L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) engage une réflexion de grande envergure pour transformer en profondeur le mode de fonctionnement de la centrale hydroélectrique Allal El Fassi, implantée dans la province de Taounate. Mise en service en 1994, cette infrastructure d’une puissance installée de 246 MW pourrait connaître une reconversion majeure afin de gagner en autonomie et en flexibilité énergétique.
Située à une cinquantaine de kilomètres de Fès, sur l’axe Fès–Oujda, la centrale exploite actuellement un schéma hydraulique complexe reposant sur l’alimentation en eau depuis la retenue du barrage Allal El Fassi et la restitution vers le barrage Idriss Ier. Grâce à trois groupes de production, une chute nette de 172 mètres et un débit total de 160 m³ par seconde, l’installation affiche une production annuelle moyenne avoisinant 270 GWh.
Le projet porté par l’ONEE ambitionne de rompre la dépendance de la centrale vis-à-vis de la retenue principale du barrage Allal El Fassi. Pour ce faire, plusieurs scénarios techniques sont à l’étude, dont l’introduction d’un système de pompage depuis la retenue du barrage Idriss Ier ou la conversion des équipements existants en turbines réversibles. Cette évolution permettrait à la centrale de fonctionner selon le principe du pompage-turbinage, une technologie clé pour le stockage de l’énergie et la gestion de la demande électrique.
Afin de concrétiser cette transformation, l’ONEE prévoit de faire appel à une expertise spécialisée chargée de mener l’ensemble des études techniques et économiques nécessaires. La mission couvrira toutes les étapes du projet, depuis l’analyse de faisabilité jusqu’à la préparation des documents techniques et l’assistance au lancement de l’appel d’offres des travaux.
La première phase consistera en une étude de faisabilité approfondie, basée sur l’évaluation des ouvrages existants, l’analyse des données disponibles et, si nécessaire, des investigations complémentaires sur le terrain. L’objectif sera d’identifier les différentes options de reconversion possibles, d’en mesurer les contraintes et d’écarter celles qui ne présentent pas de viabilité technique.
Cette étape sera suivie d’un avant-projet sommaire intégrant des levés topographiques et des reconnaissances géologiques, permettant d’affiner les solutions retenues, d’estimer les coûts et d’évaluer les impacts techniques et environnementaux. Une comparaison technico-économique conduira ensuite au choix de la variante la plus pertinente, qui fera l’objet d’un avant-projet détaillé et de spécifications techniques précises.
Le dispositif prévoit également une assistance complète durant la phase d’appel d’offres, incluant l’accompagnement des entreprises candidates, l’évaluation des offres, la contractualisation et la formation des équipes du maître d’ouvrage.
À travers ce projet, l’ONEE entend inscrire la centrale Allal El Fassi dans une nouvelle dynamique, en phase avec les exigences de la transition énergétique nationale, en renforçant la capacité de stockage, la flexibilité du réseau et la valorisation durable du potentiel hydroélectrique du Royaume.
