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Une stratégie industrielle 2014-2020 pour la création de 500000 emplois : Un objectif réalisable ?

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C’était en 2014, le 02 Avril, que le Maroc avait dévoilé sa stratégie industrielle 2014-2020, dotée de près de deux milliards d’euros visant à consolider les acquis enregistrés durant la dernière décennie dans l’automobile ou encore dans l’aéronautique, et à créer un demi-million d’emplois.

Création de 500000 emplois en industrie : comment atteindre l’objectif

La stratégie industrielle 2014-2020 présentée à Casablanca devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 02 Avril 2014, succède à un Pacte national pour l’émergence industrielle (PNEI) lancé en 2008, qui a permis au pays d’enregistrer, entre autres, l’arrivée de grands groupes tels que le Français Renault et le Canadien Bombardier, implantés respectivement à Tanget et à Nouaceur.
«L’arrivée d’acteurs mondiaux fait que le Maroc est désormais positionné sur les radars industriels mondiaux et a ouvert un nouvel espace stratégique qu’il lui faut consolider, développer», a affirmé le ministère de l’Industrie dans un communiqué. En ajoutant que «C’est là toute l’ambition du programme d’accélération industrielle».
Cette nouvelle stratégie qui prend le relais du plan Emergence (2009-2014) vise la création de 500 000 emplois dans l’industrie d’ici à 2020, dont la moitié via les investissements directs étrangers (IDE). L’objectif est que la part de l’industrie dans le PIB soit de 23% à l’horizon 2020 contre 14% aujourd’hui.
Depuis 2004, année de lancement, pour la première fois, de la stratégie Emergence qui allait donner lieu par la suite, en 2009, au pacte national pour l’Emergence industrielle, sous la responsabilité du ministre Ahmed Chami puis en 2013 au Plan d’accélération industrielle (PAI) sous la responsabilité du ministre Moulay Hafid Elalamy, respectivement un ministre de l’UFSP et un ministre du RNI.
Alors, de nouveaux secteurs avaient submergé, en l’espace de trois ans, à savoir l’automobile et le textile sans parler du phosphate, le premier secteur exportateur et pourvoyeur de devises. De grands constructeurs mondiaux dans l’aéronautique et dans l’automobile allaient s’implanter au Maroc, grâce à la nouvelle politique publique adoptée par le Maroc étoffée par des incitations et des avantages offerts aux investisseurs étrangers, en particulier le foncier. Alors, des leaders et géants mondiaux comme Boeing, Renault, Peugeot et Bombardier sont aujourd’hui présents dans différentes zones industrielles marocaines en créant des plateformes de production stratégiques.
Après Renault et Peugeot, le constructeur automobile chinois BYD procède à l’implantation d’une usine de voitures électriques près de Tanger. Ce nouveau projet du groupe chinois BYD Auto Industry va générer 2500 emplois directs, tout en propulsant l’émergence économique et le modernisme au Maroc.
Il est à préciser que le Plan d’Accélération Industrielle (PAI) s’inscrit dans la lignée du Plan Emergence et vise à faire de l’industrie un levier majeur de croissance.
Ainsi, la nouvelle stratégie industrielle porte des objectifs généraux, à l’horizon 2020, à savoir la création d’un demi-million d’emplois, pour moitié provenant des IDE et pour moitié du tissu industriel national rénové et l’accroissement de la part industrielle dans le PIB de 9 points, passant de 14% à 23% en 2020
Pour ce faire, la nouvelle stratégie se décline en 10 mesures clés regroupées en 3 classes : des écosystèmes industriels pour une industrie davantage intégrée, des outils de soutien adaptés au tissu industriel et un positionnement à l’international plus marqué.
Ce rebondissement vers une industrie innovante a permis l’implantation de nouveaux métiers mondiaux au Maroc et à leur tête la mise en œuvre de l’écosystème Renault.
Ainsi, 26 investissements industriels dans le secteur de l’automobile d’un montant global de 13,78 milliards de dirhams avaient été lancés au Palais Royal de Casablanca en 2017 et qui allaient générer au total 11 568 postes d’emploi directs.

Dans son allocution devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Mr le Ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie Numérique, Moulay Hafid Elalamy a déclaré que « le Plan d’Accélération Industrielle et la démarche des écosystèmes sont des leviers réels de l’accélération industrielle en marche », d’autant plus que les 26 investissements lancés dans l’automobile introduisent de nouvelles spécialisations au Maroc, renforcent l’intégration locale, densifient le tissu productif, et répondent à un besoin jusque-là comblé par l’import. Ils généreront 11 568 emplois directs, a-t-il indiqué.

Les acteurs mondiaux au Maroc : Quelle valeur ajoutée de l’industrie automobile pour l’économie marocaine ?

Le Maroc a opté pour les nouveaux métiers mondiaux, que ce soit pour le secteur de l’automobile, de l’aéronautique, des énergies renouvelables ou de l’industrie agricole. Ainsi, le Plan d’accélération industrielle (PAI) 2014-2020 a boosté les performances de ces filières en attirant d’importants investissements directs étrangers (IDE) ayant augmenté significativement leur productivité.
Le Maroc a réussi à se hisser au rang de 2e exportateur de voitures en Afrique, tout en attirant dans le secteur de l’aéronautique, un géant mondial comme Boeing, s’imposant en tant que modèle africain de référence en matière d’énergies renouvelables et en concluant le premier contrat-programme relatif au développement des industries agroalimentaires.
En ce qui concerne le secteur automobile mondial, celui-ci connaît une phase de refonte de sa chaîne de valeur avec un basculement de la demande et de l’offre, mondiales, vers les pays émergents.
Ainsi, après l’implantation au Maroc des opérateurs français Renault et PSA et tout récemment le groupe chinois “BYD Auto Industry”, ainsi que les importants investissements placés dans le secteur d’un montant global de 13,78 milliards de dirhams (MMDH), pour le lancement de 26 investissements industriels dans ce domaine, le Maroc n’est pas loin de réaliser son ambition d’installer une capacité de production d’un million d’unités de véhicules d’ici 2020, et d’intégrer ainsi le top 7 mondial de l’industrie automobile dans les prochaines années. Alors, avec les deux constructeurs automobiles, Renault et PSA, le Maroc a déjà une capacité de production estimée à 650.000 unités.
Alors, 26 usines d’équipementiers et une usine de voitures électriques se sont installées au Maroc, suite à une série de conventions d’investissements signée le lundi 11 décembre 2017 devant sa Majesté le Roi Mohammed VI, au Palais Royal de Casablanca, avec des constructeurs automobiles français pour un montant de plus d’un milliard d’euros d’investissements.
Renault a signé donc six accords avec des équipementiers dans le cadre d’un «écosystème Renault», PSA en a signé 13 pour le développement du sien au Maroc.
L’équipementier français Valeo quant à lui, il a signé deux conventions, et les cinq autres investissements sont à réaliser dans le cadre du développement de «l’écosystème câblage et connectique».
Pour dire que le secteur automobile est devenu le premier exportateur du pays, devant les phosphates, pilier de l’économie marocaine.
«L’industrie automobile a atteint un chiffre d’affaires à l’export de 70 milliards de dirhams (6,5 milliards d’euros), et vise les 100 milliards d’ici 2020», d’après Moulay Hafid Elalamy.
Les deux segments du secteur de l’automobile, à savoir la construction et le câblage ont contribué donc à la réalisation d’une croissance importante, avec une progression annuelle moyenne de 54,5% et 11,1% respectivement au cours de la même période de 2017.
Le Maroc aspire aussi à atteindre, à l’horizon 2020, un chiffre d’affaires annuel de 100 MMDH, de créer 160.000 emplois dans ce secteur et de réaliser un taux d’intégration locale des véhicules sortant du Maroc de plus de 80%.
Le Maroc prévoit l’export de 2 milliards d’euros annuellement de pièces détachées avec Renault, en plus d’un milliard d’euros avec PSA et de 600 millions de dollars avec Ford.
D’autant plus que le groupe “Peugeot-Citroën” s’est implanté sur la zone franche de Kénitra (Atlantic Free Zone), avec une usine qui s’étend sur une surface de plus de 64 ha et d’une valeur d’investissement estimée à 6 MMDH. Ce complexe industriel, qui devrait être opérationnel en 2019, compte produire 90.000 automobiles dans une première phase, dans l’attente d’atteindre une production de plus de 200.000 véhicules et 200.000 moteurs par an, avec la création d’environ 3.500 emplois directs et 20.000 emplois indirects, outre la mise en place d’une unité de recherche et de développement, qui va employer 1.500 ingénieurs et techniciens supérieurs.
Ce positionnement du Maroc sur la chaîne de valeur mondiale a hissé le secteur en véritable Métier Mondial du Maroc, autour duquel un ensemble d’efforts a été déployé pour promouvoir une offre automobile cohérente et attractive s’appuyant sur une logistique efficace autour du port Tanger-Med, une offre de formation ciblée, des infrastructures industrielles dédiées, ainsi que des aides à l’installation.

L’écosystème industriel aéronautique : Un nouveau métier mondial pilier du plan d’accélération industrielle marocain

Le secteur aéronautique revêt un caractère stratégique dans la politique industrielle nationale. Il a été identifié parmi les moteurs de croissance du Pacte « Emergence », eu égard au potentiel qu’il a dégagé dans moins d’une décennie.
D’autant plus que le secteur aéronautique mondial est actuellement constitué d’un ensemble limité d’avionneurs mondiaux (duopole Boeing et EADS dont les chiffres d’affaires ont atteint respectivement 64.306 et 60.597 millions de dollars en 2011), d’un nombre relativement limité de systémiers, motoristes et équipementiers internationaux et de nombreux fournisseurs de composants et sous-équipements. Il se distingue par un caractère hautement stratégique et un marché en pleine expansion. Cependant, le caractère cyclique de l’activité dans un environnement concurrentiel ouvert ainsi que les contraintes liées à l’organisation productive, ont introduit un certain nombre de tendances, notamment le désengagement progressif des Etats, la concentration et l’internationalisation des acteurs industriels, ainsi que de profondes mutations des stratégies des compagnies aériennes. Ces tendances ont contraint les grands donneurs d’ordres mondiaux à réorienter leurs stratégies dans le sens à la fois d’une réduction drastique du nombre de fournisseurs directs et d’une externalisation accrue notamment vers les pays émergents.
Il est à préciser que la volonté politique d’être présent dans le secteur aéronautique existe dans de nombreux pays (Brésil, Canada, Inde, Chine, Japon, Russie…).
Orienté à 100% vers l’export, le secteur aéronautique marocain est constitué de près de 110 entreprises avec 12 500 employés et un chiffre d’affaires de 1 Mds de dollars, exerçant dans les activités de production, de services et d’ingénierie qui constituent les composantes principales de la chaine de valeur aéronautique mondiale. Ainsi, huit principaux domaines d’activité emploient près de 75% des personnes dans ce secteur : travail des métaux, électronique/avionique, services, fabrication de pièces composites, maintenance/réparation, support technique, maintenance/réparation, assemblage de sous structures, fabrication de parties auxiliaires.
Ainsi, depuis le 08 juillet 2015, le Ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie Numérique, Mr Moulay Hafid Elalamy a procédé, dans le cadre du Plan d’accélération Industriellle, au lancement de 4 premiers écosystèmes industriels du secteur aéronautique en vue de développer une « supply chain » aéronautique performante et compétitive, à savoir l’assemblage, le système électrique-câblage et harnais (EWIS), l’entretien, la réparation et la révision (MRO) et l’ingénierie.
Alors, depuis sa structuration en écosystèmes, l’industrie aéronautique devient très attractive en termes d’investissements. Eaton, Alcoa, Stelia, filiale d’Airbus et n°1 des aérostructures en Europe, Latéocère ou encore Thales, plusieurs mastodontes mondiaux se sont implantés à Midparc, inauguré le 30 septembre 2013 par Sa majesté le Roi Mohammed VI, l’une des 22 plateformes industrielles intégrées mises en place dans le cadre du Pacte « Emergence ». Cette zone franche de 126 ha, située au cœur du pôle de Nouaceur, est dédiée à l’aéronautique.
Deux contrats de performance ont été donc signés entre le Ministère de l’Industrie, le Ministère de l’Economie et des Finances et le GIMAS, le 08 juillet 2015. Les professionnels du secteur se sont engagés à atteindre 5 objectifs à l’horizon 2020 en doublant le chiffre d’affaires à l’export du secteur et en le portant à 16 Md MAD, doublant le nombre d’opérateurs installés en drainant 100 nouveaux acteurs, triplant le nombre d’emplois avec la création de 23 000 nouveaux emplois, atteignant 35% en termes de taux d’intégration locale, au lieu de 18% actuellement et accompagnant 20 porteurs de projets et TPME sur la période 2015-2020.
En amont et en aval, le secteur aéronautique marocain est aujourd’hui fort de la présence de plusieurs opérateurs parmi les plus importants au monde, comme Bombardier, EADS, Boeing, Safran, Lisi Aerospace, Le Piston Français, Daher, Souriau, Ratier Figeac, Eaton, Alcoa et Aerolia. A travers, le développement des filières diversifiées de l’industrie aéronautique (câblage, mécanique, chaudronnerie, composite, assemblage mécanique), le Maroc se positionne en tant que destination privilégiée de la sous-traitance aéronautique et confirme sa capacité à attirer les leaders de ce domaine. Cette industrie génère aujourd’hui plus de 11.000 emplois et un milliard de dollars de chiffre d’affaires.
Alors, le secteur aéronautique a été multiplié par 6 en 10 ans et compte aujourd’hui 121 acteurs, plaçant ainsi le Royaume au 15è rang en termes d’investissements aéronautiques, ce qui a permis au Maroc d’intégrer le cercle très fermé des pays opérant dans ce secteur

GIMAS : le Groupement des Industries Marocaines Aéronautiques et Spatiales

GIMAS représente l’ensemble des industriels de la filière aéronautique et spatiale marocaine et s’est fixé plusieurs missions : – Consolider et renforcer la compétitivité de la base aéronautique marocaine et contribuer à son rayonnement international. – Œuvrer pour l’élaboration d’une stratégie de développement du secteur aéronautique et spatial et la mise en œuvre du Pacte National pour l’Emergence Industrielle. – Fédérer, représenter et défendre les intérêts des entreprises aéronautiques marocaines auprès des pouvoirs publics, organismes nationaux et internationaux. – Représenter les membres du groupement lors de salons nationaux et internationaux – Promouvoir le développement des entreprises aéronautiques et spatiales au Maroc et faciliter leur installation. – Répondre aux besoins en compétences du secteur aéronautique et former les salariés des entreprises avec la création de l’Institut des Métiers de l’Aéronautique (IMA). – Intégrer la Recherche & Développement dans la stratégie aéronautique nationale. – Etablir des partenariats avec les universités et centres de recherches en ingénierie nationaux et internationaux pour développer des programmes.
Le GIMAS est le principal partenaire de l’Etat marocain pour le développement de l’écosystème industriel aéronautique marocain. Il compte à ce jour plus de 90 membres dont une grande partie est constituée de filiales d’entreprises françaises (Le Joint français, Safran, AHG, Altran, Cetim, Marlier, NSE Aero, Ratier Figeac, Souriau, TVM, etc.).
L’émergence de l’industrie aéronautique au Maroc a été caractérisée par l’implantation du géant Bombardier qui constitue aujourd’hui une nouvelle locomotive de développement du secteur, en raison des retombées économiques induites par le développement des exportations marocaines et du tissu industriel local.

Bombardier, une plateforme régionale de composants aéronautiques

Un accord a été signé, en novembre 2011, entre le gouvernement marocain et le groupe canadien Bombardier Aerospace pour la mise en place progressive d’une unité industrielle à Casablanca. Il s’agit d’un grand projet d’une valeur de 200 millions USD (1,66 milliard de dirhams) avec, à la clé, la création de 850 emplois directs et plus de 4.000 emplois indirects. Le projet, qui s’inscrit dans le cadre du Pacte Émergence, porte sur la fabrication de composants pour l’industrie aéronautique avec une montée en puissance sur 8 ans des technologies industrielles développées sur le site. Il s’agit également d’un choix stratégique de faire du Maroc un point d’ancrage industriel pour son développement dans la zone euro-méditerranéenne et une véritable plateforme de rayonnement régional.
Ainsi, l’usine Bombardier Maroc est opérationnelle depuis octobre 2014 et s’étend sur 9000 m2 pour un site qui couvre au total 14 000 m2.
Bombardier dispose également d’un second terrain viabilisé mitoyen, dans la perspective prochaine de deux extensions. Au total, le groupe aéronautique canadien a acheté 55 000 m² de terrains industriels au sein de la zone franche d’exportation Midparc, ouverte en 2013.
L’usine doit générer au total un investissement de 200 millions de dollars américains sur huit ans en promettant l’embauche de 850 salariés d’ici à 2020.

Midparc, une zone franche d’exportation dédiée à l’aéronautique

Midparc sur lequel est installé Bombardier a le statut de zone franche d’exportation. Les entreprises y bénéficient (à l’export seulement) d’une exemption d’impôts sur les sociétés pendant 5 ans, puis d’un taux réduit à 8,75%, une exonération de TVA, ainsi qu’un libre rapatriement des bénéfices. Les activités réalisées sur le marché marocain sont, elles, soumises à la fiscalité de droit commun. Outre Bombardier, Midparc doit accueillir notamment une usine Eaton ou encore le projet d’Aerolia (devenu Stelia), une filiale d’Airbus qui comme l’usine Bombardier va produire des composants. Cette zone a été développée par le groupe public MedZ (CDG); sa gestion relève d’une société privée dans lequel on retrouve MedZ à 35% mais aussi des industriels et personnes privées aussi bien marocaines que françaises.

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