À quelques semaines de l’examen de la question du Sahara par le Conseil de sécurité, la diplomatie marocaine a réaffirmé avec force ses positions. Lors d’une rencontre, lundi à New York, entre Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, et Staffan De Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Rabat a tenu à rappeler que l’initiative d’autonomie, présentée en 2007, reste l’unique solution « crédible et sérieuse » pour parvenir à un règlement politique.
En présence d’Omar Hilale, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, la délégation marocaine a souligné que cette ligne constitue une directive « immuable », tracée par le Roi Mohammed VI, écartant catégoriquement toute option de référendum ou de remise en cause de la souveraineté nationale.
Un contexte diplomatique favorable
La rencontre intervient dans une conjoncture internationale jugée avantageuse pour Rabat. Les États-Unis, « plume » du dossier au Conseil de sécurité, maintiennent la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara, décidée en 2020. La France, allié traditionnel, continue de défendre l’autonomie comme base de négociation, tandis que Londres, depuis le Brexit, s’aligne progressivement sur cette lecture.
Sur le plan africain, plusieurs pays ont ouvert des consulats dans les provinces du Sud, confirmant un basculement continental en faveur du Maroc. En Amérique latine et dans les Caraïbes, le Paraguay et le Suriname viennent à leur tour d’annoncer l’ouverture de représentations diplomatiques dans la région, renforçant la dynamique de reconnaissance internationale.
Des débats moins tendus au Conseil
Les discussions d’octobre devraient se concentrer sur le renouvellement du mandat de la MINURSO et l’évaluation du processus politique mené par De Mistura. Mais, contrairement aux années précédentes, le climat s’annonce moins crispé : la Russie et la Chine, sans adhérer pleinement aux positions occidentales, évitent désormais l’affrontement direct.
Entre coopération et fermeté
À travers ce rendez-vous new-yorkais, Rabat entend transmettre un double message : sa disponibilité à coopérer avec les Nations unies et sa détermination à maintenir l’autonomie, sous souveraineté marocaine, comme seul cadre de règlement.
Pour le Maroc, il ne s’agit pas seulement d’un épisode diplomatique, mais d’une étape destinée à consolider l’élan international en faveur de sa position et à verrouiller définitivement les contours du débat au Conseil de sécurité.
