La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) poursuit le déploiement de sa stratégie d’expansion internationale, en mettant en avant le renforcement de son réseau et de sa connectivité à l’occasion d’un séminaire consacré au tourisme et aux affaires entre le Brésil et les pays arabes, tenu à Sao Paulo.
Cet événement, qui a réuni des acteurs publics et privés, des institutions financières ainsi que des représentants des Nations unies, a été marqué par la signature d’un mémorandum d’entente visant à attirer davantage d’investissements arabes dans le secteur touristique brésilien. Ce marché, estimé à 384 milliards de dollars à l’horizon 2028, cible notamment le développement des infrastructures, de l’hôtellerie et de nouveaux pôles touristiques.
Dans ce contexte, Royal Air Maroc a mis en avant son rôle stratégique de passerelle entre le Brésil et le monde arabe. Depuis la reprise de la liaison directe Casablanca–Sao Paulo en décembre 2024, la compagnie n’a cessé d’adapter son offre à la demande. Initialement opérée à raison de trois vols hebdomadaires en 2025, la desserte est passée à quatre fréquences par semaine, opérées par un Boeing 787-9 Dreamliner.
« En 2025, nous avons proposé environ 85.000 sièges entre le Maroc et le Brésil. En 2026, ce volume atteindra près de 130.000 sièges, soit une croissance de 30 % », a indiqué Othman Baba, directeur régional de la RAM pour l’Amérique latine. Cette montée en puissance accompagne l’évolution du profil des voyageurs, notamment issus des pays arabes, à la recherche d’expériences combinant culture, nature et hospitalité haut de gamme.
Au-delà de cette ligne stratégique, la RAM a également souligné l’élargissement de son réseau mondial à partir de son hub de Casablanca. L’ouverture de nouvelles destinations renforce son positionnement d’opérateur transcontinental reliant le Brésil à l’Afrique, à l’Europe et au monde arabe.
De son côté, le ministre brésilien du Tourisme, Gustavo Feliciano, a insisté sur le caractère prioritaire de la relation avec les pays arabes, la qualifiant de levier clé pour l’internationalisation du tourisme brésilien. Il a souligné la mise en place d’un écosystème intégré reposant sur la connectivité aérienne, les infrastructures, la promotion et la facilitation des investissements.
Même tonalité du côté de la Chambre de commerce arabo-brésilienne. Son président, William Adib Dib Junior, a estimé que le mémorandum d’entente marque une étape concrète dans le renforcement des relations économiques, ouvrant la voie à de nouveaux partenariats et à une promotion conjointe entre les deux régions.
La dynamique de croissance du marché brésilien vers le Maroc a également été mise en avant par l’Office national marocain du tourisme (ONMT). Son représentant, Mohamed Amine Eljoudani, a indiqué que le nombre de touristes brésiliens est passé d’environ 34.000 en 2023 à près de 60.000 en 2025, grâce à une stratégie axée sur la présence terrain, la formation des opérateurs et le développement de partenariats ciblés.
S’appuyant sur son hub de Casablanca, Royal Air Maroc dessert aujourd’hui près de 100 destinations dans 46 pays, reliant l’Afrique, l’Europe, l’Asie ainsi que les Amériques. La compagnie est engagée dans une phase de transformation ambitieuse visant à renforcer son positionnement international.
Son plan stratégique à l’horizon 2037 prévoit ainsi une montée en puissance significative, avec une flotte portée à 200 appareils et un objectif de 32 millions de passagers annuels, contre 7,5 millions en 2024. Parallèlement, la RAM intègre la dimension environnementale à sa croissance, ayant réalisé en 2025 son premier vol utilisant du carburant d’aviation durable (SAF), marquant un pas vers une aviation plus responsable.
À travers cette dynamique, Royal Air Maroc confirme son ambition de devenir un acteur de référence dans la connectivité intercontinentale, tout en accompagnant le développement des échanges touristiques et économiques entre le Brésil, le Maroc et le monde arabe.
