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ER et EE : seule solution pour booster l’économie rurale en pleine crise du Covid-19

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Les énergies renouvelables et l’Efficacité Energétique (ER et EE)  constituent incontestablement, dans cette situation épidémiologique causée par Covid-19, l’unique solution pour booster l’économie rurale. Cette économie est la seule voie pour améliorer les conditions socio-économiques des citoyens marocains. D’autant plus que le secteur agricole marocain se modernise de plus en plus pour augmenter la productivité de la terre, accroître le rendement du travail, rendre le travail de l’agriculteur moins pénible et offrir une meilleure qualité des produits agricoles. Des nouvelles technologies au service du secteur agricole et milieu rural.

L’économie rurale : Quel état des lieux ?

Le milieu rural occupe 90% de la superficie du Royaume et représente 40% de la population nationale. Il regroupe 85% (soit 1282 communes rurales sur 1503) des communes. 13% des communes rurales disposent d’un centre urbain et on dénombre environ 33 000 douars et centres ruraux. Par ailleurs, la superficie des terres fertiles est d’environ 8,7 millions d’hectares sur une superficie globale du Maroc de l’ordre de 71 millions d’hectares. Cette superficie est répartie en terres irriguées (1,5 million d’hectares) et en terre bour (7,2 millions d’hectares). À cela s’ajoute près de 3 500 Km de littoral avec un espace maritime d’environ 1,1 million de km2. Les montagnes abritent 70% des ressources hydriques et couvrent 62% de la forêt marocaine (sans forêt alfatière) et foyers de la biodiversité d’environ 80% des espèces endémiques.

Cependant, il a été constaté que la pauvreté et la précarité demeurent encore élevées avec 79,4% des personnes pauvres et 64% des personnes vulnérables et 47,7% taux d’analphabétisme en milieu rural contre 22,2% en urbain pour la population âgée de 10 ans et plus. D’autant plus que 56% de la population vivant dans les zones montagneuses est analphabètes. Et cette situation épidémiologique causée par Covid-19 va aggraver encore et davantage la crise économique dans le milieu rural.

Ainsi, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique peuvent jouer un rôle fondamental dans le processus de développement du milieu rural qui doit concerner la campagne, l’agriculture, l’industrie agroalimentaire et les infrastructures d’équipement et d’accompagnement. En d’autres termes, le milieu rural doit être plus attractif pour l’investissement et l’habitation.

Et puisque l’énergie est le secret de la vie, le milieu rural en a tellement besoin pour gagner sur le temps.

Secteur agricole : L’arrivée de «Génération Green 2020-2030 »

Une nouvelle stratégie de développement du secteur agricole portant le nom de «Génération Green 2020-2030 » et de celle relative au développement du secteur des eaux et forêts du nom de “Forêts du Maroc”, a été présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le jeudi 13 février 2020, à la province de Chtouka Ait Baha.

C’est le discours du Souverain à l’occasion de l’ouverture de la 1-ère session de la 3ème année législative de la 10ème législature (12 octobre 2018) qui a initié cette nouvelle vision stratégique du secteur agricole. Cette stratégie se base donc sur une capitalisation des acquis réalisés par le Plan Maroc Vert, à travers l’adoption d’une vision nouvelle du secteur agricole, la consécration d’une nouvelle gouvernance et la mise à disposition du secteur de moyens modernes.

Dans le cadre du Plan Maroc Vert, lancé par le Souverain en 2008, Il a été enregistré la signature de 19 contrats programme, la mise en œuvre de 12 plans agricoles régionaux, la création de quatre nouvelles agences, l’entrée en vigueur de 4.500 textes juridiques, et plus de 34 Milliards de DH mobilisés par des financements internationaux.

La nouvelle stratégie agricole se base sur deux grands axes fondements, notamment la valorisation de l’élément humain, conformément aux Hautes Orientations Royales, et cela à travers l’émergence d’une nouvelle génération de la classe moyenne agricole (350.000 à 400.000 ménages), et la naissance d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs, à travers la mobilisation et la valorisation d’un million d’hectares de terres collectives et la création de 350.000 postes d’emploi au profit des jeunes.

Elle prévoit aussi la consolidation des filières agricoles, en vue du doublement des exportations (50 à 60 milliards de DH) et du PIB-agricole (200 à 250 milliards de DH) à l’horizon 2030, l’amélioration des process de distribution des produits à travers la modernisation de 12 marchés de gros et des marchés traditionnels.

Il est prévu aussi dans ce cadre l’octroi d’agréments à 120 abattoirs modernes et le renforcement du contrôle sanitaire.

La réalisation de cette stratégie nécessitera une augmentation annuelle du budget du secteur de près de 2,5 % et ce à partir de l’an 2020.

Seulement, il faut reconnaitre que le rôle des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique est décisif dans le déploiement des mécanismes production agricole qui dépend fortement de l’énergie pour l’irrigation des cultures, l’alimentation des machines et la production des fertilisants. D’autant plus que la consommation d’énergie (directe et indirecte) représente en moyenne plus de 20 % des coûts d’exploitation d’une ferme, selon l’AMEE.

L’économie rurale : Quelles opportunités d’investissements

 La modernisation du secteur agricole a provoqué une augmentation de la consommation d’énergie. En effet, l’utilisation de l’énergie dans le secteur agricole est passée de 5,2 Gj/haen 2004 à 7,7Gj/ha en 2012, en raison de l’introduction de nouvelles machines et techniques notamment de pompage d’eau. La croissance rapide de l’énergie consommée par le secteur agricole justifie le besoin de mettre en œuvre des technologies et mesures permettant des gains d’efficacité énergétique.

Évoquer la promotion de l’investissement dans le secteur agricole sous-tend l’implication de l’Agence pour le Développement Agricole. La présence de cette institution est capitale pour booster l’économie rurale.

Alors, en matière de promotion de l’investissement et l’accompagnement des investisseurs, l’Agence pour le Développement Agricole (ADA) porte plusieurs missions importantes.

L’une des missions de cette Agence est d’informer les investisseurs sur les opportunités d’investissement et sur le climat des affaires, relatifs au secteur agricole dans le cadre du Plan Maroc Vert, de conseiller et d’orienter les investisseurs en matière de choix des projets d’investissement agricoles moyennant la mise à leur disposition de kits d’information.

Les investisseurs sont informés sur les modalités de montage des projets d’agrégation agricole et sur les aides financières de l’État pour la promotion des investissements agricoles dans le cadre du Fonds de Développement Agricole (FDA).

En matière d’accompagnement des investisseurs, l’ADA assure l’accompagnement technique des investisseurs à travers la mise à leur disposition des informations pratiques et de guides pour la mise en place de leurs projets.

L’Agence œuvre aussi pour la mise en relation des partenaires et investisseurs pour le développement de projets d’investissements conjoints.

Il est à préciser que le Fonds de Développement Agricole (FDA) est considéré en tant qu’instrument essentiel de l’application de la politique gouvernementale dans le secteur agricole et un levier.

L’objectif est de contribuer au développement de l’économie nationale en général, de l’économie rurale en particulier et de l’amélioration des revenus des agriculteurs.

Il s’agit d’une stratégie ambitieuse dont le secteur agricole s’est doté tout en imposant une révision profonde du système incitatif agricole. Le but est d’améliorer son rôle fondamental d’élargir le champ des investissements agricoles vers l’ensemble des filières de production concernées.

 Le nouveau système de subventions agricoles offre de nouvelles aides selon les engagements conclus dans le cadre des contrats‑programmes signés entre l’État et les interprofessions des principales filières de production, des aides à certaines rubriques, tout en encourageant et en incitant fortement à l’agrégation.

Il existe aussi MorSEFF qui est la nouvelle ligne marocaine de financement de l’énergie durable. Elle subventionne l’investissement et assure un accompagnement technique gratuit.

Alors, Morseff, cette la ligne de financement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables au Maroc, prouve que la préservation de l’environnement n’est pas incompatible avec le business et ne porte aucun préjudice aux activités des entreprises et des établissements bancaires.

Depuis son déploiement, MorSEFF a financé 260 projets  permettant la réduction de la consommation énergétique et les gaz à effet de serre, avec une enveloppe de 1.2 milliard dirhams. 80% de ces projets ont concerné les petites et moyennes entreprises relevant de plusieurs secteurs dont l’agriculture.

ER et EE dans le secteur agricole : Acteurs publics et privés concernés

Les différents intervenants dans le secteur agricole sont appelés à moderniser davantage la production, la distribution et l’exportation des produits agricoles en utilisant les nouvelles technologies appropriées dont les Énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique.

Les acteurs publics et privés qui œuvrent dans le domaine agricole sont concernés directement par la protection de l’environnement, l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et par la réduction de la facture énergétique pour que les entreprises agricoles puissent être compétitives. Ainsi, l’introduction des Énergies Renouvelables et de l’Efficacité Énergétique dans la production agricole et dans les bâtiments ruraux est de mise aujourd’hui.

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