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Quelle énergie pour le citoyen marocain face au COVID-19 ?

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Le citoyen marocain est en déphasage en matière d’intensité énergétique par rapport aux avancées réalisées par le Maroc dans le domaine de la transition énergétique. D’autant plus que le déploiement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dans plusieurs secteurs d’activité doivent répondre aux attentes et aux besoins du citoyen marocain, surtout dans cette situation épidémiologique du coronavirus 2019.

Le succès inédit qu’ont connu les universités de recherche et les institutions d’innovation et de recherche appliquée, notamment IRESEN (Institut de Recherche en Energie Solaire et Energies Nouvelles), permet au Maroc de se positionner parmi les leaders des technologies des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, pouvant jouer un rôle primordial afin de faire face à cette crise épidémiologique causée par COVID-19.
Si le Maroc est aujourd’hui un partenaire de poids dans la région méditerranéenne et en Afrique, à travers sa politique de forte attraction des acteurs de la finance verte internationale, il n’en demeure pas moins que la part des énergies renouvelables dans la consommation finale au Maroc reste très faible. Surtout dans cette situation épidémiologique du coronavirus 2019, durant laquelle la demande de consommation en électricité est de plus en plus forte d’une part, et le retour habituel à la production d’électricité basée sur les énergies fossiles est très important, d’autre part.
L’AIE (l’Agence internationale de l’énergie) avait déjà souligné dans son rapport (EnergyPolicies beyond Countries : Morocco 2019, AIE, mai 2019) que la consommation d’énergie primaire du Maroc s’appuie encore à presque 90% sur les énergies fossiles : à 62% sur le pétrole, à 21,7% sur le charbon et à 5% sur le gaz naturel selon les dernières données de l’Agence portant sur l’année 2017.
Le Maroc déploie de grands efforts en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique certes, mais leur pourcentage de la consommation finale totale (TFC) a fortement baissé, en raison de l’explosion de la demande énergétique des dix dernières années. Cette situation est encore pire durant ces mois de confinement des ménages marocains.
Malgré cette situation énergétique marquée par une forte demande, le Maroc continue à espérer utiliser les énergies renouvelables modernes dans deux secteurs majeurs, notamment le résidentiel et les transports, en souhaitant à réduire le recours aux énergies fossiles dans l’ensemble de l’économie.
C’est vrai que le Maroc avance à grands pas dans l’adoption des technologies des énergies renouvelables appuyées par une bonne intégration de l’efficacité énergétique. Mais, le citoyen marocain ne reçoit jusqu’à présent aucun avantage de ces technologies, puisque sa consommation énergétique ne fait qu’augmenter et à un coût exponentiellement élevé. Mais, les efforts déployés par le gouvernement sont louables, en comparaison avec les pays qui sont en voie de développement et qui sont encore loin d’adopter les technologies des énergies renouvelables.
Mais, il faut signaler quand même que le Maroc a adopté une meilleure politique de ne plus subventionner et de façon progressive l’énergie dans le but d’avoir une consommation énergétique plus efficace et une réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’où la prise de conscience du Maroc, depuis quelques années déjà, de créer un environnement sain pour une meilleure santé des Marocains. Déjà, ils pouvaient respirer un air pur qui pourrait les aider à surmonter la crise pandémique due au COVID-19.
Le Maroc a en effet profité des années 2014 et 2015, durant lesquelles le pétrole est à bon prix, pour éliminer progressivement les subventions accordées aux combustibles fossiles. La raison pour laquelle les prix de l’essence et du diesel sont maintenant libres.
Mais, il faut rappeler que le butane reste lourdement subventionné, d’où l’inquiétude des ménages marocains d’une éventuelle flambée du prix des bonbonnes de gaz, du moment où le gouvernement abandonnera son subventionnement. Chose qui est impossible, à cause de sa portée politique non populaire et surtout dans ces moments difficiles pour tous les marocains en combat farouche avec COVID-19.
Il est à préciser que le but de ne plus subventionner les combustibles fossiles est toujours d’avoir une consommation énergétique plus efficace et une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Il faut rappeler aussi qu’une forte activité économique dans certains pays(comme le cas de la chine) provoque des émissions de dioxyde d’Azote (NO2), un gaz oxydant puissant qui pénètre facilement dans les poumons sur de courtes périodes provoquant des irritations et des inflammations de l’appareil respiratoire et une augmentation de l’hyperréactivité chez les asthmatiques.
Pour dire que la politique liée à l’environnement est prise au sérieux par le Maroc, et ce depuis longtemps, à travers l’élimination des subventions accordées aux combustibles fossiles.
Ces efforts déployés par le Maroc et par d’autres pays conscients de la gravité des changements climatiques, ont permis d’enregistrer en 2014 une stabilité des émissions de CO2 liées à la consommation énergétique dans le monde, pour la première fois depuis plusieurs années, malgré la hausse de la consommation énergétique dans un contexte de forte croissance économique, grâce à une meilleure efficacité énergétique au service des énergies renouvelables.
Sans une efficacité énergétique bien adaptée au contexte des technologies des énergies renouvelables, l’intensité énergétique(une mesure de l’efficacité énergétique d’une économie, calculée comme le rapport de la consommation de l’énergie au produit intérieur brut)reste toujours en recrudescence, surtout dans ces conditions où les ménages marocains sont en confinement pour une durée non définie et la consommation d’électricité y est remarquablement importante.
Une meilleure efficacité énergétique dans le résidentiel peut certainement aider à surmonter cette crise épidémiologique du coronavirus 2019 sans toutefois avoir une forte consommation énergétique.
Autrement dit, une meilleure combinaison entre énergies renouvelables et efficacité énergétique permet la diminution de l’intensité énergétique, d’où la raison d’être de l’Agence Marocaine de l’Efficacité Energétique (AMEE).
« L’AMEE reste au cœur de l’efficacité énergétique puisque c’est l’agence d’exécution de la politique gouvernementale en matière d’efficacité énergétique dans les différents secteurs. Il s’agit de réduire et d’exploiter d’une manière intelligente nos ressources énergétiques locales et durables, tout en déployant une stratégie d’efficacité énergétique volontaire et ambitieuse», a surenchéri Said Mouline, Directeur Général de l’AMEE.
Si les énergies renouvelables revêtent une importance capitale au Maroc, il n’en demeure pas moins que l’efficacité énergétique doit bénéficier d’une attention particulière, eu égard à son rôle primordial dans la gestion et de façon efficace de notre consommation d’électricité, surtout dans ces temps difficiles.
L’efficacité énergétique promet de nombreux avantages pour les consommateurs d’électricité que ce soit dans l’immédiat ou dans l’avenir proche et permet des économies d’énergie et de coûts, cumulatives et durables.
«Dans le cadre de ses orientations stratégiques, et de par sa mission en tant que gestionnaire de l’équilibre offre-demande du système électrique national au moindre coût, l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable a toujours placé l’efficacité énergétique au cœur de ses priorités et ce, à travers la mise en œuvre de plusieurs mesures d’ordre institutionnel, réglementaire, technologique et économique », a précisé le Directeur Général de l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable, Mr Abderrahim EL HAFIDI.
« Il conviendrait de préciser que la maitrise de la demande d’électricité des clients, en particulier celle des ménages, commence tout d’abord par une bonne connaissance de leurs habitudes et comportements de consommation et ce, en vue de mieux cibler les actions de maitrise de la demande et d’efficacité énergétique à mettre en place », a-t-il ajouté.
Les comportements des ménages en confinement peuvent être bien adaptés à cette situation épidémiologique du coronavirus 2019, grâce à la solidarité et la conscience collective qui font distinguer les Marocains dans ces temps difficiles.

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