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Crédit bancaire : les financements accélèrent, les dépôts dépassent 1.423 MMDH

Le crédit bancaire poursuit sa progression au Maroc. À fin juillet 2026, l’encours des crédits accordés par les établissements bancaires aux différents agents économiques s’est établi à 1.286,2 milliards de dirhams (MMDH), enregistrant une hausse de 10,3% sur un an. Dans le même temps, les dépôts bancaires ont franchi le seuil des 1.423 MMDH, en progression annuelle de 9,1%, selon les dernières données de Bank Al-Maghrib (BAM).

Cette évolution traduit une dynamique soutenue de l’activité bancaire, aussi bien du côté du financement de l’économie que de la collecte de l’épargne.

Les dépôts des ménages en hausse

Les ménages demeurent au cœur de la collecte bancaire. Leurs dépôts ont atteint 1.034,5 MMDH à fin juillet 2026, affichant une progression de 9,1% en glissement annuel.

Sur ce montant, 233,9 MMDH sont détenus par les Marocains résidant à l’étranger (MRE), confirmant leur poids important dans les ressources collectées par le système bancaire marocain.

Du côté des entreprises non financières privées, les dépôts se sont établis à 255,3 MMDH, en hausse de 11,7% sur un an. Cette progression témoigne d'une capacité accrue de ces entreprises à maintenir leurs liquidités auprès du système bancaire.

Des rendements d’épargne contrastés

Sur le front de la rémunération des dépôts à terme (DAT), les taux ont légèrement diminué. Le taux appliqué aux DAT à six mois a reculé de 6 points de base, à 2,45%, tandis que celui des dépôts à douze mois a diminué de 19 points de base, pour s’établir à 2,58%.

À l’inverse, le taux minimum de rémunération des comptes d’épargne a été porté à 1,82% au deuxième semestre 2026, soit une progression de 21 points de base par rapport au semestre précédent.

Les entreprises tirent la demande de crédit

La progression des crédits bancaires s’explique notamment par la hausse des financements accordés aux agents non financiers, en augmentation de 10,1%, tandis que les crédits destinés aux agents financiers ont progressé de 10,9%.

Les entreprises non financières privées affichent une dynamique particulièrement soutenue, avec une croissance annuelle de 11% de leurs crédits bancaires.

Cette évolution est portée par plusieurs catégories de financement. Les crédits à l’équipement ont augmenté de 18%, tandis que les prêts destinés à la promotion immobilière ont progressé de 10,8%. Les facilités de trésorerie ont, pour leur part, enregistré une hausse de 11,3%.

Ces chiffres montrent que le financement bancaire accompagne à la fois l’investissement des entreprises, leurs besoins de trésorerie et l’activité immobilière.

Le crédit aux ménages progresse plus modérément

La dynamique est moins marquée du côté des ménages. Les crédits qui leur sont accordés ont progressé de 3,3% sur un an.

Dans le détail, les prêts à l’habitat ont augmenté de 2,6%, tandis que les crédits à la consommation ont enregistré une croissance de 4,5%.

Le financement des entreprises apparaît donc comme le principal moteur de la progression globale du crédit bancaire, alors que la demande des ménages évolue à un rythme plus modéré.

Des conditions d’octroi globalement stables

Selon l’enquête de Bank Al-Maghrib sur les conditions d’octroi de crédit au premier trimestre 2026, les critères appliqués par les banques sont restés globalement inchangés, aussi bien pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) que pour les grandes entreprises.

En parallèle, les établissements bancaires ont fait état d’une hausse de la demande de crédit pour l’ensemble des objets de financement, tant de la part des TPME que des grandes entreprises.

Cette tendance confirme un besoin croissant de financement de la part du tissu productif, dans un contexte marqué par la poursuite des investissements et la nécessité de financer les besoins d’exploitation.

Un coût du crédit relativement stable

L’enquête de conjoncture de BAM montre également qu’au deuxième trimestre 2026, les entreprises ont globalement jugé « normal » leur accès au financement bancaire.

Concernant le coût du crédit, 83% des entreprises interrogées l’ont considéré comme stable, tandis que 17% ont estimé qu’il avait augmenté.

Les taux appliqués aux nouveaux crédits ont toutefois légèrement progressé. Ils se sont établis à 4,81% au deuxième trimestre 2026, en hausse de 2 points de base par rapport au trimestre précédent.

Dans le détail, le taux moyen s’est situé à 4,56% pour les grandes entreprises, contre 5,20% pour les TPME, ces dernières supportant ainsi un coût de financement plus élevé.

Une activité bancaire toujours dynamique

À fin juillet, les chiffres de BAM dessinent ainsi un paysage bancaire marqué par une progression simultanée des dépôts et du crédit. Avec 1.423 MMDH de dépôts et 1.286,2 MMDH de crédits, le système bancaire continue d’occuper une position centrale dans le financement de l’économie marocaine.

La forte progression des crédits à l’équipement et des financements destinés aux entreprises constitue notamment un signal favorable pour l’investissement. Reste à surveiller l’évolution des taux et du coût du financement, alors que la demande de crédit demeure soutenue, particulièrement du côté des entreprises.

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