Accueil A LA UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE AU MAROC : DES INSUFFISANCES À COMBLER DANS LA STRATÉGIE DE 2009

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE AU MAROC : DES INSUFFISANCES À COMBLER DANS LA STRATÉGIE DE 2009

38

Selon une étude du conseil économique, social et environnemental (CESE), il y a lieu de noter quelques insuffisances en matière d’implémentation de la stratégie 2009, notamment le choix technologique cher et le faible taux d’intégration industrielle locale : coût de revient du KWh: 1,62 Dhs pour Noor 1, 1,38 Dhs pour Noor 2 et 1,42 Dhs pour Noor 3. Or, le KWh est revendu à l’ONEE à 0,85 Dhs.

 Lors de cette étude, le CESE a constaté qu’il est nécessaire de reconfigurer les politiques publiques qui touchent à l’énergie en traitant de manière coordonnée et intégrée, plusieurs politiques connexes, actuellement, pensées et élaborées en silos, notamment, l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique total, le déploiement de la décentralisation de la production soutenue par la digitalisation, le recours généralisé à l’efficacité énergétique, la transition vers la mobilité durable et électrique, l’amélioration des coûts de production du dessalement afin de répondre aux impératifs de sécurité hydrique et alimentaire ainsi que la production des molécules et des combustibles verts (power to X). Suite à ces évaluations, le CESE a noté quelques insuffisances en matière d’implémentation de la stratégie 2009, notamment le choix technologique cher et le faible taux d’intégration industrielle locale : coût de revient du KWh: 1,62 Dhs pour Noor 1, 1,38 Dhs pour Noor 2 et 1,42 Dhs pour Noor 3, tandis le KWh est revendu à l’ONEE à 0,85 Dhs.

En outre, le marché des hydrocarbures a été également dysfonctionnel puisque la libéralisation n’était pas bien préparée. Le conseil a aussi relevé une faible exécution des objectifs d’efficacité énergétique, un déséquilibre financier des entreprises publiques du secteur, une gouvernance inadaptée à l’évolution du secteur (Absence d’effectivité de l’ANRE, tarifs et modalités d’accès au réseau non explicitées, blocage de la loi 13-09 depuis une dizaine d’années), une délimitation du périmètre d’activité de certaines entités restant floue (cas de l’AMEE et de la SIE). D’autant plus que le transport pèse lourd sur la facture énergétique du pays et connaît de nombreuses difficultés, gestion fragmentée, pollution dans les villes.

La stratégie énergétique n’a pas eu d’impact sur le citoyen marocain puisque les tarifs de l’électricité n’ayant pas connu de baisse. A savoir que la décompensation opérée en 2014 a provoqué une augmentation structurelle des prix. Par ailleurs, la stratégie énergétique adoptée en 2009 a permis de sécuriser l’approvisionnement, d’initier la libéralisation du marché de l’électricité et de positionner le Maroc à l’avant-garde de l’agenda climatique le plan environnemental et soutenable sur le plan financier. Le CESE recommande d’augmenter la part de l’électricité verte dans le mix énergétique, d’encourager la production décentralisée et la digitalisation des services énergétiques, de permettre à l’efficacité énergétique de jouer pleinement son rôle dans la transition énergétique et dans l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages, de transformer la mobilité vers un transport en commun de qualité, massifié, propre, digitalisé et électrique, ainsi que d’avancer sur la réflexion relative à la réforme de la compensation du butane qui préserve sa dimension distributive.

d’améliorer leur compétitivité, de développer de nouvelles ressources énergétiques encore sous explorées, de préparer grâce au Power to X de la compétitivité énergétique du futur, de faire évoluer la gouvernance du secteur énergétique pour englober toutes les composantes de la transition énergétique.

Enfin, le conseil appelle à intégrer les territoires et la société civile dans cette transition énergétique, à mettre ce nouveau paradigme énergétique au service du positionnement international du Maroc et à placer le capital humain au centre de cette transition énergétique en adaptant les programmes de formation et en encourageant la RDI.

Il est à rappeler que le Maroc dispose d’un arsenal de dispositions législatives, réglementaires et institutionnelles dont la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, loi 38-16 relative au transfert de toutes les activités liées aux énergies renouvelables de l’ONEE à MASEN et la loi n° 47-09 relative à l’efficacité énergétique. Le pays a également prévu de consacrer 40 milliards de dollars au secteur de l’énergie à l’horizon 2030, dont 30 milliards de dollars pour les projets de production de l’électricité à partir de ressources renouvelables.

Voir plus d'articles
Charger plus  Innovant
Charger plus  A LA UNE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi

Association Régionale des Restaurateurs Touristiques Classés du Grand Casablanca-Settat

COMMUNIQUE DE PRESSE  Le Président de l’Association Régionale des Restaurateurs Touri…