Accueil Dossier Interview: Omar Ben Hamman, Directeur Logistique et Financier d’Alquisur Maroc

Interview: Omar Ben Hamman, Directeur Logistique et Financier d’Alquisur Maroc

278

«Notre système judiciaire et l’arsenal législatif doivent être en mesure de faire retourner aux arcanes des trésors publics l’argent mal dépensé par les mauvais ordonnateurs pour récupérer la confiance de nos citoyens voire même des instances étrangères.»

Magazine Innovant : Que représente pour vous la loi de finances 2019 ?

Omar Ben Hamman : Pour moi, la loi de Finances 2019 a un caractère social ayant pour but de renforcer la protection sociale, le pouvoir d’achat, la politique sociale, et bien entendu l’emploi. C’est une loi de finances axée sur les priorités sociales des citoyens et la politique d’investissement public afin que le citoyen marocain et les régions marocaines défavorisées puissent bénéficier de ces infrastructures de l’Etat à travers un investissement interne et externe attendu.
Vis-à-vis de la croissance économique, elle n’est pas encourageante mais plutôt stagnante puisqu’elle ne représente que 2,9% selon le haut commissariat au plan. Pour augmenter ce ratio, il ne faut pas oublier à revoir l’appui à la toute petite et moyenne entreprise (TPME) créatrice d’emploi à travers une politique fiscale flexible, juste et équitable pour une bonne subsistance.
C’est vrai que cette loi de finances a un caractère social, mais il faut voir quand même le côté des investissements publics qui aura un budget impactant sur le BTP marocain dans les différents secteurs et voir si les objectifs sont accomplis, la dotation est raisonnable en essayant d’optimiser les coûts, réduisant les dérapages budgétaires et mettant des gestionnaires compétents et expérimentés à leurs têtes, surtout ne pas oublier qu’il s’agit de l’argent public. Notre système judiciaire et l’arsenal législatif doivent être en mesure de faire retourner aux arcanes des trésors publics l’argent mal dépensé par les mauvais ordonnateurs pour récupérer la confiance de nos citoyens voire même des instances étrangères.

M. I. : Quelle est votre part du marché relatif au domaine de la construction ?

O. B. H. : En général, le secteur du BTP a passé des moments difficiles. L’année 2017 était certes un peu difficile, mais la loi de fiances 2018 a enregistré un investissement de 195 milliards de dirhams.
Le BTP est un secteur qui occupe une place très importante dans l’économie marocaine; il contribue avec 7% de PIB. D’autant plus que l’année 2018 a été marquée par la signature du 2ème contrat-programme entre l’Etat et les Professionnels. Cela nous emmène à dire que le BTP peut contribuer au PIB à hauteur de 81 milliards de dirhams d’ici 2022 avec une création de 220 000 emplois, jusqu’à arriver à 1 millions ou 1,2 millions de postes d’emploi créés.
En tant que professionnel du secteur du BTP, logiquement la loi de finances a un impact fortement direct sur notre croissance. On aimerait bien des investissements importants de l’Etat puisqu’il est le premier investisseur en BTP au Maroc.
Cette tendance haussière doit se conserver afin de protéger le tissu national des petites, moyennes et grandes entreprises et aussi afin que les entreprises ayant une relation avec le BTP puissent avoir un développement en ingénierie. Avec ces mesures, nous pourrions exporter et s’internationaliser vers d’autres pays par exemple en Afrique, ainsi qu’avoir un fonctionnement managérial important.
Mon opinion, l’Etat doit faire un investissement très important en BTP dans les grands ouvrages. Comme nous disons toujours, quand le BTP marche, tout marche.
Je pense que la politique et le budget accordé au secteur du BTP de la loi de finances 2019 doit être caractérisé par une tendance haussière d’ici 2025. Et on ne doit pas oublier qu’il y a beaucoup de choses à faire au Maroc à travers le BTP.
Comme étant une entreprise de coffrage et d’échafaudage, nous travaillons avec les entreprises mandatées de réaliser les grands marchés, notamment la construction des hôpitaux, des universités, des gares ferroviaires, des barrages… Par conséquent n’importe quel changement dans le volet de BTP de la loi de finances 2019 peut avoir un effet négatif sur notre croissance, notre stratégie et notre entreprise. Alquisur est très dynamique et en train de créer des postes d’emploi grâce aux investissements dans les grands chantiers de l’Etat.
Cette tendance sociale est assez importante pour notre tissu et notre subsistance et bien sûr le Maroc a besoin beaucoup d’infrastructures et de grands chantiers. D’autant plus qu’il nous faut beaucoup d’années afin qu’on soit dans les standards internationaux.

M. I. : Quelles sont vos ambitions par rapport à l’année 2019 ?

O. B. H. : Alquisur, spécialisée en matière de coffrage et échafaudages, que je représente, porte des ambitions importantes puisque nous accompagnons toutes les entreprises de construction que ce soit dans des travaux publics ou dans le bâtiment en leur améliorant des solutions de coffrage et d’échafaudage, le savoir-faire, l’ingénierie, l’optimisation des coûts et les délais de temps.
Alquisur réalise de grands investissements dans le capital humain à travers la création d’autres postes d’emploi et également dans les nouvelles installations qui seront inaugurées au long de l’année 2019.
Le secteur du BTP est présent dans tous les secteurs d’activités dont le développement des villes, l’éducation, la santé, l’emploi, l’agriculture, l’eau potable…. Tous ces investissements de l’Etat passent par le BTP.
En effet, l’Etat doit également investir dans le capital humain qui est très important afin d’avoir un citoyen qui puisse accompagner ces grands investissements.

Voir plus d'articles
Charger plus  Innovant
Charger plus  Dossier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi

Association Régionale des Restaurateurs Touristiques Classés du Grand Casablanca-Settat

COMMUNIQUE DE PRESSE  Le Président de l’Association Régionale des Restaurateurs Touri…