Partenariat Maroc-Afrique : Pour un destin commun

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INTERVIEW: Aziz Rabbah, Ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable

Le Ministre de l’Energie, des Mines et du Développement Durable, Mr Aziz Rabbah a incité tous les différents intervenants concernés par le partenariat Maroc-Afrique de ne pas se comporter en Afrique en tant que prédateurs ou de donneurs de leçons. Le Ministre aspire à un partenariat d’investissements et de gagnant-gagnant certes, mais aussi d’échange d’expériences à un niveau égal de part et d’autre.

Magazine Innovant : Qu’est ce que vous pensez du Salon elec expo, Ener Event et Tronica Expo?
Aziz Rebbah : Premièrement, je félicite les organisateurs et la fédération nationale d’organiser ce salon pour la 16ème fois. Ce n’est pas facile de continuer à organiser ce genre de salons parce qu’il y a derrière cet événement un grand effort fourni.
Le fait de l’organiser est aussi un succès, puisqu’ il y a la confiance des exposants et des partenaires manifestée pour ce salon. S’il n’y a pas de confiance, il n’y aura pas de continuité.
Deuxièmement, il y a trois salons qui se rassemblent en un seul et en même temps, dont celui de l’électricité en général qui est un secteur important. La taille des investissements dans ce secteur peut arriver, d’ici à 2030, à 40 milliards de dollars, qu’il s’agisse de la production, du transport ou de la distribution de l’électricité ainsi que des énergies renouvelables qui font partie aujourd’hui de notre vie économique et sociale.
Notre pays avait décidé d’atteindre le plus haut niveau dans ce secteur et prochainement nous allons arriver à installer 42% en 2020 et 52 en 2030.
Il y a également de grands investissements nationaux et internationaux dans ce domaine que ce soient pour la production de l’électricité ou pour les entreprises privées qui commencent à utiliser de l’électricité produite par les énergies renouvelables. D’un autre côté, il y a les composants et les systèmes électroniques qui ont besoin de l’électricité et je pense que ce secteur est un secteur grand et important et prometteur. Le Maroc est qualifié pour accueillir d’autres entreprises internationales et également faire des recherches puisqu’on dispose de grands centres de recherche : le dernier est celui du centre de Benguerir lié aux énergies renouvelables.
Actuellement, nous allons régler le problème des ressources humaines et certainement nos frères dans le secteur privé connaissent qu’il y a un grand défi. Aujourd’hui, nous avons besoin de l’électricien vert et renouvelable, c’est-à-dire qu’on aura besoin de compétences humaines pour accompagner ce secteur sans parler de la taille des investissements qui sera programmée dans le domaine de la logistique énergétique, du gaz, de la liaison des pays européens avec l’Afrique.
Il y a des perspectives où le partenariat public-privé est nécessaire tout en prenant en considération le profit du secteur privé, qui est indispensable pour avoir de la valeur ajoutée, des postes d’emploi, paiement d’impôt pour l’Etat.
Ainsi, qu’il est nécessaire pour l’Etat de protéger le consommateur et le produit final électrique et de faciliter l’accès à l’électricité avec des tarifs acceptables pour toutes les catégories sociales.

M. I. : Nous constatons qu’il y a une forte présence des africains au salon. Pensez-vous que le partenariat entre le Maroc et les pays de l’Afrique va se développer davantage ?
A. R. : Concernant l’Afrique, il ne s’agit pas d’un partenariat commercial, mais il s’agit de notre destin. Sûrement, vous avez suivi le discours de Sa Majesté et principalement le dernier prononcé à l’occasion de la fête du Trône. Dans ce discours, Sa Majesté a souligné que l’Afrique est notre destin et notre futur. Ainsi que notre partenariat avec l’Afrique ne rentre pas dans la logique commerciale gagnant / gagnant mais gagnant / gagnant dans une logique plus que commerciale. Il y a certes sûrement un profit financier et des investissements, mais il y a également un profit environnemental, social, culturel et aussi un profit de développement. Il y a le renforcement de la position de l’Afrique comme un grand marché mais également comme une source de richesse internationale que ce soient en termes de ressources humaines, naturelles ou de la taille importante des investissements dans différents domaines.
J’appelle nos frères dans le secteur privé pour plus de coopération avec nos frères africains. J’étais à Mali et à Burkina Faso où nous avons constaté que ces pays ont de l’admiration pour l’expérience marocaine que ce soit celle du secteur privée ou du secteur public. D’autant plus qu’ils sont prêts pour travailler avec les entreprises marocaines. Comme je leur dis toujours, nous ne travaillons pas avec l’Afrique par la logique du prédateur, comme le font auparavant d’autres entreprises internationales, qui viennent récupérer la richesse et partent. Mais, il ne faut pas que les entreprises marocaines travaillent avec cette logique. D’autre part, nous ne travaillons pas avec l’Afrique comme des donneurs de leçons, mais travaillons avec eux égal à égal dans le cadre de la coopération et de la confiance mutuelle. Nous voulons certes gagner, mais faire gagner les autres également tout en profitant mutuellement d’échange d’expérience dans différents domaines.

M.I. : Quel rôle peut jouer la Fenelec dans le domaine de l’export vers l’Afrique ?
A. R. : J’ai demandé à ce que les grands acteurs de la Fenelec produisent les instruments et les outils qui développent les services dans le domaine de l’énergie, de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables et qu’ils exportent. On va essayer d’avoir une rencontre avec les différents acteurs et de voir quels sont les horizons qui se présentent. Je suis très optimiste, on pourra travailler ensemble.

M. I. : Est-ce qu’il y a des moyens de financement pour la Fenelec ?
A. R. : Ils sont en train de grandir donc ils sont bien financés.

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