Le vendredi 18 novembre 1927, Sidi Mohammed ben Youssef fut proclamé sultan du Maroc. Il était le plus jeune des trois fils de Moulay Youssef et il avait dix-huit ans à peine.

Avec un tout jeune souverain, le Maroc pourrait peut-être insensiblement glisser du régime de protectorat à celui de semi-colonie. C’était le rêve qui ambitionnait certains impérialistes français. Pour le feu sultan Mohamed V, la souveraineté marocaine n’était pas négociable. Le jeune souverain avait compris très vite que l’urgence politique devait être, non pas l’indépendance qui était une utopie en 1927, mais la sauvegarde de l’unité et de l’identité marocaine.

Et ce n’est qu’à partir de 1944 que toute son action allait avoir pour but l’indépendance du Maroc. C’était avec une totale détermination et avec un grand sens politique que le sultan du Maroc allait atteindre ces deux objectifs.

La résistance armée avait échoué, mais elle avait préparé d’autres formes de lutte qui allaient se répandre dans les villes et se tourner vers la modernité.

La réaction populaire au Maroc a été d’essence religieuse, mais le mouvement, cette fois, allait être structuré par les intellectuels.

C’est ainsi que se crée à Paris la revue Maghreb en 1932, à laquelle collaboraient Marocains et Français car les journaux nationalistes en arabe étaient interdits. Les premiers journaux nationalistes en arabe se sont apparus dans la zone espagnole. Ces publications ont touché très peu de marocains à cause de l’analphabétisme. Alors, la propagande allait se faire par d’autres moyens, notamment les cours du soir dans les mosquées, les affiches et le boycott des produits français.

Les marocains ne se contentaient plus de réclamer des réformes et ils demandaient l’indépendance puisque ce projet était devenu réaliste. Le mouvement fut sorti des mosquées pour envahir les rues.

La crise s’est aggravée et l’ordre public risquait d’être compromis. Alors, Feu sultan Mohammed V était mis en état d’arrestation avec le prince héritier Moulay Hassan puis embarqué à bord d’un avion militaire français pour un exil de plus de deux années en corse et à Madagascar.

Plusieurs tractations avaient eu lieu à travers des envoyés de Paris, mais Feu sultan Mohammed V restait intraitable.

Après vingt-sept mois d’exil, le 10 novembre 1955, Feu sultan Mohammed V rentrait au Maroc et un mois plus tard un gouvernement a été constitué et formé.

Le vendredi 2 mars 1956, aux termes de négociations menées en France, un document était signé par lequel la France reconnaissait officiellement au Maroc son indépendance et son unité. Le 7 avril, l’Espagne faisait de même.

Feu sultan Hassan II avait pris à bras le corps les deux grands problèmes qui se posaient au Maroc : le développement d’une part et l’achèvement de la réunification nationale qui comprenait le retour à la mère patrie de ses provinces sahariennes amputées au moment des partages coloniaux.

Trois décennies plus tard, le Maroc a récupéré ses territoires sahariens.