Les investissements marocains dans le continent africain sont observés en forte croissance au cours de la dernière décennie. Le Maroc est désormais parmi les premiers investisseurs africains de l’Union économique des États de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et de la Communauté des États de l’Afrique centrale (CEMAC).

Si l’Afrique est devenue un pôle important de croissance et une destination attrayante pour les IDE au cours des deux dernières décennies et si le dynamisme de la croissance africaine est une réalité vécue, il n’en demeure pas moins qu’il existe, néanmoins, d’importantes disparités d’une région à l’autre.

La consommation privée, l’élargissement de la classe moyenne, le dynamisme démographique, les investissements portés principalement par l’amélioration de l’environnement des affaires dans plusieurs pays, et la dynamique des dépenses publiques (principalement infrastructures et salaires), tels sont les indicateurs d’une forte croissance dans le continent africain.

Ecodiplomatie marocaine en Afrique : une stratégie économique et commerciale offensive

Selon une étude menée conjointement par l’Agence Française de Développement (AFD) et la Direction des Etudes et Prévisions financières (DEPF) relevant du Ministère de l’Economie et des Finances du Maroc, les investissements directs marocains dans le continent, d’une valeur cumulée de 37 milliards de dirhams entre 2003 et 2017, constituent l’essentiel des IDE sortants du Maroc, avec une part moyenne de 60% des flux sortants totaux. Ces flux sont adressés principalement aux pays d’Afrique de l’Ouest (avec une part moyenne de 55%), suivis de l’Afrique du Nord, de l’Afrique Centrale (25% et 15% respectivement) et de l’Afrique Australe (5%).

En effet, le Maroc a adopté une diplomatie qualifiée d’ « offensive » renforcée et relayée par une démarche économique et commerciale.

Durant ces quinze dernières années, Sa Majesté Le Roi Mohammed VI a multiplié les déplacements sur le continent, dans un cadre économique et commercial. Lors de ces visites, le Roi signe des accords de coopération bilatérale dans les domaines de l’éducation, du tourisme, de l’agriculture, de l’eau, de la recherche, de la santé, de la promotion des investissements. Ces contrats signés sont au profit de grands investisseurs nationaux. Ainsi, plusieurs entreprises marocaines ont permis de renforcer la position du Maroc en Afrique subsaharienne. Les accords signés concernent  la protection des investissements, la non double imposition et les transferts de dividendes.

Les premières visites royales ont servi alors à créer les conditions de l’implantation des entreprises marocaines.

Cette offensive diplomatique menée personnellement par Sa Majesté le Roi Mohammed VI a donné quelques années plus tard les résultats escomptés qui étaient perceptibles par les ennemis avant les amis du Maroc. Désormais les entreprises marocaines rivalisent avec les asiatiques et les européennes, au point où le président français, François Hollande, en visite au Maroc en avril 2013, a dit au Roi, parlant de la performance des entreprises marocaines, « travaillons ensemble ».

Le Maroc a déployé tous les outils diversifiés et les instruments d’influence à l’échelle continentale dont il dispose, dans cette stratégie, pour conquérir les marchés africains et consolider ses acquis en Afrique. Ces instruments et outils regroupent l’AMDIE, le Réseau d’ambassades, l’aide au développement, l’accueil des étudiants africains dans les grandes écoles marocaines. Les actions sont encadrées par l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et la Fondation Mohammed VI pour le développement durable.

Financée par les deniers de Sa Majesté le Roi, la Fondation Mohammed VI pour le développement durable est créée dans le but de poser des actions de développement dans plusieurs pays africains.

Le Sénégal et la Côte d’Ivoire bénéficient, comme d’autres pays, des investissements de cette Fondation.

Au cours des différentes visites de Sa Majesté Le Roi au Sénégal, treize accords ont été signés entre les deux pays. Un accord de partenariat a été conclu entre l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) du Maroc et l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), pour la distribution de l’électricité dans la ville sénégalaise de Saint-Louis.

Le Maroc, à travers une filiale du groupe Holmarcom, réalise le projet immobilier « Cité des fonctionnaires », qui est le fruit d’un partenariat entre Holmarcom (à travers sa filiale Peacock Investments) et des opérateurs sénégalais.

Avec la Côte d’Ivoire, ce sont 46 conventions de coopération qui ont été signées entre les deux pays pour la réalisation de plusieurs projets, notamment le complexe de formation professionnelle des métiers du bâtiment et des travaux publics ainsi que de l’hôtellerie et de la restauration, le projet relatif au point de débarquement aménagé (PDA) de la pêche artisanale de Grand Lahou, la construction de 7 500 logements sociaux par le groupe marocain Adoha qui a construit aussi une cimenterie dont la production est estimée à environ un million de tonnes en 2014.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI s’est rendu en Guinée équatoriale accompagné d’une forte délégation de chefs d’entreprise. Les deux pays ont signé un accord qui cède à l’Agence spéciale Tanger Med (TAMSA) la gestion du port de Malabo au détriment du groupe français Bolloré.

Il est à préciser que presque tous les pays de l’Afrique subsaharienne ont bénéficié de l’expertise et du dynamisme des entreprises marocaines. Cette expertise et dynamisme se sont manifestés à travers l’implantation en Afrique de certaines grandes entreprises marocaines, notamment Maroc Télécom ayant obtenu l’acquisition des filiales d’Etisalat (Moov) au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Togo, en Centrafrique et au Gabon. Maroc Télécom est implantée dans dix pays africains tout en visant à y développer ses activités.

Le secteur financier n’est pas des moindres, puisqu’il est installé en Afrique à travers Attijariwafa Bank et la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE) qui y sont très dynamiques. Sans oublier la Banque centrale populaire (BCP) du Maroc, qui s’y est implantée en rachetant 50% du capital de la Banque Atlantique.

L’expansion des activités des groupes d’assurance (CNIA-Saham) et de construction (Addoha, Alliances) ne sont pas à démontrer. Dans le secteur minier, l’Omnium nord-africain (ONA), à travers sa filiale Managem, détient plusieurs gisements en Guinée, au Mali, au Burkina et au Niger. Au-delà de ces grandes entreprises, les PME marocaines développent également leurs activités en Afrique.

Pour dire que cette stratégie de coopération économique et commerciale consolide la position du Maroc en Afrique au point qu’il est devenu le premier investisseur en Afrique de l’Ouest et le deuxième sur le continent après l’Afrique du Sud.

Les investissements directs marocains dans le continent, d’une valeur cumulée de 37 milliards de dirhams entre 2003 et 2017, constituent l’essentiel des IDE sortants du Maroc, avec une part moyenne de 60% des flux sortants totaux. Ces flux sont adressés principalement aux pays d’Afrique de l’Ouest (avec une part moyenne de 55%), suivis de l’Afrique du Nord, de l’Afrique Centrale (25% et 15% respectivement) et de l’Afrique Australe (5%).

En d’autres termes, les investissements directs du Maroc sont présents dans 30 pays d’Afrique. L’Égypte et la Côte-d’Ivoire arrivent en tête des pays récipiendaires des IDE marocains dans la région, avec une part respective de 20% et de 19% des flux en moyenne sur la période 2003-2017, suivis du Mali (13%), et dans une moindre mesure du Burkina-Faso et du Sénégal (7% chacun) et du Gabon (6%).

Il est à préciser que les secteurs de la Banque et des Télécommunications ont été les premiers à conquérir les marchés africains. Ainsi, le Maroc est parvenu à édifier donc un système financier solide ayant donné naissance à des groupes bancaires compétitifs, capables de s’implanter en Afrique et de contribuer favorablement au financement des économies africaines. Il en est de même pour le secteur des Télécoms, au vu des réformes pionnières engagées par le Maroc dans ce secteur depuis les années 1990.

Ainsi, la répartition sectorielle des investissements marocains en Afrique, au cours de la période 2007-2017, indique une prépondérance des flux portant sur ces secteurs, avec une part de 53% et de 17% respectivement, et dans une moindre mesure, sur l’Industrie (11%) et les Holdings (5%).

Selon l’étude sus-indiquée, le secteur de l’Industrie a atteint sur la seule année de 2016 près de 53% des flux sortants du Maroc vers le continent, avec près de 2,5 milliards de dirhams qui ont été investis, essentiellement, en Côte-d’Ivoire, au Bénin et au Cameroun.

La dynamique des accords signés avec les pays africains se poursuit toujours donnant naissance à des projets qui portent notamment sur la production d’engrais (Gabon, Rwanda, Éthiopie et Nigéria), le Ciment (Côte-d’Ivoire, Ghana et Mali), l’industrie pharmaceutique (Côte-d’Ivoire, Rwanda), le montage de camions (Sénégal) et l’industrie agroalimentaire (Guinée, Bénin, Cameroun, Côte-d’Ivoire, Mauritanie ou Tanzanie).

Pour dire que cette diplomatie offensive prônant les relations économiques et commerciales entre le Maroc et ces pays de l’Afrique sub-saharienne s’est répercutée sur la question du Sahara marocain. D’où la reconnaissance américaine du Sahara marocain.

En effet, depuis l’avènement de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, le Maroc a enregistré des succès diplomatiques puisque plusieurs pays ont retiré leur reconnaissance du Polisario. Et aujourd’hui, ce ne sont que moins 11 pays africains qui reconnaissent le Polisario.

Il est à préciser que la RASD n’est reconnue ni par l’Organisation des Nations Unies (ONU), ni par la Ligue arabe, ni par l’Union du Maghreb arabe, ni par l’Organisation de la coopération Islamique, ni par aucun pays européen ou pays membre permanent dans le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Les outils diversifiés et les instruments d’influence utilisés ingénieusement par la diplomatie marocaine permettent au Maroc non seulement d’effacer la RASD de la carte géographique de l’Afrique et du Monde, mais aussi de devenir une puissance économique africaine.

L’économie, les finances, l’expertise marocaine et la religion, tels sont les outils et les mécanismes déployés intelligemment par la diplomatie offensive marocaine en Afrique.

A Londres, la plateforme financière Casablanca Finance City (CFC) a arraché la première place des pôles financiers africains, détrônant ainsi la Sud-africaine Johannesburg, selon le classement 2015 du Global Financial Centre Index (GFCI), indice référentiel dans l’évaluation de la compétitivité des centres financiers mondiaux, édité par le Think tank anglais Z/Yen Group.

Le Maroc avance à pas géant vers la gloire diplomatique en Afrique.

Sa Majesté Le Roi Mohammed VI avait déclaré lors du Forum Maroc-Côte d’Ivoire, organisé en 2013, à Abidjan, que « l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ».

La diplomatie religieuse du Maroc en Afrique : pour une identité spirituelle commune

L’identité spirituelle est, en effet, enracinée dans une longue histoire entre le Maroc et les pays africains musulmans, et constitue le mécanisme le plus efficace d’assurer la paix et la sécurité en Afrique tout en restant le meilleur rempart contre l’extrémisme.

Les pays africains concernés sont surtout ceux de l’Afrique de l’Ouest francophone (Sénégal, Mali, Guinée, etc) dont certains sont victimes d’attaques terroristes très meurtrières, en majorité commanditées par les groupes islamistes Boko Haram et Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), comme au Niger et au Mali. D’où le rôle prépondérant du Maroc qui rayonne sur le continent africain à travers son islam d’équité, de tolérance et de solidarité. Le Maroc désire partager avec les pays africains musulmans les valeurs de la religion musulmane guidée par l’islam malékite sunnite.

D’autant plus que le Maroc s’est distingué par son rayonnement sur l’Afrique en prônant dans ses expériences l’islam de tolérance et d’authenticité s’inspirant de l’islam malékite sunnite.

Il est à souligner que l’islam marocain est officiellement sunnite, tout en prenant en considération la complexité de cette religion, sa diversité et sa capacité d’adaptation à la demande sociale et au contexte particulier du pays. Dès son indépendance en 1956, le Maroc a fait le choix de fonder une référence à un Islam national territorialisé.

Les Marocains ont adopté l’Islam malékite depuis le dernier quart du deuxième siècle de l’hégire, liant ce choix à la légitimité politique « basée sur l’allégeance à une dynastie descendant du Prophète ».

Le Maroc se distingue dans le monde musulman par la préservation de l’allégeance, « ce qui signifie que la Nation, à travers les siècles, est représentée par les signataires du serment d’allégeance qui sont les Oulémas, les chérifs, les cheikhs des zaouias, les chefs des tribus, les notables des marchands, les représentants des artisans, les chefs de l’armée et les autres dignitaires », disait le ministre des affaires islamiques Mr Ahmed Toufiq, dans l’une de ses interventions.

Selon Mr Ahmed Taoufiq, « l’un des facteurs à l’origine de la perpétuation de l’école malékite au Maroc est sa nature laquelle a permis l’intégration d’un certain nombre de coutumes et de cultures locales dans la vie religieuse, une caractéristique qui lui a permis aussi de s’étendre aux pays de l’Afrique de l’Ouest. »

L’allégeance (bayâa) signifie que la nation cède au commandeur des croyants la légitimité du pouvoir, en vertu d’un document rédigé par les magistrats et dans lequel s’engagent ceux qui prêtent allégeance sur cinq principes à respecter et à préserver : la religion, la sécurité, la raison, l’argent et la dignité. 

Alors, pour accroître son influence en Afrique, le Maroc s’appuie largement sur la diplomatie religieuse.

La renaissance du Maroc sur la scène africaine doit incontestablement beaucoup à sa diplomatie religieuse, un véritable soft power développé et renforcé. Erigé sur la doctrine achaârite, le rite malékite et le soufisme considérés en tant que cheminement spirituel, l’islam marocain est perçu par de nombreux États africains en tant que religion ouverte, tolérante et gage de stabilité. Alors, ce courant religieux crée un fort écho en Afrique. 

La pertinence du modèle marocain en matière de gestion du fait religieux en Afrique est un gage de stabilité politique et religieuse, conditions sine qua non au développement économique.

La tournée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Gabon a permis la création d’une plateforme d’exportation de l’islam marocain reposant notamment sur la formation des imams, morchides et morchidates,  par l’Institut Mohammed VI. Il s’agit d’un mécanisme plus performant du soft power marocain en matière religieuse et d’un partage d’expertise en matière religieuse avec pour objectif la création d’une Fondation Mohammed VI des ulémas africains.

« L’Islam du juste milieu » que répand le Maroc en Afrique et dans le monde repose sur trois piliers : l’école juridique (maddhâb) malékite, la théologie (kalâm) acharite et le soufisme (tassawûf) sunnite.

L’une des grandes missions de l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates (IFIMM), est de « veiller à la diffusion des valeurs de tolérance, du juste milieu et de modération ». 

Ainsi, la diplomatie religieuse a permis de créer des rapports amicaux et de confiance, facilitant indubitablement la signature de gros contrats et la mise en place de partenariats économiques.

Pour dire que la diplomatie religieuse témoignant de la bonne foi est complémentaire à la diplomatie économique et financière en Afrique. Le soft power religieux marocain permet en effet d’appuyer l’extension économique marocaine en Afrique à travers les banques, les télécoms, l’agroalimentaire, les transports, les assurances, le BTP et d’autres grands groupes et holdings.

Maroc-Afrique : Une confiance de l’Afrique à Afrique

Les économies africaines sont connues aujourd’hui par la hausse de la demande intérieure qui est naturellement alimentée par le dynamisme démographique du continent. La population africaine a quasiment triplé entre 1980 (478 millions d’habitants estimés) et 2015 (1,2 milliard d’habitants estimés) et pourrait atteindre 2,1 milliards habitants à l’horizon 2050, dont la moitié aurait moins de 25 ans.

En effet, l’Afrique affiche une structure démographique jeune, avec environ deux cinquièmes de sa population âgés de moins de 14 ans, et près d’un cinquième (19%) âgés de 15 à 24 ans. La population âgée de 25 à 64 ans s’est établie à 425,7 millions de personnes en 2015, soit 36,2% de la population totale. La population âgée (de 65 ans et plus) n’a représenté que 3,5% de la population totale en 2015.

L’Afrique se caractérise aussi par une urbanisation accélérée, qui amène à la fois de nouveaux modes de consommation et de nouveaux besoins pour les populations africaines. La part de la population urbaine est estimée à 40,4 % en 2015, contre seulement 26,7 % en 1980. Le nombre des citadins africains a, ainsi, quasiment quadruplé au cours de ces trente dernières années, passant de 127,8 millions de personnes en 1980 à 471,6 millions de personnes en 2015.

Les évolutions précitées se sont accompagnées d’une expansion de la classe moyenne africaine. Sur l’ensemble du continent, ils sont désormais 350 millions africains à faire partie de la classe moyenne. Cette dernière est, en effet, amenée à croitre de manière soutenue dans les années à venir, portée par un contexte économique porteur.

En matière de stock d’IDE, les Etats-Unis représentent le premier investisseur dans le continent, suivis par deux pays d’Europe occidentale (le Royaume-Uni et la France). Ces derniers héritent d’une présence historique en Afrique et d’affinités culturelles et linguistiques facilitant le développement de l’activité de leurs opérateurs économiques sur le continent.

Alors, le Maroc peut-il contribuer au développement économique et social de l’Afrique ? Cette question trouve sa réponse légitime et rationnelle dans le volume des investissements et dans les partenariats économiques conclus avec certains pays de l’Afrique.

Après avoir quitté l’organisation panafricaine en 1984 à cause de l’admission en son sein de l’organisation séparatiste, le Royaume avait décidé de se tourner principalement vers ses partenaires européens et moyen-orientaux, sans pour autant négliger les pays africains. 

Néanmoins, la réintégration historique du Royaume à l’Union Africaine qui a été entérinée lors du 28ième sommet de l’organisation panafricaine à Addis Abeba le 30 et le 31 janvier 2017, à la quasi-unanimité des chefs d’Etat et de gouvernements africains, était de bon augure pour l’ensemble du continent. Le Maroc affiche de bonnes intentions vis-à-vis des pays africains.

Le retour du Maroc à l’Union Africaine après plus de trente ans d’absence était incontestablement victorieux et glorieux. Ce retour est le fruit de grands efforts déployés par le Maroc pour soutenir l’Afrique dans tous les domaines.

Cette réintégration constitue donc un succès diplomatique, après cinq années d’efforts et de mobilisations de tous les moyens d’argumentation pour un retour victorieux du Maroc au sein de l’organisation africaine dont il était l’un des fondateurs.

Il s’agit d’un retour du Maroc au sein de l’UA en faveur des partenariats économiques entre le Royaume et les pays africains, dans un esprit de gagnant-gagnant, de solidarité, d’entraide, du développement économique et social du continent africain, de tolérance religieuse, de paix et de sécurité et en faveur d’une Afrique moderne et ouverte.

Pas moins de 1.000 accords de coopération ont été signés avec 28 pays, depuis 2013, sous l’impulsion de S.M. le Roi. Ces accords couvrent des domaines variés notamment l’éducation, la santé, la formation, l’infrastructure et l’agriculture. Le Maroc tient à partager son expertise et les compétences de ses ressources humaines à travers le transfert des technologies, de partage du savoir-faire, d’élaboration de partenariats public-privé dans divers secteurs ou de formation et d’enseignement supérieur.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI s’est irréversiblement engagé dans les efforts menés pour relever les grands défis auxquels fait face le continent, notamment la gestion des flux migratoires, la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, le renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, la préservation de l’environnement, la qualification du capital humain et l’amélioration de la compétitivité économique.

Il est à rappeler que le Maroc est la première destination des investissements dirigés vers le continent africain selon le classement «Africa Investment Index 2018» de Quantum Global, la division de recherche indépendante de Quantum Global. Le Royaume du Maroc a, en effet, attiré près de 2,57 milliards de dollars d’investissement direct étranger (IDE) en 2017, soit une hausse de 12 % par rapport à 2016, d’après des données récentes issues du Contrôle des changes marocain.

Parmi les grands projets qui sont en perspective dans cette ambition d’élaboration de partenariats entre le Maroc et les pays de l’Afrique, il y a lieu de citer le projet de gazoduc Maroc-Nigéria (ralliant le Nigéria au Maroc en traversant 14 pays). Ce projet pourrait devenir une référence de relation Sud-Sud, tant au niveau économique que politique. Il permettrait de connecter les ressources gazières nigérianes aux pays de l’Afrique de l’Ouest et au Maroc pour desservir l’Europe par la suite.

En effet, il existe déjà deux gazoducs dans la zone Afrique du Nord-Ouest, le « West African Gas Pipeline », qui relie le Nigéria au Ghana, en passant par le Bénin et le Togo, et le gazoduc Maghreb-Europe (également nommé « Pedro Duran Farell ») qui relie l’Algérie à l’Europe via l’Espagne (Cordoue) en passant par le Détroit de Gibraltar et le Maroc. Le projet de gazoduc Maroc-Nigéria devrait donc relier le West Africain Gas Pipeline. Ce projet s’inscrit également dans la diplomatie ouest-africaine puisqu’il impliquerait la plupart des pays membres de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest).

Il s’agit donc d’un Maroc utile pour le continent africain et d’une Afrique utile pour le Maroc : It’s a win-win !