Rabat confirme son positionnement de hub régional de l'énergie. Le Royaume a accueilli, le 23 juillet à l'hôtel Fairmont Rabat, l'Assemblée générale constitutive de l'Union Arabe de l'Énergie et des Mines (AUEM), une nouvelle organisation indépendante destinée à renforcer la coopération entre les pays arabes dans les secteurs stratégiques de l'énergie, des ressources minières et de la transition énergétique.
Réunissant des responsables, experts, investisseurs et représentants du secteur privé issus de plusieurs pays arabes, cette rencontre fondatrice, initiée par United Petroleum, marque le lancement officiel d'une plateforme de coopération régionale appelée à coordonner les initiatives et à favoriser les partenariats dans des domaines devenus essentiels à la souveraineté économique des États.
Une réponse aux nouveaux défis énergétiques
La création de l'AUEM intervient dans un contexte de profondes mutations géopolitiques et économiques où la sécurité énergétique, les minerais critiques et la transition vers des énergies bas carbone occupent une place centrale.
Malgré des réserves considérables en pétrole, en gaz et en ressources minières, ainsi qu'un fort potentiel en énergies renouvelables, les pays arabes restent confrontés à un déficit de coordination régionale. L'Union entend combler cette lacune en proposant un cadre institutionnel dédié au dialogue, à l'investissement et au développement de projets communs.
Une feuille de route ambitieuse à l'horizon 2030
À l'occasion de cette Assemblée générale, les membres fondateurs ont officiellement annoncé la création de l'Union, présenté son comité constitutif ainsi que sa feuille de route stratégique pour la période 2026-2030.
Parmi les priorités affichées figurent :
- le renforcement de l'intégration économique arabe dans les secteurs de l'énergie et des mines ;
- la promotion des investissements régionaux et internationaux ;
- le développement des projets d'énergies renouvelables, d'hydrogène vert et d'efficacité énergétique ;
- la valorisation durable des ressources minières ;
- le soutien à la recherche, à l'innovation, au transfert de technologies et à la diplomatie économique.
L'ambition est de faire de l'énergie et des ressources minières de véritables leviers de développement durable et de compétitivité pour les économies arabes.
Le Maroc, un choix stratégique
Le choix du Royaume pour accueillir cette première Assemblée générale n'est pas le fruit du hasard. Les organisateurs mettent en avant plusieurs atouts majeurs : la stabilité politique et institutionnelle du pays, la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en matière de transition énergétique, le leadership marocain dans les projets d'hydrogène vert, l'expertise reconnue dans les secteurs des phosphates et des mines, ainsi que la position géostratégique du Maroc comme trait d'union entre le monde arabe et l'Afrique.
Les infrastructures logistiques du Royaume et son rayonnement diplomatique ont également pesé dans cette décision.
Une gouvernance structurée
L'Union sera dotée d'une architecture institutionnelle comprenant un Conseil supérieur, un Conseil d'administration, un Secrétariat général, un Conseil consultatif international ainsi que plusieurs commissions spécialisées couvrant notamment les hydrocarbures, les mines, les énergies renouvelables, l'investissement, l'innovation et les relations internationales.
L'AUEM prévoit également de développer des partenariats avec plusieurs organisations régionales et internationales, dont la Ligue des États arabes, l'Organisation arabe pour le développement industriel, la normalisation et les mines (AIDSMO), l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP), la Banque islamique de développement, la Banque africaine de développement ainsi que des universités, centres de recherche et grandes entreprises du secteur.
Le Maroc élu à la présidence de l'Union
Moment fort de cette Assemblée constitutive, les membres fondateurs ont élu à l'unanimité le Royaume du Maroc à la présidence de l'Union Arabe de l'Énergie et des Mines, consacrant ainsi le rôle croissant du Royaume dans les politiques énergétiques régionales.
Le président de l'Union, Salah Eddine El Badri, a souligné que cette initiative est le résultat de longues consultations entre les acteurs économiques arabes. « Le Royaume du Maroc accueille aujourd'hui la réunion constitutive de l'Union Arabe de l'Énergie et des Mines… Les travaux ont abouti, à l'unanimité, à l'élection du Royaume du Maroc à la présidence de l'Union », a-t-il déclaré.
Une nouvelle dynamique pour le monde arabe
Au-delà de sa dimension institutionnelle, la création de l'AUEM traduit la volonté des acteurs arabes de renforcer leur intégration économique face aux défis mondiaux liés à l'énergie, aux minerais stratégiques et à la transition écologique.
En choisissant Rabat comme point de départ de cette nouvelle organisation, les pays fondateurs envoient un signal fort quant au rôle que le Maroc entend jouer dans la construction d'une coopération arabe plus intégrée, tournée vers l'investissement, l'innovation et le développement durable.
