La résilience éducative constitue un levier stratégique pour réussir la transformation engagée par la Vision stratégique 2015-2030 et la loi-cadre 51.17, selon un rapport présenté mardi 24 février à Rabat par le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS).
Intitulée « Résilience du système éducatif marocain : garantir le droit à la continuité pédagogique et à la qualité des apprentissages en temps de crise – enseignement scolaire », cette étude a été réalisée par la commission permanente des curricula, programmes, formations et outils didactiques du Conseil. Elle met en avant l’idée que la résilience éducative n’est pas un simple concept technique, mais un choix stratégique visant à bâtir une école capable de protéger les élèves en période de crise tout en préparant les transformations de demain.
Analyser, anticiper et transformer
L’étude analyse les capacités de résilience mobilisées par le système éducatif marocain face aux crises récentes, ainsi que leurs effets sur la continuité pédagogique, l’équité et la soutenabilité du droit à l’éducation. Elle identifie également des pratiques inspirantes, à l’échelle nationale et internationale, et formule des recommandations stratégiques pour renforcer durablement la capacité du système à anticiper, absorber et transformer les chocs futurs.
Présentant les conclusions du rapport, la présidente de la commission, Amina Lemrini El Ouahabi, a indiqué que les recommandations s’articulent autour de trois exigences majeures : sécuriser les apprentissages et les parcours des élèves, renforcer les capacités institutionnelles et engager une transformation durable du système face aux crises récurrentes.
Le rapport met en lumière plusieurs leviers structurants, notamment la gouvernance stratégique, la capitalisation et la mémoire éducative, la valorisation des données et de l’information, ainsi que le renforcement de la recherche et de l’expertise.
Priorités pour éviter les retards cumulés
Afin d’éviter que les interruptions scolaires ne génèrent des retards compromettant les parcours éducatifs, l’étude recommande un recentrage sur les apprentissages fondamentaux, la mise en place de plans de remédiation ciblés, le renforcement du soutien psychosocial, la prévention du décrochage scolaire et un accompagnement accru des enseignants en situation de crise.
Elle plaide également pour inscrire la résilience au cœur du modèle éducatif, à travers une transformation curriculaire, le développement structuré de l’enseignement hybride, la territorialisation de la gouvernance et la modernisation des infrastructures.
Mme Lemrini a souligné que le système éducatif marocain a démontré plusieurs atouts lors des crises récentes, notamment une transition rapide vers de nouveaux modes d’apprentissage, une forte mobilisation des acteurs, l’adaptation des programmes et la mise en place de dispositifs de soutien scolaire, psychologique et social.
Des fragilités à corriger
L’étude relève toutefois des fragilités persistantes, notamment un manque d’anticipation institutionnelle, des curricula peu flexibles, un déficit dans la formation des enseignants et une efficacité limitée des dispositifs de soutien.
Pour sa part, le secrétaire général du Conseil, Fouad Chafiki, a indiqué que les conclusions du rapport ont été partagées avec les principaux acteurs du secteur, les parents d’élèves et les différentes composantes de la société marocaine. Il a rappelé que le Maroc, à l’instar de nombreux pays, a connu des crises ayant entraîné des interruptions forcées des cours, susceptibles d’affecter les apprenants si la continuité pédagogique n’est pas garantie.
Il a enfin insisté sur le fait que lorsque les études se poursuivent sous des formes alternatives, leur qualité ne doit en aucun cas être inférieure à celle assurée en présentiel.
