Accueil BTP , l'éclaireur de l'économie Les architectes du Maroc, Sénégal et du Cameroun ont vidé leur cœur au CROAC

Les architectes du Maroc, Sénégal et du Cameroun ont vidé leur cœur au CROAC

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Le Conseil Régional de l’Ordre des architectes du Centre a organisé une réunion tripartite avec l’Ordre des architectes Sénégalais et camerounais, à son siège à Casablanca, le jeudi 24 Octobre 2019, afin de nouer des partenariats et de s’enquérir de la profession. Des interventions de part et d’autres ont enrichi la rencontre en termes de partage de connaissances relatives à la profession d’architecte et à son organisation.

Le conseil régional de l’ordre des architectes du Centre, présidé par Karim SBAI, manifeste, encore une fois, son dynamisme et ses ambitions, afin que l’architecture marocaine rayonne à l’international et en particulier sur l’Afrique, à travers le partage et l’échange des connaissances entre les différents ordres d’architectes de l’Afrique subsaharienne, notamment les architectes sénégalais et camerounais.
Cette rencontre a été inaugurée par l’intervention de Karim SBAI qui a souhaité la bienvenue aux délégations, sénégalaise et camerounaise.
« Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’échange entre les différentes délégations d’ordre des architectes présentes, du Sénégal, du Cameroun et bien entendu du Maroc. Nous souhaitons à travers cette rencontre, tisser des liens de coopération professionnelle et d’échanges, en vue de conclure éventuellement des conventions, s’elles peuvent y avoir lieu. Sachant que l’Ordre des architectes du Centre avait déjà conclu plusieurs conventions, notamment avec les Italiens, de manière à ce que nous puissions profiter des expériences des uns et des autres. Maintenant, nous allons faire le tour de table pour se présenter », a annoncé le Président du Conseil régional de l’ordre des architectes du Centre, Karim SBAI.
Ainsi, les différents architectes et membres de l’ordre des architectes du Sénégal et du Cameroun ont été présentés respectivement tout en précisant leurs activités et parfois leurs parcours de formation et d’expérience.
En ce qui concerne les architectes marocains, la parole a été donnée à ceux qui prennent en charge les commissions du conseil régional de l’ordre des architectes du Centre pour exposer leurs missions respectives. Ces commissions à rappeler, elles sont de nombre de huit. Mais, juste cinq commissions se sont présentées lors de cette rencontre.
– Commission – Architectes du Secteur Public
– Commission – Relations avec la Région
– Commission – Accompagnement des Jeunes & Formations
– Commission – Culture & Patrimoine
– Commission – Finances & Social
– Commission – Juridique
– Commission – Litiges & Médiation
– Commission – Communication
Ensuite, la parole a été donnée au Secrétaire Général de l’Ordre National des Architectes du Sénégal, Cheikh Sadibou DIOP : « C’est à moi que revient l’insigne honneur de vous transmettre au nom de toute la délégation que je dirige, nos vifs remerciements pour l’attention particulière que vous manifestez à notre égard. Nous manifestons le désir de toujours le dire encore plus haut :nous vous remercions sincèrement d’avoir pensé à nous recevoir ». Il a ajouté que depuis 30 ans le Sénégal a mis sur pied une école d’architecture. Parce que selon lui, on ne peut pas construire un pays sans avoir formé les constructeurs. « Et depuis un certain temps, c’est cette école qui a accueilli beaucoup de marocains fait de cette rencontre là un élément de proximité entre les deux pays », a-t-il précisé.
Ensuite, SBAI Karim a repris la parole pour présenter à ses invités la composition de l’ordre des architectes au Maroc, en disant: «Pour votre information, nous avons un Conseil national et douze Conseils régionaux. Nous sommes à peu près 5000 architectes autorisés à exercer au Maroc avec de plus en plus d’écoles d’architecture dont l’Ecole nationale d’architecture de Rabat et d’autres écoles similaires implantées dans quelques villes du Royaume, en plus de l’Université Internationale de Rabat abritant une école supérieure d’Architecture et de l’Ecole privée d’architecture de Casablanca.
La Secrétaire Générale Adjointe de l’ordre régional des architectes du centre, Mme Loudiyi Nejoua, a pris la parole à son tour en disant : « Nous avons décidé d’adopter un plan d’action. Et pour se faire nous avons constitué cinq commissions, notamment la commission de communication, de Formation et d’Accompagnement des jeunes présidée par Saber Fatima, la commission chargée de la relation avec l’Administration présidée par Ouadi3 El Fatihi, la Commission chargée de la Culture et du Patrimoine présidée par Joumana Abdenebi, la Commission chargée des architectes du Public présidée par Taher Ibrahim et finalement la Commission chargée de la relation avec la Région présidée par 3az El Arab. Chaque commission porte un plan d’action et des axes prioritaires qui vont être expliqués brièvement par ses présidents respectifs. »
Il a été évoqué aussi lors de cette rencontre la contribution des Conseils régionaux en participant à faire des propositions d’amendements concernant des lois et des décrets qui sont en cours d’élaborations ou qui sont en application et qui sont du ressort du Conseil national, par le Vice-président de l’ordre régional des architectes du Centre, Mr Khalid EL KASMI.
Il a ajouté que le décret de passation des marchés est sorti, en 2014, de façon précipité et contenant beaucoup de défaillances. Ce décret oblige toutes les administrations de pouvoir lancer un appel à manifestation pour tous les projets d’un montant de 20 millions de dirhams. Pour des projets dont le montant de réalisation est supérieur à 20 millions de dirhams, ils sont lancés dans le cadre des concours architecturaux.
Pour les taux d’honoraires des architectes, ils sont entre 4 et 5% par rapport à l’estimation du projet. Ces honoraires sont en baisse par rapport à ce que leur a été accordé auparavant, selon toujours les dires de Mr Khalid ELKASMI. Il a ajouté que le taux d’honoraires des architectes n’a pas de limites dans le secteur privé, puisqu’il est frappé par la loi de la concurrence.
Il a été relevé aussi que ce décret qui est derrière la distribution de la commande publique et qui ne fonctionne pas bien, est une source de souffrance pour les architectes, dont certains n’arrivent pas à joindre les deux bouts.
Cependant, le Conseil régional et le conseil national proposent des amendements à ce décret tout en déposant un mémorandum au Secrétariat Général du Gouvernement.
Ensuite, le Secrétaire Général de l’Ordre National des Architectes du Sénégal,Mr Cheikh Sadibou DIOP, a pris la parole en précisant qu’il existait au Sénégal la formation des techniciens spécialisés que ce soit en urbanisme ou en architecture en deux ans. Tandis que la durée de formation des architectes est de six ans. Le marasme des cabinets d’architectes est justifié aujourd’hui par ce manque de formation de techniciens intermédiaires. Dans la chaine de production, avec la disparition de l’école de formation en 1991, il y a l’idée aujourd’hui de l’ouvrir de nouveau », a-t-il précisé. D’autant plus qu’il n’était admis dans cette école que cinq étudiants sénégalais avec une quarantaine ou cinquantaine étudiants étrangers, chaque année, selon les dires de Mr Cheikh Sadibou DIOP qui dirige la délégation des architectes sénégalais.
« Au point de vue de la profession à proprement parler, je vais commencer par l’instruction des dossiers d’architecture. On a eu en 1996 au Sénégal, ce qu’on appelait la politique de décentralisation avec des compétences transférées, parmi lesquelles, le devoir d’instaurer les dossiers de demande de permis de construire. Alors, parmi ces compétences transférées, il y a eu des communes et les services régionaux de l’urbanisme qui devaient instaurer les dossiers. Mais, sur le plan technique, l’Etat n’est pas bien préparé, puisqu’il lui manque les ressources humaines. » Il a ajouté qu’à un certain moment, il y avait uniquement quatre agents qui s’occupaient de l’instruction de 600 dossiers qui tombaient par semaine dans toute la région de Dakar. Cela veut dire qu’on déposait un dossier et il fallait attendre six mois, voire même un an pour recevoir une réponse, a-t-il précisé.« Cependant, nous allons avoir une plateforme pour dématérialiser tout ce processus. Mais, il faut former les gens qui vont s’occuper de ce travail» a-t-il ajouté. Il a précisé qu’au Sénégal il n’y a que 200 architectes. Un nombre très insuffisant pour le pays.
Pour ce qui est du contexte global, il est marqué par des textes de lois régissant l’exercice de la profession de l’architecture qui sont obsolètes. Mais, avec la nouvelle tendance qui consiste en la régionalisation de l’exercice du métier et l’avènement de l’UEMOA, la pratique professionnelle a pu être formalisée, selon toujours les dires de Mr Sadibou Diop. Les architectes sénégalais attendent à ce que le recours à l’architecte soit obligatoire quel que soit le montant du projet. Puisque les anciennes dispositions exigent que le recours à l’architecte n’est obligatoire que lorsque la surface du projet dépasse 150m² et son montant est de 30 millions.
Ensuite la parole a été donnée à Mr Louis Désiré Côme Awono, Président de l’Ordre National des Architectes du Cameroun. Selon lui, «La loi de 1990 qui régit les associations au Cameroun, régit aussi la profession de l’Architecte. Donc, l’Ordre est sous la tutelle du Ministère de l’Habitat et du Développement urbaine et compte 300 architectes et bientôt nous aurons 500 ». Les jeunes qui veulent exercer le métier d’architecte, sont appelés à faire un stage de deux ans dans un cabinet d’architecture ayant au moins dix ans d’expérience pour apprendre les textes de lois et le métier sur le terrain. « En fait, nous prenons les normes de l’UAA et de l’UNESCO pour harmoniser le programme de toute école camerounaise. Et à partir de cette année, nous avons institué que les jeunes qui veulent entrer dans l’ordre doivent faire deux années de stage», a-t-il déclaré.
Il a ajouté que l’Ordre se compose d’un Président de l’Assemblée Générale, Mr Aloise Biwole ENGUENE, un président du Conseil de l’ordre, Mr Louis Désiré Awono, quatre vice-présidents selon les régions,d’un Commissaire aux comptes, d’un Secrétaire général, Mr Joseph Georges Christian BIETEKE et d’un Trésorier, Mr Moise WOMETCHA et cinq commissions.
Il est à préciser que nul ne peut exercer la profession d’architecte au Cameroun, s’il n’est pas inscrit préalablement au tableau de l’Ordre. Les inscriptions au tableau sont faites par ordre d’ancienneté. D’autant plus que le tableau est tenu à jour par le Conseil de l’Ordre et régulièrement communiqué à l’autorité de tutelle, aux préfectures, aux parquets des tribunaux et aux mairies.
« Nous avons cinq commissions, notamment la commission de communication qui s’occupe de la création d’une newsletter, du site web et de la page Facebook ; la commission juridique qui s’occupe des textes de lois a établi un texte de loi sur le règlement intérieur. Récemment nous avons sorti un texte sur la déontologie et en chantier nous avons le barème des architectes. Comme vous le savez, nous copions tout de la France, pour le moment. Mais, nous voulons faire un barème local. Nous avons aussi la commission Recherche et Technologie qui est en relation avec le Ministère de la Recherche Scientifique et des Universités. Nous avons la commission Architecture et Urbanisme Durable avec le Ministère de l’Urbanisme et Travaux Publics et enfin nous avons la commission Formation et Coopération », a surenchéri le Président de l’Ordre national des architectes du Cameroun.
Il a ajouté: «Nous avons quatre axes dans notre plan d’action : D’abord, la revalorisation de l’image de l’architecte. Ainsi, nous avons cherché cette fois-ci à avoir un siège visible par tous et avec notre Ministère de tutelle, nous avons acquis un terrain. Parce que nous voulons faire une maison du Bâtiment où se trouvent tous les ordres, notamment l’ordre des architectes, les urbanistes, les ingénieurs du génie civil et tout ce qui a un rapport avec le bâtiment. Ainsi, nous sommes à la recherche des fonds pour construire ce siège.»
Quant au deuxième axe, celui-ci concerne l’amélioration des relations avec les administrations avec qui « nous avons tellement de difficultés et déjà avec notre administration de tutelle », a-t-il nuancé.
Pour le troisième axe, il a précisé que l’ordre a créé dans toutes les mairies des plateformes pour les consultations gratuites en faveur des populations afin de démystifier la profession de l’architecte. Parce que la population camerounaise pense que la profession de l’architecte, c’est seulement pour les riches, selon les dires de Mr le Président de l’Ordre. « Nous avons commencé avec les portes ouvertes. Et nous poursuivons avec les consultations», a-t-il précisé.
« Je profite de l’occasion pour annoncer un symposium que nous allons organiser du 27 au 30 Novembre. Et je fais appel au Président de l’Ordre national des architectes du Maroc et au Secrétaire Général de l’Ordre national des architectes du Sénégal de transmettre cette nouvelle à son Président, parce que nous avons besoin des conférenciers sur le patrimoine. Le thème du symposium international qui sera patronné par le Président de l’Etat, Mr Paul Biya est : ‘’ Patrimoine architectural et Modernisation des Villes Camerounaises : Vecteur du développement économique’’.Nous avons déjà quelques conférenciers qui vont venir, notamment un Tunisien, un Italien, un Allemand, un Belge, un Français ; nous espérons avoir un Marocain et un Sénégalais. C’est dommage que le délai soit si rapproché. Mais, je pense quand même que le Maroc dispose déjà d’une commission Culture et Patrimoine. Le patrimoine est très apprécié au Maroc. Et nous avons effectivement besoin de connaitre ses expériences, en matière du patrimoine architectural. C’est une invitation donc que je lance solennellement pour avoir cette collaboration qu’on a commencée aujourd’hui », a précisé Mr Louis Désiré Awono.
Pour ce qui est du quatrième et dernier axe, il s’agit de la formation des architectes. « Nous avons une formation continue et nous admettons que les anciens et les nouveaux architectes puissent faire une juxtaposition de leurs connaissances pour que nous soyons au niveau international. Nos problèmes émanent de l’incompréhension du rôle de l’architecte. Dans notre pays, 90% de la population ne comprend pas le rôle de l’architecte. Et même les décideurs, ne savent pas parfois en quoi consiste le rôle de l’architecte. Et c’est ça notre bataille aujourd’hui, au Cameroun. Et je pense que d’ici 20 ans 50% de la population comprendra le rôle de l’architecte », a affirmé le Président de l’Ordre National de l’Ordre des architectes du Cameroun, Louis Désiré Awono.
Pour dire que cette rencontre organisée par le Conseil régional de l’Ordre des architectes du Centre était incontestablement réussie et que ses membres ont y affiché une volonté invincible de corriger la situation de l’architecte et contribuer à l’organisation de leur profession. Toutes les différentes interventions ont touché le cœur du métier de l’architecte dans les trois pays, notamment le Maroc, le Sénégal et le Cameroun.

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