Oujda – Les récentes précipitations enregistrées dans la région de l’Oriental ont insufflé une dynamique positive au niveau de la sécurité hydrique dans la zone d’intervention de l’Agence du Bassin Hydraulique (ABH) de la Moulouya, dans un contexte marqué par les défis du changement climatique et du stress hydrique structurel.
Après plusieurs années consécutives de sécheresse, la rareté de l’eau s’est imposée comme un enjeu majeur, impactant aussi bien les populations que les activités agricoles, industrielles et énergétiques. Face à cette réalité, la gestion durable et intégrée des ressources hydriques s’inscrit aujourd’hui comme un pilier essentiel de la transition verte dans la région.
Consciente de ces défis, l’ABH de la Moulouya intensifie ses actions à travers une approche proactive et concertée, conciliant développement économique, protection de l’environnement et préservation des ressources en eau. Cette stratégie vise à renforcer la résilience du territoire face aux aléas climatiques tout en accompagnant les objectifs nationaux de durabilité.
Dans une déclaration, le Secrétaire général de l’ABH de la Moulouya, Mostafa Bouazza, a mis en avant l’impact bénéfique des dernières pluies sur l’état global des ressources hydriques du bassin. Ces précipitations ont permis une amélioration notable aussi bien des réserves des barrages que de la recharge des nappes phréatiques.
Les retenues des barrages ont ainsi atteint un taux de remplissage avoisinant 40 %, représentant un volume global de 319 millions de mètres cubes, principalement concentrés au niveau des barrages structurants du bassin : Oued Za (152,72 millions m³), Mohammed V (79,23 millions m³) et Hassan II (74,33 millions m³).
Cette évolution favorable contribue au renforcement de la sécurité hydrique régionale et à l’atténuation des effets du stress hydrique sur les populations et les secteurs productifs, notamment l’agriculture, en cohérence avec les principes de l’économie verte et de l’adaptation climatique, a souligné M. Bouazza.
Dans une perspective à long terme, l’ABH de la Moulouya poursuit également le développement des infrastructures hydrauliques durables. La capacité actuelle de stockage, estimée à près de 800 millions de m³, sera significativement renforcée grâce à la construction des barrages Targa Ou Madi (province de Guercif) et Béni Aziman (province de Driouch), ainsi qu’à la surélévation du barrage Mohammed V (province de Nador). Ces projets porteront la capacité globale de stockage à environ 1,936 milliard de m³, consolidant ainsi la souveraineté hydrique du bassin.
À ce titre, Abderrahmane Adli, chef du barrage Mohammed V, a rappelé que cette infrastructure, mise en service en 1967, figure parmi les ouvrages hydrauliques majeurs de l’Oriental, jouant un rôle stratégique dans l’irrigation agricole, l’alimentation en eau potable et la production d’énergie hydroélectrique, une composante clé de la transition énergétique.
De son côté, Soufiane El Ayoubi, chef de service des travaux de génie civil du chantier de surélévation du barrage Mohammed V, a précisé que les travaux, réalisés par des compétences marocaines, avancent à un rythme soutenu. Avec un taux d’avancement de 68 %, le projet permettra de porter la capacité de stockage du barrage de 165 millions à 981 millions de mètres cubes, dans le respect des délais prévus.
Ce projet structurant consolide le rôle stratégique du barrage Mohammed V et s’inscrit pleinement dans une vision intégrée de sécurité hydrique, de développement durable et de transition verte au niveau du bassin de la Moulouya.
