AccueilActualités du Maroc et du MondeL’agriculture, sous les effets néfastes des changements climatiques ( Partie 1)

L’agriculture, sous les effets néfastes des changements climatiques ( Partie 1)

Le Maroc est en état de souffrance sous les effets néfastes des changements climatiques dus aux spécificités de sa position géographique et à la diversité de ses écosystèmes. Cependant, le Maroc a très tôt pris conscience de cette situation périlleuse tout en se conformant aux mesures entreprises à l’échelle internationale, dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).

Malgré la sécheresse chronique, l’agriculture est prioritaire au Maroc : pourquoi ?

Malgré cette situation catastrophique dont le Maroc fait face à cause de la pénurie d’eau et à cause de la sécheresse chronique, l’activité agricole continue à être considérée comme étant l’un des piliers de l’économie marocaine. D’autant plus que l’agriculture marocaine a connu une nette évolution et un progrès remarquable en termes de modernisation et de diversification, durant les dernières cinquante années. Il faut le dire clairement, c’est grâce à la politique et la stratégie agricoles adoptées par le Royaume du Maroc que la méchanceté de la nature, notamment la sécheresse, n’a pas pu affaiblir le domaine de la nourriture.

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Un grand pays, le Maroc, puisqu’il crée des postes d’emplois et en même temps les conserve dans ce secteur producteur par excellence de la nourriture pour les Marocains ! Avec quatre millions d’emplois, le secteur agricole est ainsi l’un des principaux secteurs d’activité au niveau national. En plus, la population rurale est d’ailleurs estimée à 18 millions de personnes, ce qui représente 49% de l’ensemble des ménages au niveau national.

La contribution de l’agriculture dans l’économie nationale est considérable avec 74 milliards de dirhams, ce qui correspond à 14% du Produit intérieur brut (PIB). Malgré des cycles de sécheresse répétés, le PIB agricole a plus que doublé depuis les années 60. Quid de ces six dernières années consécutives de sécheresse, jusqu’à 2023-2024 ?

Le Maroc a également amélioré son autosuffisance concernant certaines denrées alimentaires, dans un contexte marqué par une intégration grandissante du marché international. Le Royaume assure ainsi 100% de ses besoins en viandes, fruits et légumes ; 82% de ses besoins en lait, 50% de ses besoins en sucre, 60% de ses besoins en céréales et 20% de ses besoins en huile. Les statistiques sont flottantes, à cause du déséquilibre climatique.

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A l’international, les importations agricoles représentent entre 14 et 24% des importations globales. Quant aux exportations agricoles, elles représentent entre 15 et 21% des exportations globales. Cependant, le gouvernement a pris la décision de suspendre l’exportation de certains produits agricole d’une grande nécessité, notamment la tomate qui est très demandée durant le mois sacré de ramadan.

Le Maroc a connu un grand dynamisme dans le secteur des exportations, surtout en 2019 et les années d’avant, puisqu’il y avait un grand effort louable déployé par l’AMDIE. Ce dynamisme a permis au Maroc de se positionner parmi les premiers exportateurs mondiaux des produits agricoles.

Le Maroc est placé donc au TOP 5 des exportateurs mondiaux, en ce qui concerne les produits suivants :

Premier exportateur mondial des câpres et d’huile d’argan ; troisième exportateur mondial de conserves d’olives, de petits fruits d’agrumes et quatrième exportateur mondial de tomates. La raison pour laquelle, certains exportateurs ont manifesté leur colère. Mais il ne faut surtout pas manifester cette attitude non patriotique, lorsqu’il s’agit du panier des Marocains pauvres. S’il y a vraiment lieu d’une politique d’exportation, alors il doit concerner les produits industrialisés, loin de l’agriculture et l’agroalimentaire.

Si le Maroc a pu faire face au dérèglement du climat et à la sécheresse, c’est grâce aux stratégies qui étaient bien élaborées en faveur de l’agriculture, notamment Plan Maroc Vert 2008-2018 et Génération Green 2018-2030. Rien n’est laissé au hasard.

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Plan Maroc Vert : une bonne ou mauvaise stratégie ?

Qu’on le veuille ou pas, le PMV, lancé en 2008, avait réalisé des résultats probants et permis au Maroc d’être protégé relativement du manque de nourriture. Il faut savoir que les Marocains préfèrent avoir de la nourriture en abondance. Les Marocains ressentent la honte si leurs plats se vident carrément après les repas. Autrement dit, ils préfèrent qu’il y ait des restes de la nourriture, après les repas. Devant les invités, c’est encore pire ! Il ne faut pas faire des calculs dans les préparatifs des festivités et des cérémonies. Pour dire que la gastronomie marocaine, c’est toute une culture ancestrale ! C’est pour cela que l’agriculture est une priorité nationale.

Alors, « d’une superficie de près de 8,7 millions d’hectares, la superficie agricole utilisée (SAU) est forte d’une richesse en systèmes agro-climatiques lui permettant de produire une très large gamme de produits agricoles. L’importance de la superficie des céréales (65% de la SAU) ainsi que la jachère (terre non cultivée temporairement pour permettre la reconstitution de la fertilité du sol) (10% de la SAU), témoignent des énormes possibilités d’intensification et de reconversion. »

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Seulement la politique agricole de l’Etat considère que la dominance de la SAU par les céréales rend l’agriculture faiblement diversifiée et par conséquent, plus vulnérable aux aléas climatiques avec toutes ses conséquences sur la variabilité de la production et la croissance du secteur.

Pour changer cette situation, le Plan Maroc Vert avait prévu un ambitieux programme de reconversion des terres vers des utilisations plus valorisantes, notamment l’arboriculture fruitière et les plantations pastorales. Bien sûr, ce programme a engendré un effet pervers, puisqu’il a été élaboré au détriment des céréales. Il faut savoir que les Marocains sont amoureux du pain. La consommation du pain au Maroc est excessive voire exorbitante, faisant ainsi partie de la culture gastronomique marocaine. D’où la culture du blé comme étant la céréale la plus importante dans ce pays parmi les sept céréales existantes, notamment le blé, l’orge, le maïs, le mil, l’avoine, le riz, le seigle et le sorgho.

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Il est à préciser que grâce à une stratégie nationale agricole bien élaborée, le secteur agricole contribue à hauteur de 19% du PIB national, partagé entre agriculture (15%) et agro-industrie (4%). Ce secteur emploie plus de 4 millions de personnes dont environ 100 000 dans l'agro-industrie.
Ainsi, le Plan Maroc Vert (PMV), qui a été mis en place en 2008 par le ministère de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, « visait à consolider les succès acquis et à répondre aux nouveaux défis du Maroc en matière de compétitivité et d'ouverture des marchés. » Si le Maroc est devenu très fort dans l’exportation des légumes et fruits, il n’en demeure pas moins que le marché national de ces denrées accuse un déséquilibre entre l’offre et la demande et aussi des prix élevés.  

Le Plan Maroc Vert a été élaboré pour rendre l'agriculture le principal moteur de croissance de l’économie nationale dans les 10 à 15 prochaines années. Ceci avec des retombées importantes en termes de croissance du PIB, de création d’emplois, d’exportation et de lutte contre la pauvreté.

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Dans sa publication intitulée : « Le Plan Maroc Vert : bilan et impact, 2008-2018 », le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts déclare : « l’agriculture marocaine s’est activement inscrite dans la politique de lutte contre les effets du Changement Climatique du pays et a fait de la durabilité une priorité. Placés au cœur de la stratégie d’adaptation, la maitrise de l’eau d’irrigation, sa rationalisation et sa valorisation ont été érigé en priorité. Les programmes structurants d’aménagements hydroagricoles ont permis d’atteindre 40% de superficie totale irriguée équipée en irrigation localisée mais également d’économiser et de valoriser plus de 2 milliards de m3 d’eau d’irrigation annuellement tout en contribuant à l’amélioration de la productivité agricole, à la diversification des assolements et à l’augmentation des revenus des agriculteurs. »

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Génération Green 2018-2030 : nouvelle stratégie inscrite dans la continuité

La nouvelle stratégie relative au secteur agricole, appelée « Génération Green 2018-2030 » est reliée à d’autres programmes, s’inscrivant ainsi dans la continuité, notamment le programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, le programme intégré d’appui et de financement des entreprises et la feuille de route pour le développement de la formation professionnelle.

(Suite dans la partie 2)

Meryem KORCH
Meryem KORCHhttps://www.innovantmagazine.ma
Journaliste Innovant Magazine

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