Le gaz naturel, étant une énergie fossile propre, est bien adapté pour être utilisé comme un levier pour la transition énergétique du Maroc, la compétitivité de ses industries, la décarbonation de l’économie et pour l’accompagnement des énergies renouvelables afin de faire face à leurs intermittences.

C’est dans cette perspective qu’une Feuille de Route nationale pour le développement du gaz naturel 2021-2030 a été mise en place. Les objectifs de cette feuille de route s’articulent autour des orientations stratégiques, notamment la création d’un marché régulé de gaz naturel en stimulant une évolution progressive de la demande, le développement d’un projet d’infrastructure gazière structurant, l’accès aux industriels et tous autres consommateurs à une énergie compétitive, l’amélioration de la compétitivité des industriels marocains exportateurs et le développement d’autres activités annexes de sous-traitance autour de la filière du gaz naturel.

Les études réalisées et l’analyse de la situation actuelle de l’offre et de la demande du gaz naturel aux niveaux national et international, montrent que le marché serait tiré dans une première étape par la demande du secteur de la production de l’électricité et par celui de l’industrie. La demande totale en gaz naturel au Maroc est estimée à atteindre plus de 3 BCM , donnant lieu à un début de maturité du marché national.

La Feuille de Route met en place les jalons du développement du gaz naturel, pour les besoins industriels dans un premier temps, suivi du domestique dans un deuxième temps tout en poursuivant son développement pour intégrer les besoins de production d’électricité. Elle fixe les étapes à suivre pour mettre en place la structure du marché et ses acteurs :

  • Première étape : La mise en place du cadre règlementaire du secteur du gaz naturel à travers notamment la promulgation du projet de loi n°94-17 relatif au secteur aval du gaz naturel, combustible et l’activité de stockiste indépendant, l’élargissement des attributions de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Electricité pour réguler le secteur du gaz naturel, la mise en place d’un Gestionnaire du Réseau de Transport du gaz naturel marocain, la réglementation des activités d’importation libre du Gaz Naturel, de transport, de stockage et de distribution, l’amendement de la réglementation relative aux spécifications techniques et normes de sécurité régissant le secteur du gaz naturel.
  • Deuxième étape : L’évaluation de la demande à travers l’évolution de la consommation actuelle et celle des dernières années ainsi que le potentiel de la demande futur, sachant qu’un développement rapide de la demande pourrait avoir lieu suite à une ruche des industriels vers ce nouveau combustible, propre et compétitif. La demande Gas To Industry sera le levier du développement du marché du gaz naturel au Maroc à côté du Gas to Power pour la production d’énergie en remplaçant progressivement le charbon.
  • Troisième étape : Evaluation des différentes options d’approvisionnement en GN et en GNL, notamment par gazoducs (GME), par des unités flottantes de stockage et de regazéification (FSRU), par terminaux onshore, et les flux multidirectionnels. La diversification des points d’entrée du produit et de ses sources assure une flexibilité d’approvisionnement et une assurance de sa régularité et sa continuité.

    Le déploiement d’un nouveau réseau de transport afin de relier l’ensemble des composantes du plan gazier et ce par phase, en s’appuyant sur une épine dorsale qui se compose du Gazoduc Maghreb-Europe et du futur Gazoduc Nigeria-Sénégal-Mauritanie-Maroc et qui permet un développement progressif s’échelonnant sur plusieurs années en fonction de l’évolution des besoins nationaux.

Le développement des capacités propres de réception et de stockage du gaz naturel et du GNL pour des raisons de sécurité d’approvisionnement. Le stock de sécurité peut prendre la forme d’un stockage liquide ou d’un stockage souterrain de gaz naturel comprimé sous forme gazeuse. La concentration se fait sur le stockage stratégique souterrain par l’identification des sites les plus appropriés à recevoir les infrastructures de stockage. Dans ce sens, les formations géologiques permettant de réaliser des cavités salines particulièrement dans la région de Mohammedia sont les plus privilégiées.