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La GIZ concrétise le PAREMA sur le terrain en Allemagne

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Le chemin de la concrétisation du Partenariat énergétique Maroco-Allemand (PAREMA) pour atteindre un objectif essentiel, celui d’accroitre la coopération dans les domaines des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et des réseaux électriques, entre le Maroc et l’Allemagne, est jalonné aujourd’hui par un voyage d’étude à Düsseldorf, organisé par PAREMA, du 1er au 6 mars 2020, à travers plusieurs villes allemandes, dans le but de permettre aux journalistes marocains et tunisiens de visiter des sites et d’échanger sur des thèmes ayant rapport essentiellement avec la transition énergétique en Allemagne.
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Un ensemble de visites et de déplacements vers des sites précis constituant un itinéraire répondant lui-même à cette thématique relative à l’évolution de la transition énergétique opérée en Allemagne : Il s’agit en effet de visites à la centrale au gaz naturel de Fortuna, une centrale à turbine gaz-vapeur la plus performante au monde, sise Auf der Lausward 75 à Düsseldorf ; au Complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui est aujourd’hui un monument emblématique de la culture industrielleet symbole de la transformation de ce qui était autrefois la plus grande mine de charbon du monde ; à la maison d’édition CORRECTIV, sise Akazienallee 8-10, à ESSEN, avec Bloomberg, Clean Energy Wire et Correctiv ; à la « ville solaire » de recherche et d’innovation, wissenschaftspark de Gelsenkirchen, leader dans l’exportation de technologies énergétiques de demain ; au centre de compétences sur l’hydrogène H2Herten ; et au Parc éolien citoyen sis Burgerwindpark A31 Hohe Mark. Il s’agit de fournisseurs d’énergie renouvelable, de petite et de grande envergure.
Ainsi, sur le site de la Centrale au gaz naturel de Fortuna, une réception a été tenue au profit des journalistes marocains et tunisiens où Mr Rolf Michael Dollase, chargé de la Politique de Communication et du Développement ( Kommunication Politik und Entwicklung) a nuancé le rôle de la centrale au gaz naturel via la production d’électricité et de chaleur ( chauffage urbain) par le processus de cogénération CHP. C’est une centrale à turbine à gaz-vapeur avec une puissance électrique d’environ 595 MW et une efficacité de plus de 61% en termes d’électricité produite. Mr Rolf Michael a parlé de la flexibilité et de l’efficacité pour une meilleure production d’énergie. « Le site de la centrale au gaz est le meilleur site de ce type parmi tous les autres existants en Allemagne, puisque nous sommes très proche du centre où il y a un besoin croissant en chauffage et en énergie. Ainsi, ce site est rentable pour nous et pour la ville », a-t-il précisé.
« Cette centrale est prévue pour durer une trentaine d’année, jusqu’à environ 2045-2046. Nous souhaiterions également pouvoir passer par la suite à l’hydrogène, avant qu’on arrive à la fin du cycle de vie de cette centrale », a-t-il ajouté.

Il est à préciser que cette centrale a coûté 500 millions d’euros en plus des subventions accordées selon la législation relative à la transition énergétique tout en réalisant un chiffre d’affaires de deux millions d’euro par an. Cependant « ces subventions se termineront à la fin de l’année 2026 », a ajouté Mr Rolf Michael Dollase chargé de la politique de communication et du Développement.

« 2 questions à Rolf Michael Dollase, politique de communication et développement, Stadtwerke Düsseldorf

Magazine Innovant : Quel aperçu pouvez-vous nous donner de la centrale de gaz ? Et quelles sont les perspectives d’avenir de cette centrale ?
Rolf Michael Dollase : Le site de la centrale de gaz est le meilleur site pour une centrale de ce type parmi tous les autres existants en Allemagne, puisque nous sommes très proches du centre où il y a un besoin croissant en chauffage et en énergie. Ainsi, ce site est très rentable pour nous et pour la ville.
Cette centrale est prévue pour durer une trentaine d’années c’est-à-dire jusqu’à environ 2045-2046.
Nous souhaiterions également par la suite pouvoir passer à l’hydrogène, avant qu’on arrive donc à la fin du cycle de vie de cette centrale.

Magazine Innovant : Quel est le montant d’investissement de cette centrale ? Et est-ce qu’il y a des subventions de l’Etat fédéral allemand ?
Rolf Michael Dollase : La centrale a coûté environ 500 millions d’euros et nous avons eu des subventions conformément à la législation sur cette transition énergétique. Ce sont des subventions régulières qui se termineront à la fin de l’année 2026. »

Pour le complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il s’agit plutôt d’un choix intelligible et compréhensible pour cette visite qui n’a pas de rapport avec les énergies renouvelables, mais qui met en exergue la volonté invincible du Gouvernement Allemand d’abandonner définitivement l’énergie fossile et aller vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. S’il s’agit d’un objectif loin d’être réalisable et qui n’est qu’une chimère pour certains pays, il n’en demeure pas moins que l’Allemagne a démontré par des cas concrets que la production de l’électricité et de la chaleur provenant de sources renouvelables est une réalité incontestable et palpable.

La réconciliation entre le respect du climat à travers l’adoption des énergies renouvelables et la satisfaction des besoins socio-économiques est devenue une identité allemande à travers toutes les villes de ce pays de 2000 ans d’existence, composé de forêts, de rivières, de chaines montagneuses et de plages, de 82 millions d’habitants et qui a fait sa résurrection avec succès après la deuxième guerre mondiale, en devenant une puissance économique européenne.
Ce basculement de cette mine de charbon vers un site de culture, d’art, d’évènementiel, de conférence et de toutes les actions propres pour le mind and brain des gens, est révélateur pour la nouvelle tendance économique de l’Allemagne. Comme si l’Allemagne lève le slogan« Ne touche pas à mon environnement ! ».C’est le slogan qu’on peut imaginer sa lecture dans un ciel propre et transparent. CACILIA ISERMANN, le guide de la mine de charbon jette ses visiteurs dans un univers minier légendaire et mythique, en mettant en exergue le patriotisme des milliers de travailleurs défiant la souffrance et la peur pour extraire des charbon dans des conditions que les jeunes d’aujourd’hui ne peuvent même pas imaginer dans leur rêve nocturne ou diurne.
Alors, à travers Cacilia Iserman, un grand hommage peut être rendu à ces gens ayant donné à l’Allemagne plus qu’ils ont reçu.
Ils y étaient 600 000 ouvriers travaillant jour et nui, durant 135 ans pour extraire environ 240 millions de tonnes de charbon.
L’itinéraire de la transition énergétique en Allemagne ne s’arrête pas là, puisqu’il y aura lieu d’un rapprochement entre les journalistes et la nouvelle génération de chercheurs, que l’on peut considérer en tant que grand militants de l’environnement et du climat, à travers la recherche scientifique reconvertie en science appliquée dans le domaine des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Ces chercheurs ne naviguent pas seuls dans cet univers de l’énergie propre, puisqu’ils sont côtoyés et contrôlés par des journalistes chevronnés, intègres et autonomes qui sont les représentants de la société civile. Les journalistes de Bloomberg, de Clean Energy Wire et Correctiv ont présenté à leurs homologues journalistes marocains et tunisiens leur expérience dans la presse relative à la transition énergétique, à travers une nouvelle approche du journalisme basée sur la rédaction mobile, l’investigation, la collecte des informations fournies par les personnes concernées. Ce sont des journalistes prônant la nouvelle tendance du journalisme en encourageant le débat et la critique constructive. Des militants du changement climatique, ces journalistes considèrent que la transition énergétique est une fatalité. Un débat fructueux, riche et diversifié a eu lieu dans le siège de la rédaction qui est aussi une maison d’édition.
La matière relative au climat et aux énergies renouvelables à écrire par les journalistes peuvent provenir certes des phénomènes naturels liés aux aléas climatiques, des incidents industriels liés à la pollution, mais aussi de la recherche scientifique conduisant à la production de l’énergie propre qui conserve l’environnement et fait face aux changements climatiques.
Qui peut imaginer que l’on peut créer « une ville solaire » ? Et bien les chercheurs scientifiques allemands ont réussi à concevoir, configurer et à créer une « ville solaire » sur les décombres de l’industrie du charbon, à Gelsenkirchen qui est un port fluvial allemand de 257 994 habitants situé dans le bassin de la Ruhr dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, près de Dortmund et de la frontière néerlandaise.
Connue par son industrie de charbon autrefois, cette ville est devenue une cité solaire, sans feu,selon Mme Sabine Von der Beck, chargée des relations publiques. L’idée est de faire de cet espace urbain une ville solaire, à travers la mise en place d’un parc scientifique solaire où 40 entreprises, les pouvoirs publics, se sont engagées pour créer des quartiers climatiques érigés avec des panneaux solaires, dont l’industrie du verre est fortement présente pour cette transition énergétique. La plupart des fournisseurs de l’industrie du charbon se sont reconvertis en opérateurs du solaire et de l’éolien.
Alors, pour encourager l’adoption des panneaux photovoltaïques sur les toits par les habitants, ce sont 422 maisons dotées de modèles solaires qui ont reçu le prix allemand. Quant aux architectes qui étaient réfractaires à cette initiative, à cause de la laideur que peuvent provoquer les panneaux photovoltaïques sur les toits des maisons, se sont alignés à cette expérience unique et remarquable.
D’autant plus que ces actions ambitieuses pour une ville solaire ont survécu au mouvement de déplacement des citoyens vers l’Allemagne de l’Est et à la législation qualifiée de « contraignante » par Mme Sabine Von der Beck.

 »2 questions à Sabine von der Beck, Directrice Générale, vdB Public Relations Gmbh

Magazine Innovant : Pouvez-vous nous parler de l’organisation et du fonctionnement de ce parc Scientifique?
Sabine von der Beck : Dans ce parc scientifique, ce sont dix salariés qui travaillent sur un projet ici. C’est une équipe de projet qui a du savoir-faire dans les énergies renouvelable. En fait, le parc scientifique est une plateforme qui réunit surtout beaucoup d’acteurs et soutient d’autres projets. Aussi, il y a ici beaucoup d’entreprises qui coopèrent, ce qui rend en fait la structure forte.
Le parc fonctionne sur une superficie de sept hectares et nous avons en fait 10000 m2 de surface de bureaux. Et pour le budget je ne peux pas vous dire puisque je ne sais pas.

M.I. : Encouragez-vous ici dans ce parc scientifique les travaux de recherche des étudiants pour le passage de la théorie à la pratique dans le domaine de l’énergie solaire ?
Sabine von der Beck : Oui la technologie joue un rôle important chez nous. Et nous avons beaucoup de projets et d’événements pour le transfert de la technologie qui est l’idée de cet immeuble avec tous les événements pratiques avec des stagiaires et des chercheurs qui coopèrent. »

La recherche scientifique et l’innovation étaient présentes aussi sur cet itinéraire de la transition énergétique dans un autre site visité par les journalistes qui est le Centre d’application produisant suffisamment de l’hydrogène par électrolyse à partir d’électricité éolienne pour couvrir sa propre consommation d’électricité et d’hydrogène.
En effet, le centre de compétence à l’hydrogène h2herten situé à Herten est un centre de démonstration pour la production d’hydrogène vert. Ce centre transforme l’énergie électrique simulée de l’énergie éolienne en hydrogène et contribue au développement d’un système de production d’hydrogène vert.
Une voiture a été alimentée en hydrogène devant les journalistes en introduisant une carte dans la station de pompage. Le plein se fait dans le réservoir de cette voiture avec 25 kg d’hydrogène qui peut parcourir 500 km.
« L’objectif est que notre propre énergie appartient à 100% à la ville, une ville d’hydrogène avec 0 carbone d’ici 2050 », a souligné Dr Babette Nieder, PDG du Centre de compétence à l’hydrogène H2Herten.
L’hydrogène est utilisé dans la mobilité urbaine (vélo, bus, voiture, etc), l’industrie, la santé, etc. Il existe 580 voitures à hydrogène et 82 stations d’hydrogène.

 »Questions à Dr. Babette Nieder, Directrice Générale du Centre de l’Hydrogène à Herten (Rhénanie-du-Nord-Westphalie)

Magazine Innovant : Pouvez-vous nous dire davantage à propos de ce centre de l’hydrogène qui transforme l’énergie éolienne en hydrogène pour le stocker ?
Babette Nieder : c’est le centre technologique H2 de Herten. La ville de Herten est propriétaire de ce centre dont l’objectif est d’accueillir des entreprises dans le domaine de l’hydrogène et des énergies renouvelable et de montrer qu’on peut faire fonctionner un centre technologique uniquement à base de l’électricité propre. Alors, nous le faisons ici à travers l’hydrogène, tout en créant quatre-vingts postes d’emplois. Nous avons des chercheurs provenant entre autre de l’université et du centre énergétique et nous avons ici bien sûr aussi des entreprises qui sont spécialisées dans cette technologie.
Donc, l’objectif de ce système qui a été subventionné par l’union européenne, l’Etat fédérale, et la région Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est d’avoir peut être un centre de démonstration où des centres de recherches et des entreprises pouvant venir faire les tests. ar ailleurs,nous avons aussi à Ewaldune station d’hydrogène, puisque l’hydrogène peut donc servir à la fois pour décarboniser la chaleur et l’électricité, mais aussi pour décarboniser la mobilité. Donc nous avons une station d’hydrogène qui s’appelle H2 mobilité et des stations d’hydrogène installées à travers l’Allemagne.
On s’est intéressé à l’hydrogène puisque historiquement le charbon était le moyen à travers duquel on a produit de l’hydrogène pour l’industrie. Et aussi quand on a utilisé le gaz, la première fois, dans les villes, il était à partir du charbon qui contenait beaucoup d’hydrogène. Donc, nous avons certes dans la région des compétences énergétique que nous voulons réutiliser,mais sauf que nous passons de l’énergie de 19ème siècle qui est le charbon à l’énergie de 21ème siècle qui est l’hydrogène.

M.I. :vous avez parlé toute à l’heure de la démonstration que vous faites ici dans ce centre et aussi des stimulations au profit des entreprises. A l’échelle internationale, comment des entreprises et des établissements publics peuvent bénéficier de ces prestations du centre d’hydrogène H2 de Herten ?
B.N. : Alors, avec la façon la plus simple qui est de nous contacter directement, dans la ville de Herten. Et comme ça, vous pouvez arriver directement ici au centre d’hydrogène.
Notre Centre est connu au niveau de notre Région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la ville de Herten qui est l’une des 19 villes pilotes en Allemagne avec le ministère de l’environnement pour atteindre la neutralité carbone.

M.I. : Peut-on parler d’un mix énergétique pour le cas de l’hydrogène?
B.N. : Alors, l’hydrogène est pour moi la pièce manquante, si vous voulez faire vraiment la solution totale aussi bien pour l’industrie, pour les bâtiments,pour la chaleur que pour la fourniture de l’électricité. Sans hydrogène,nous n’arriverons pas à mon avis à avoir un monde avec neutralité de carbone.

M.I. : Au-delà de la mobilité, à quoi sert l’hydrogène ?
B.N. : Alors, l’hydrogène possède cette capacité de pouvoir aussi servir comme remplaçant des hydrocarbures, c’est-à-dire du pétrole, du charbon, ou du gaz naturel. Aujourd’hui,nous sommes aussi ici une grande région de chimie ; nous pouvons travailler sous le remplacement du gaz naturel par l’hydrogène ; donc je crois que vraiment l’hydrogène est la clé si nous ne voulons pas faire un pas en arrière, chacun dans sa ferme et si nous voulons continuer à produire du matériel par exemple le plastique pour la médecine etc.…
Nous pouvons faire toujours de la chimie organique à travers de l’hydrogène. »

Au-delà de l’énergie solaire et de l’hydrogène, la politique énergétique allemande s’est beaucoup focalisée sur l’énergie éolienne.
Puisque, la part de l’éolien dans la production d’électricité en Allemagne s’élève à 26 % en 2019.
En 2018, l’Allemagne se place au 1er rang européen pour la production d’électricité éolienne, au 3e rang avec 8,8 % de la production mondiale et 10,1 % de la puissance totale, derrière la Chine et les États-Unis, et au 2e rang pour les éoliennes offshore, avec des éoliens sur la mer (27,6 % du total mondial) derrière le Royaume-Uni.

En effet, le parc éolien de l’Allemagne est de 59 560 MW de puissance installée fin 2018, dont 53 180 MW à terre et 6 380 MW en mer.
Cependant, les nouvelles installations de 2019 se sont élevées à 2 189 MW, en recul de 35 %, dont 1 078 MW à terre et 1 111 MW en mer, portant la puissance installée éolienne à 61 357 MW.
En 2018, il existe en Allemagne 4 486 parcs éoliens totalisant 56 132 MW.
Ce park éolien citoyen visité par le groupe des journalistes marocains et tunisiens, illustre la volonté des coopératives, des citoyens et des entreprises d’investir dans la production d’électricité éolienne avec 5 millions d’euro, à travers des rémunérations et des subventions sur 20 ans. Le parc éolien citoyen génère des bénéfices qui peuvent atteindre 300%, avec l’intention de vendre l’énergie au marché boursier. Construit en 2004, ce parc compte déjà après dix ans d’existence 31 stations. Une production d’énergie de 3000 MW pour l’électricité, 5000 pour le chauffage et 5000 pour la mobilité.
Un cas concret d’un parc éolien qui porte le défi et remporte le succès contre l’énergie fossile devenue incompatible avec une zone agricole à 100%.
Ce sont des projets-là qui garantissent un climat sain for better health und für ein langes Leben.
Il est à rappeler que le partenariat énergétique maroco-allemand (PAREMA) puise sa force dans le soutien à la fois du Ministère de l’énergie, des Mines et de l’Environnement du Maroc et du Ministère Fédéral de l’Economie et de l’Energie de l’Allemagne. Ce partenariat se concrétise wirklich à travers des visites sur le terrain pour un partage de savoir et d’échanges communicationnels.
Au niveau du Maroc, ces échanges et ces communications sont devenus un rituel, grâce à la volonté du Ministre, Mr Aziz Rabbah, afin de donner à ce partenariat le cachet de la vraie coopération énergétique, maroco-allemand. Au niveau Allemand, c’est tout un effort louable que la GIZ effectue et réalise pour que ce partenariat énergétique aboutisse et connait le der grobe erfolg.

 

Questions à Yasmine Boutaib, Conseillère technique au Secrétariat du Partenariat Energétique Maroco-Allemand (PAREMA)

Magazine Innovant : Quel rôle joue la GIZ dans le renforcement de la coopération énergétique entre le Maroc et l’Allemagne ?
Yasmine Boutaib : Le Partenariat Énergétique Maroco-Allemand (PAREMA) a été créé en 2012 avec la signature d’une déclaration d’intention commune au niveau ministériel et reconduit en 2016.
Partant du fait que l’Allemagne et le Maroc sont des leaders de la transition énergétique sur leurs continents respectifs. En effet,le Maroc possède un énorme potentiel en énergies renouvelables, en particulier dans les domaines du solaire et de l’éolien. De par sa proximité géographique et ses interconnexions électriques avec l’Europe, le Maroc pourrait être intégré dans le marché de l’électricité européen et permettre ainsi un échange mutuellement avantageux d’énergie durable sur le long terme.
PAREMA est donc la plateforme centrale du dialogue institutionnalisé sur la politique énergétique entre l’Allemagne et le Maroc. Il vise à faire avancer la transition énergétique, en particulier en soutenant les efforts marocains dans ce domaine.
Ainsi, les deux pays s’accordent pour œuvrer ensemble vers un avenir énergétique durable et essentiellement renouvelable à l’horizon 2050.
L’échange et le travail de PAREMA se focalisent notamment sur les thèmes suivants : production d’énergie en favorisant les EnR, développement du réseau et des interconnexions, stabilisation du réseau et intégration des marchés électriques, Power-to-X, participation des acteurs économiques, et renforcement de l’efficacité énergétique.
Un secrétariat permanent opère depuis le MEMDD avec l’appui de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, dans le cadre du projet global de soutien aux Partenariats Énergétiques de la République fédérale d´Allemagne. Le secrétariat soutient la gestion du partenariat énergétique et joue le rôle d’interlocuteur pour tous les acteurs intéressés.

M.I. : Quel est l’objectif de ce voyage d’étude effectué par les journalistes marocains à des sites énergétiques en Allemagne ?
Y.B. : Dans les contextes de transitions énergétiques, les journalistes apparaissent de plus en plus comme investis d’une mission de diffusion et de sensibilisation au champ des connaissances énergétiques. En effet, á travers le niveau et l’ampleur de l’information sur les projets énergétiques, abordée dans leurs supports médiatiques respectifs, les journalistes façonnent la trajectoire et la vitesse de cette transition. Ils peuvent ainsi influencer les perceptions des citoyens à l’égard d’une transition énergétique nationale, qui, à son tour, demeure dépendante du soutien public à l’égard de ses projets.
Reconnaissant ce rôle important dans la transmission, et sa contribution á la prise de décision éclairée parmi les choix énergétiques des citoyens, le Partenariat énergétique maroco-allemand (PAREMA) a organisé du 1er au 6 mars 2020 un voyage d’étude au profit des journalistes marocain-e-s, intéressé-e-s par les thématiques de l’énergie.
L’objectif étant de placer les journalistes dans une posture de « troisième homme » (au sens de Moles &Oulif 1967), en les amenant sur le terrain du savoir profane, des technologies mises á l’œuvre et du débat á la rencontre de praticiens. Soutenant ainsi des intercesseurs capables de dépasser toute rétention du savoir autour de la transition énergétique.

M.I.: Quels sont les critères qui ont permis de sélectionner les sites énergétiques à visiter par les journalistes ? Et quel en est le point commun ?
Y.B. : A vrai dire, la destination choisie pour cette mission, en l’occurrence : la région de la Ruhr et Düsseldorf en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ne doit rien au hasard. Puisque c’est là que sont produits 30% des besoins en électricité d’Allemagne. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie représente un centre névralgique pour les fournisseurs d’énergie opérant à l’échelle internationale, les grandes entreprises à la production énergivore, les constructeurs de centrales électriques, de renom, ainsi qu’un nombre important de développeurs, de prestataires et d’utilisateurs de technologies et de services résolument innovants.
Afin d’offrir aux journalistes une vue d’ensemble aussi complète que possible de l’hétérogénéité des acteurs et des approches, qui caractérisent la transition énergétique en Allemagne, les visites organisées ont abordé différents thèmes liés à la transition énergétique, notamment, la production d’électricité et de chaleur, la transformation structurelle, la recherche et l’innovation, ainsi que la production d’énergie renouvelable à petite et à grande échelle. Deux aspects parlant de cette transition énergétique apparaissent á travers ce voyage: d’une part la thématique des villes marquées par le déclin de l’industrie du charbon et de l’acier et qui ont fait le pari de s’ouvrir aujourd’hui à de nouvelles perspectives renouvelables, á l’image du complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein et la ville de Gelsenkirchen. D’autre part, la transition énergétique citoyenne qui se fait essentiellement par les communes, à l’instar du parc éolien de la municipalité de Heiden et du centre de production d’hydrogène à Herten.

Dossier préparé par Jamal KORCH, directeur de la Publication du Magazine Innovant
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