L’ombre du scandale continue de planer sur l’ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol, désormais rattrapé par une nouvelle affaire aux ramifications diplomatiques. En toile de fond : une nomination stratégique en Australie et un remaniement discret… jusqu’au Maroc, D’après un acte d’inculpation dévoilé par l’agence Yonhap, l’ex-chef de l’État aurait activement sollicité le ministère des Affaires étrangères pour orchestrer un changement parallèle d’ambassadeurs, notamment à Rabat, afin de donner à une nomination politiquement explosive les allures d’une rotation diplomatique banale.
Une nomination sous haute tension
Au centre du dossier figure l’ancien ministre de la Défense Lee Jong-sup, nommé ambassadeur en Australie en 2024 alors qu’il se trouvait fragilisé par une enquête militaire sur la mort tragique d’un jeune Marine. Les enquêteurs soupçonnent une manœuvre destinée à éloigner l’intéressé de la justice en l’envoyant à l’étranger sous couvert d’une promotion diplomatique.
Les premières discussions autour de ce repositionnement remonteraient à septembre 2023. Inquiet de l’onde de choc politique provoquée par cette affaire, Yoon Suk-yeol aurait échangé directement avec son conseiller à la sécurité nationale, Cho Tae-yong, pour envisager une sortie diplomatique en urgence.En novembre 2023, le processus aurait été accéléré. Le ministère aurait alors préparé le départ anticipé de l’ambassadeur en poste à Canberra, pourtant toujours en fonction, afin de libérer la place pour Lee Jong-sup.
Rabat, pièce maîtresse d’une mise en scène diplomatique
Pour éviter toute suspicion liée à ce changement isolé, la diplomatie sud-coréenne aurait simultanément provoqué le départ de l’ambassadeur en poste à Rabat. Une synchronisation destinée à faire passer cette nomination pour un simple ajustement administratif.
Le document judiciaire est explicite : le remplacement de l’ambassadeur au Maroc visait à « masquer le caractère exceptionnel de la nomination de Lee Jong-sup et à la présenter comme un mouvement de carrière ordinaire ».
Une enquête sensible et des pressions politiques
L’affaire trouve son origine dans la mort du caporal Chae Su-geun, décédé lors d’une opération de secours. L’enquête militaire pointait la responsabilité possible de plusieurs hauts gradés, dont l’ancien commandant de la 1ʳᵉ division des Marines, Lim Seong-geun, initialement approuvé par Lee Jong-sup, le rapport devait être transmis à la police. Mais revirement spectaculaire : après une violente réaction de Yoon Suk-yeol à la lecture des conclusions, le dossier aurait été bloqué.
La justice resserre l’étau
Six anciens hauts responsables ont désormais été inculpés par le procureur spécial. Pour l’ex-président sud-coréen, déjà impliqué dans une autre affaire liée à une tentative de mise en place de mesures exceptionnelles en fin de mandat, cette nouvelle procédure accentue une pression judiciaire de plus en plus lourde.
