
Le Maroc a mis en place un Instrument opérationnel en matière de développement des PME, Maroc PME (anciennement ANPME) qui est au cœur du dispositif marocain d’appui aux entreprises.
Ainsi, au Maroc, l’action des pouvoirs publics s’inscrit dans cette dynamique internationale d’aide et de soutien à la création et à l’accompagnement des Petites et Moyennes Entreprises et aussi des Toutes Petites Entreprises, mais les résultats restent à désirer.
Au Maroc, la culture de l’auto-entreprenariat, un substitut par excellence au salarié rémunéré sous un lien de subordination juridique avec un employeur à travers un contrat de travail et de l’initiative privée ne figure nulle part dans le processus de la vie quotidienne. Tous les jeunes marocains diplômés ou non, presque sans aucune exception, optent depuis longtemps pour le statut professionnel du salarié doté d’un salaire stable au lieu de l’auto-entreprenariat qui mène vers l’inconnu.
Si l’on compare la situation d’un fonctionnaire ou d’un salarié à un gérant d’une petite entreprise, il parait clairement que ce dernier vit dans un calvaire pour ne pas dire un cauchemar, à cause des charges et engagements que la politique économique de l’Etat lui a attribués, sans aucun soutien ni accompagnement.
Depuis sa création en 2002, Maroc PME ne fait qu’accompagner les PME dans leur processus de Modernisation et d’amélioration de leur compétitivité qui constitue déjà une phase très avancée pour une petite ou moyenne entreprise.
PME ciblée par Maroc PME relève de la PME industrielle existante de droit privé marocain, y compris celle installée en zone franche, ayant réalisé un CA HT > 10 MDH ( 1 milliard centimes) au terme du dernier exercice clos et <= 200MDH ( 20 milliards centimes) au terme d’un exercice clos pendant les 3 dernières années et de la PME en amorçage d’activité ou de filialisation prévoyant dans son business plan durant les 3 prochaines années de réaliser un CA HT <= 200 MDH. Par filiale, on entend toute entreprise détenue à plus de 50% du capital sociale ou de droit de vote par l’entreprise portant le projet.
Pour la TPE ciblée, il s’agit de la TPE industrielle existante de droit privé marocain, y compris celle installée en zone franche, ayant réalisé un CA HT <= 10 MDH (1 milliard centimes) au terme du dernier exercice clos et de la TPE en amorçage d’activité ou de filialisation prévoyant dans son business plan durant les 3 prochaines années de réaliser un CA HT <= 10 MDH (1 milliard centimes).
Abandonné dans un marché farouchement concurrentiel, l’auto-entrepreneur perd les repères et se jette volontairement dans cette machine infernale que l’Etat mette en marche chaque année pour alimenter substantiellement les caisses de l’Etat et renforcer son budget. Cet auto-entrepreneur qui n’est pas un sédentaire est appelé à bouger perpétuellement sous plusieurs contraintes allant des infractions de la route jusqu’à le paiement de la CNSS et toutes les charges fiscales habituelles et innovantes qui doit payer presque régulièrement et pour ne pas extrapoler, chaque jour.
En revanche, les fonctionnaires ne sont pas soucieux de leurs charges à payer et que l’employeur s’en occupe. Ils reçoivent un net qui est aujourd’hui pointé du doigt, selon le rapport de la cour des comptes rendu public le lundi 20 Novembre 2017.
En effet, en 2016, le secteur public employait un effectif de personnel d’environ 860 253 dont 583 071 fonctionnaires civils de l’Etat, 147 637 fonctionnaires dans les collectivités territoriales et 129 545 agents des établissements publics.
Entre 2008 et 2016, la masse salariale est passée de 75,4 à 120 MMDH, soit, respectivement de 11,38% à 11,84% du PIB. Elle a progressé annuellement de 5,3% en moyenne, contre un taux de croissance annuel moyen de 3,92% pour le PIB. Les évolutions les plus significatives de la masse salariale ont été enregistrées en 2009, 2011, 2012 et 2014. Ce décalage montre que le volume des rémunérations servies aux fonctionnaires augmente plus rapidement que la croissance du PIB.
En comparaison avec d’autres pays, le rapport de la masse salariale au PIB est relativement élevé au Maroc, note le Rapport.
Dans la fonction publique de l’Etat, le salaire mensuel net moyen a atteint 7 700 DH en 2016, avec une évolution de 51,6% par rapport à 2006. Le salaire net minimum s’élève à 3 000 DH, marquant une évolution de 89,2% par rapport à 2007.
Comment peut-on convaincre un jeune diplômé de tourner le dos à la fonction publique et d’aller vers l’auto-entreprenariat qui est mal vu par tous les intervenants du système économique marocains: La banque refuse de lui prêter à cause de l’absence d’un salaire stable ; les donneurs d’ordre refusent de lui passer commande; la CNSS le guette partout ; les charges fiscales le hantent ; etc.
Il est à préciser que l’auto-entrepreneur est toute personne physique exerçant, à titre individuel, une activité industrielle, commerciale ou artisanale, ou prestataire de service, dont le chiffre d’affaires annuel (CA) encaissé ne dépasse pas 500 000 dh pour les activités industrielles, commerciales et artisanales, et 200 000 dh pour les prestations de service. Une fois les chiffres d’affaires susmentionnés sont dépassés, les auto-entrepreneurs glissent vers les TPE ou les PME, dont le chiffre d’affaires est respectivement égal ou inférieur à 10 MDH et supérieur à 10 MDH.
Salarié ou auto-entrepreneur ? A cette question de choix, les jeunes diplômés n’hésitent pas à opter pour la stabilité et la durée non limitée d’emploi. Parce que le système économique du pays n’ouvre pas les horizons aux différents métiers. Là où le bât blesse, pour les jeunes, c’est en choix de carrière qui tend l’indépendance professionnelle !

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