Le musée du Patrimoine Immatériel Jamaâ El-Fna à Marrakech a accueilli, dimanche, le vernissage de l’exposition « Mohammed Ben Allal : Récits du quotidien », en présence de personnalités marocaines et étrangères issues de divers horizons culturels, ainsi que de nombreux amateurs et spécialistes d’art.
Organisée par la Fondation Nationale des Musées (FNM), en partenariat avec le Musée de Bank Al-Maghrib et le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL), cette exposition, ouverte au public jusqu’au 25 mai 2026, met en lumière l’œuvre de Mohammed Ben Allal, peintre autodidacte originaire de Marrakech, dont la création rend hommage à la mémoire collective et populaire de la cité ocre.
Pensée en résonance avec la vocation du musée consacré au patrimoine immatériel, l’exposition explore les liens entre création artistique et héritage culturel. L’œuvre de Ben Allal y est présentée comme une archive sensible, un témoignage visuel des rythmes de vie, des pratiques sociales et des formes de sociabilité ayant façonné l’identité urbaine de Marrakech.
Le parcours proposé invite le public à découvrir un univers narratif où chaque toile s’apparente à un fragment de mémoire. Figure singulière de la peinture marocaine contemporaine, l’artiste puise son inspiration dans les scènes du quotidien : rituels familiaux, effervescence des souks, fêtes populaires et gestes artisanaux, avec une place centrale accordée à la mythique place Jamaâ El-Fna, espace de parole, de transmission et de patrimoine vivant.
Son langage pictural, caractérisé par des perspectives aplaties, la frontalité des figures et une palette chromatique vive, confère à ses œuvres une intensité expressive rappelant l’oralité et l’art du récit.
L’exposition met en avant le rôle de l’art comme mémoire vivante et vecteur de transmission, soulignant la capacité de Mohammed Ben Allal à offrir un regard singulier sur Marrakech, mêlant authenticité populaire et modernité picturale. Son œuvre se distingue par une force expressive et une originalité qui, malgré un style qualifié de naïf, parvient à saisir l’essence de la vie quotidienne et à lui conférer une portée universelle.
Selon la note de présentation, cet événement artistique ambitionne de magnifier la mémoire de Marrakech à travers le travail d’un artiste qui n’a cessé de raconter, par la couleur et la forme, les scènes ancestrales de la ville. À la fois émouvante et immersive, l’exposition célèbre un héritage artistique original, où traditions, rites et vie populaire s’expriment dans un style à la fois naïf et moderne.
Né à Marrakech en 1928, Mohammed Ben Allal commence à peindre dès l’âge de 16 ans. Disparu en 1995, il laisse une œuvre aujourd’hui conservée dans de nombreuses collections privées au Maroc, en France et aux États-Unis, témoignant de la portée durable et universelle de son regard artistique.
