Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a apporté des précisions à la suite de la diffusion d’informations présentant une récente audience accordée par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, à un représentant du Polisario comme la réception officielle d’un « ambassadeur » de la pseudo-RASD. Accra affirme que cette présentation ne correspond pas au statut de la personne reçue.
Une audience accordée par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a suscité des réactions et différentes interprétations dans les médias. Face aux informations présentant la personne reçue comme un « ambassadeur » de la pseudo-RASD au Ghana, les autorités ghanéennes ont tenu à apporter des précisions sur la nature de cette rencontre.
Selon les éléments communiqués par le ministère ghanéen des Affaires étrangères, la personne reçue par le chef de la diplomatie ghanéenne était un envoyé du front séparatiste, et non un ambassadeur accrédité auprès de l’État du Ghana.
Cette distinction est au cœur de la mise au point effectuée par Accra, alors que le Ghana entretient des relations diplomatiques avec le Maroc et que la question du Sahara demeure un dossier suivi dans le cadre des relations africaines et multilatérales.
Une distinction diplomatique importante
La différence entre la réception d’un envoyé et celle d’un ambassadeur officiellement accrédité revêt une portée particulière sur le plan diplomatique. Le ministère ghanéen entend ainsi dissocier l’audience accordée à un représentant du Polisario d’une éventuelle reconnaissance officielle d’un statut diplomatique.
Cette clarification intervient alors que le ministère des Affaires étrangères du Ghana affirme régulièrement inscrire sa diplomatie dans le respect des principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’un ordre international fondé sur des règles. Dans une communication officielle publiée en avril 2026, le ministère avait notamment réaffirmé cette position de principe à l’occasion d’une rencontre du ministre avec des représentants diplomatiques des pays du Conseil de coopération du Golfe.
La question de la reconnaissance au centre des interprétations
La controverse porte également sur la position du Ghana à l’égard de la pseudo-RASD. Selon la communication citée dans le texte initial, les autorités ghanéennes ont réaffirmé que la décision annoncée le 6 janvier 2025 concernant le retrait de cette reconnaissance demeurerait en vigueur.
Cette question est particulièrement sensible, car toute audience avec un représentant du Polisario ne saurait, à elle seule, être assimilée à l'établissement de relations diplomatiques avec une entité ou à une accréditation officielle.
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères est l'organe chargé de la formulation et de la coordination de la politique étrangère du pays, conformément à l'article 73 de la Constitution ghanéenne.
Accra met en avant le cadre multilatéral
Dans sa communication, le Ghana aurait également réitéré son appréciation de l’action des Nations unies sur le dossier du Sahara et de la recherche d’une solution politique au différend.
Le dossier s’inscrit ainsi dans un contexte diplomatique plus large, marqué par les prises de position des États africains et par le rôle des Nations unies dans la recherche d’une solution politique.
La clarification d’Accra vise donc principalement à établir une distinction entre un contact diplomatique avec un représentant et une reconnaissance ou une accréditation officielle. Une distinction qui permet aux autorités ghanéennes de préciser la portée institutionnelle de l’audience accordée par leur ministre des Affaires étrangères.
Un contexte de rapprochement maroco-ghanéen
Cette mise au point intervient également dans un contexte où les relations entre le Maroc et le Ghana continuent de s'inscrire dans un cadre diplomatique et économique plus large.
Le ministère ghanéen des Affaires étrangères souligne aujourd'hui l'importance de la diplomatie économique, des investissements et du renforcement des relations avec les partenaires internationaux. Depuis son entrée en fonction, Samuel Okudzeto Ablakwa a notamment présenté la diplomatie économique comme l'un des axes de son action à la tête du ministère.
La clarification apportée par Accra apparaît ainsi comme une volonté de préciser la portée exacte de l’audience et d’éviter qu’une rencontre avec un représentant du Polisario ne soit interprétée comme une modification automatique de la position officielle du Ghana.
