Réunis à Marrakech dans le cadre de la 6ᵉ Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, les décideurs africains et partenaires internationaux ont appelé à une mobilisation collective fondée sur des actions concrètes, adaptées aux réalités du continent.
Intervenant lors d’un panel consacré au travail des enfants en Afrique, le ministre marocain de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a souligné que les chiffres alarmants observés dans plusieurs pays africains traduisent avant tout une accumulation de vulnérabilités structurelles : poids du secteur informel, fragilité du monde rural et agricole aggravée par le changement climatique, conflits régionaux et faiblesse des systèmes de protection sociale.
Selon lui, la lutte contre le travail des enfants ne peut être dissociée des politiques d’emploi des adultes, de l’extension de la protection sociale et de l’accès à l’enseignement préscolaire. Il a mis en avant l’approche marocaine, fondée sur des programmes intégrés combinant insertion professionnelle, couverture sociale et éducation, dans l’objectif de réduire durablement la pauvreté multidimensionnelle.
De son côté, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber, a insisté sur l’importance d’initiatives visibles en faveur des enfants vulnérables, estimant que des actions symboliques — comme le soutien à la scolarisation — contribuent à renforcer l’adhésion des familles à l’éducation et au maintien des enfants à l’école.
M. Zniber a également appelé à renforcer les plans d’action nationaux et la coopération régionale, soulignant la nécessité pour chaque pays d’adapter ses interventions à ses propres spécificités, tout en s’inspirant des bonnes pratiques à l’échelle continentale. Une approche coordonnée, associant pouvoirs publics et société civile, est indispensable pour garantir l’efficacité des politiques mises en œuvre.
Placée sous le Haut Patronage de Mohammed VI, la conférence (11–13 février) vise à évaluer les progrès accomplis depuis la précédente édition organisée à Durban en 2022, tout en renforçant la cohérence des politiques publiques aux niveaux national, régional et mondial.
Organisée par le ministère marocain de l’Inclusion économique en partenariat avec Organisation internationale du Travail, cette rencontre ambitionne également de donner un nouvel élan aux engagements en faveur des droits fondamentaux au travail, notamment à travers la Coalition mondiale pour la justice sociale.
