Célébrée le 21 mars, la Journée internationale des forêts rappelle une évidence souvent sous-estimée : la forêt n’est pas seulement un patrimoine naturel, mais un véritable levier de développement. Placée cette année sous le thème « Les forêts et les économies », cette journée met en lumière une réalité stratégique : sans gestion durable des ressources forestières, il ne peut y avoir de croissance équilibrée.
Au Maroc, cette prise de conscience est déjà bien engagée. Couvrant près de 12 % du territoire national, les forêts jouent un rôle clé, à la fois économique, social et environnemental. Elles contribuent à hauteur de 1,5 % du PIB national et jusqu’à 10 % du PIB agricole, tout en générant des revenus essentiels pour des millions de citoyens, notamment en milieu rural.
Mais l’essentiel est ailleurs. La véritable richesse des forêts dépasse largement les indicateurs économiques classiques. Régulation des ressources hydriques, lutte contre l’érosion, stockage du carbone, préservation de la biodiversité : autant de services invisibles, mais indispensables à l’équilibre des écosystèmes et à la résilience des territoires.
À travers la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 », le Royaume affiche une ambition claire : transformer ce capital naturel en moteur de développement durable. Structuration des filières, valorisation des produits forestiers, implication des populations locales et modernisation de la gouvernance constituent les piliers de cette transformation.
Les résultats commencent à se concrétiser. Le renforcement de la gestion participative, l’essor des coopératives forestières et les efforts de reboisement traduisent une dynamique positive. L’objectif est désormais d’aller plus loin : créer davantage de valeur, générer des emplois et garantir la durabilité des ressources.
Le défi est de taille. Il s’agit de concilier exploitation économique et préservation écologique, dans un contexte marqué par le changement climatique et la pression croissante sur les ressources naturelles.
Plus qu’un secteur, la forêt est un capital stratégique. Sa gestion déterminera, en grande partie, la capacité du Maroc à bâtir un modèle de développement à la fois inclusif, résilient et durable.
