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Robot compagnon de la famille : un mythe ou une réalité ?

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Des robots domestiques ou des assistants connectés permettant de relier le monde physique et le monde virtuel via un réseau sans fil ou des procédés de communication particuliers, telle est l’invention réalisée par les travaux scientifiques de recherche et développement relevant du domaine du Web des objets ou Internet des Objets
Ces robots sont appelés aussi des assistants intelligents du fait de leur capacité à recevoir de gros volumes de données, les analyser, leur donner du sens et agir en conséquence.

Un robot, membre de la famille : une cohabitation ou une intégration ?

Ces robots domestiques sont là pour nous remplacer, pour cohabiter avec nous ou simplement pour nous assister dans certaines besognes ? Sont-ils nécessaires aujourd’hui dans notre vie ?
Il est à rappeler que la course à l’intelligence artificielle est entamée entre les G.A.F.A., les quatre entreprises les plus puissantes du monde de l’internet et du monde en général à savoir : Google, Apple, Facebook et Amazon et Microsoft et Samsung. Ces géants proposent des robots à tout faire, notamment nous tenir compagnie, tandis que d’autres se focalisent sur un objectif particulier. Les vocations principales sont : la domotique, l’éducation, la médecine, l’assistance à la personne et la sécurité.
Aujourd’hui, l’être humain en famille s’affaiblit de plus en plus et dégage certains symptômes psychiques, notamment l’impuissance, l’inefficacité, la nonchalance, la léthargie, le stress, l’oublie, la solitude, etc.
Un tel objet que nous avons, nous même, doté de l’intelligence (QI) et du langage est là pour nous soulager, discuter avec nous, sans nous mettre en colère ou mal alaise. De toutes les façons nous sommes les “créateurs”. Un robot intelligent, serviable et communicatif et pourquoi pas un robot garde du corps capable de secourir les sinistrés sur les lieux d’un désastre, d’aider les personnes handicapées et de soigner des blessés.
Selon Bruno Jacomy, directeur exécutif du Musée des Confluences et Historien des sciences et des techniques, dans une interview à M3, en France, le robot a des capteurs : il sent, il voit, il palpe. Il prend l’exemple du robot-aspirateur domestique. Il va se promener dans la pièce à nettoyer pour repérer les lieux et s’en dessiner une topographie. Puis quand il va commencer son travail, il va se heurter à des obstacles qui n’existaient pas auparavant : une chaise poussée, un coussin. Avec ses capteurs, il va « voir » les objets, les éviter, passer autour. Il va s’adapter à son environnement. Mais cela fonctionne aussi pour les lave-vaisselle qui ne lavent pas de la même façon quand il y a 12 couverts très sales ou 4 couverts peu sales. En un sens, la modernité n’est plus dans la quantité de programmes ou de boutons d’un appareil mais au contraire dans leur disparition, ce sont les appareils – lave-linge, lave-vaisselle – qui choisissent automatiquement les bons paramètres.
Il existe aujourd’hui des systèmes informatiques de surveillance qui sont capables d’analyser les mouvements des humains autour des voitures dans un parking et d’en déduire s’il s’agit de voleurs ou de personnes qui cherchent à retrouver leur véhicule. On est face à un robot qui enregistre des données, les analyse et les interprète pour produire une action. Ce robot ne bouge pas, pourtant il est capable de comprendre un environnement et de s’adapter à la situation. Il s’agit en quelque sorte d’un méta-robot qui intègre les savoir-faire d’un psychologue, d’un sociologue, d’un informaticien, d’un ingénieur, etc.
Alors, un robot, doté presque de tous les moyens et les programmes logiciels pour accompagner une famille est aujourd’hui de mise.
A en croire les informations qui circulent, le robot humanoïde conçu pour vivre au sein des familles commence à être commercialisé sur les marchés grand public. Equipés d’une intelligence artificielle, de capteurs, de systèmes de reconnaissance électronique et connecté à Internet, les robots compagnons ont pour fonction de divertir, informer, accomplir des tâches ménagères et partager l’intimité des familles. Dotés de caractéristiques physiques et psychologiques proches de l’être humain, ils sont ainsi capables de reproduire des attitudes et comportements humains et de répliquer de mieux en mieux les interactions humaines. La connexion de ces robots à Internet permet aux entreprises les commercialisant de stocker et de traiter une multitude de données issues des foyers et de proposer des liens de plus en plus personnalisés avec ses utilisateurs.

Le robot compagnons de la famille : A quel risque ?

Au-delà des avantages et bienfaits avancés pour l’adoption d’un robot intelligent en tant que compagnons de la famille, cette création de toute pièce par l’homme lui-même présente quand même des risques et dangers que la famille adoptive puisse encourir.
Plusieurs acteurs dans le domaine de l’intelligence artificielle se sont montrés vigilants et pessimistes, notamment Elon Musk, le célèbre physicien Stephen Hawking et aussi Bill Gates
Alors que la production de robots est en hausse au niveau mondial, il y a des risques de sécurité non négligeables qui peuvent découler de leur cohabitation avec les humains. Si en principe, les comportements des robots sont anticipés par leurs créateurs, les dysfonctionnements ne sont pas impossibles. Quelles sont les conséquences possibles d’une défaillance du système ou du piratage de robots connectés ? Leur comportement devient également moins prévisible, s’il s’agit de robots très intelligents dotés d’une plus grande autonomie. Comme l’avait souligné Bill Gates, « dans un premier temps, les machines accompliront de nombreuses tâches à notre place et ne seront pas super-intelligentes. Cela devrait être positif si nous gérons bien cela. Plusieurs décennies plus tard cependant, l’intelligence sera suffisamment puissante pour poser des problèmes. » L’Homme pourra perdre le contrôle des machines qu’il a créées.
D’autant plus que ce qui manque au robot, c’est la sensibilité et l’émotion qui sont fondamentales dans une famille. Ainsi, le robot peut se trouver en difficulté lorsqu’il est appelé à procurer du bonheur à la famille adoptive.
En effet, selon Hakim El Karoui, consultant chez Roland Berger, qui a piloté une étude remarquable sur les impacts de l’automatisation, le robot Watson est aujourd’hui un meilleur prescripteur que les médecins les plus compétents, simplement parce qu’il dispose de millions de cas possibles et qu’il est capable de les analyser. Mais il manque de la sensibilité dans tout cela. Tout devient rationnel. Et dans le monde économique comme dans la vie, tout n’est pas rationnel. Peut-être verrons-nous un jour un robot chef d’entreprise, mais ce ne sera probablement pas le meilleur. Un très bon chef d’entreprise doit se fier à son instinct, il doit réagir aux évolutions de la société et du marché, avoir de la créativité.
Dans ce cas, quelle devrait être la réaction d’un robot devant un enfant qui pleure ?

Le robot émotionnel : est-il possible ?

La plus part des gens pensent que la machine est incapable de ressentir des émotions, à la différence des êtres humains.
Pourtant, on voit de plus en plus de robots exprimer des émotions et qui peuvent même être émotionnels…
Alors, un robot peut-il réellement se mettre en colère ou tomber amoureux ? Un robot peut-il avoir mal ou, au contraire, éprouver du plaisir ?
Ce qui est vraiment frappant dans cette création technologique, c’est que la capacité d’exprimer des émotions chez le robot est la technique la plus maitrisée ces derniers temps. On parle même de l’existence des expressions émotionnelles universelles.
Selon le site ‘’ fête de la science.fr’’, relevant du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et d’l’Innovation de France, toute l’histoire de l’art et celle plus récente de l’animation montrent que nous sommes capables de créer des personnages artificiels qui expriment parfaitement ces émotions. Il en est aujourd’hui de même avec les créatures artificielles, par exemple dans les jeux vidéo, et bien sûr avec les robots.
L’autre capacité est celle de percevoir les émotions. Il s’agit d’être capable de capter et d’interpréter les signaux comportementaux et verbaux qui témoignent de l’état émotionnel de son interlocuteur.
En analysant les expressions faciales, la tonalité de la voix et le contenu des messages verbaux, il est possible d’en déduire l’état émotionnel d’une personne, grâce à l’apprentissage profond (Deep Learning).
En effet, les chercheurs et roboticiens partent du postulat que les robots sont capables de s’insérer dans un processus dynamique d’interactions qui détermine nos intentions réciproques d’action, sur la base de l’expression affective, c’est-à-dire les dispositions des uns et des autres, dans une situation de communication.
L’émotion est au cœur du robot, affirme le directeur de recherche de Softbank, en sortant Pepper, automate dernier cri. Les concepteurs sont clairs, l’autonomie cognitive des êtres automatisés passera par l’émotion : « ce qu’on voudrait, c’est que le robot ne réponde pas sur le même ton si je suis énervé ou de bonne humeur. Il doit se mettre en synchronie ».( Site MMMIEUX.fr)
Le système computationnel, l’« affective computing », incarné dans l’Intelligence Artificielle (IA), influence délibérément la cognition et les émotions humaines ou tout phénomène affectif, afin d’adapter des stratégies cognitives adaptées et de réduire le fossé entre les machines et les humains. Il doit être le plus convaincant possible.

L’exemple de PARO: Une création technologique après 20 ans de recherches scientifiques

PARO est le fruit de 20 ans de recherches dirigées par le Professeur Takanori Shibata, pour améliorer l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés.
Ainsi, PARO est un robot socio-pédagogique utilisé en atelier d’animation et en thérapie relationnelle individuelle pour les malades atteints de troubles du comportement et de la communication. Il a été tout d’abord commercialisé au Japon en 2005, puis aux Etats-Unis en 2009 (Certification FDA en tant que robot thérapeutique). A ce jour, 3000 PARO aident des résidents et patients dans des établissements de soins de 30 pays. En Europe, PARO est fortement présent dans les pays Scandinaves (plus de 300) et en Allemagne (plus de 100), ainsi qu’en Italie et en Suisse.
En France 22 établissements lui font confiance pour enrichir leur panoplie d’outils pour la prise en charge non médicamenteuse des maladies de type Alzheimer.
Sur la communication et les interactions sociales, sa présence incite le contact verbal et tactile, l’expression et les transferts des sentiments et dans certains cas, la réminiscence des souvenirs antérieurs. PARO est donc fortement indiqué pour les personnes qui ont des difficultés de coopération avec les autres ou qui ont un manque de communication.
Sur les troubles du comportement, en jouant le rôle d’objet transitionnel, en rassurant la personne et en calmant son angoisse. PARO permet de créer une atmosphère reposante (mentalement et physiquement) pour le malade, stimule l’expression des sentiments, des mémoires (émotionnelles et procédurales) et expériences du passé. Il joue sur le rappel des besoins physiologiques et la reconnaissance de l’identité du malade. Impact sur l’anxiété, l’irritation, l’agressivité, la dépression, l’apathie.
Sur la baisse des médications, en ayant une action concrète sur les troubles du comportement, PARO est un levier positif sur les baisses de médications. PARO présente les avantages reconnus de la zoothérapie (baisse de la pression sanguine, du rythme cardiaque, de la tension musculaire, réduction du stress et de l’anxiété, prévention de dépression, augmentation de la confiance et des interactions sociales, amélioration de la qualité de vie…) sans en apporter les inconvénients (anxiété due au risque de griffure ou morsure, allergies, hygiène, maltraitance éventuelle des animaux,…). Ces effets ont été mesurés et étudiés par diverses équipes médicales à travers le globe. Pour nous, c’est concrètement un auxiliaire des soignants quand il s’agit de calmer un résident qui présente un moment d’agitation, de tristesse, d’anxiété, de colère, là où parfois, les professionnels sont identifiés comme mauvais objets et malgré leurs efforts ne peuvent contenir la crise.

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